Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la politique de la ville, le 28 novembre 2007Après une semaine de cacophonie générale au sommet de l'Etat, le scénario gouvernemental pour présenter le futur plan banlieue paraît enfin à peu près établi. Ce mardi, Fadela Amara réunit à Vaulx-en-Velin, ville symbole des émeutes urbaines, les acteurs de terrain et les associations avec lesquels elle a conduit une concertation depuis l'été dernier. C'est avec ces associations qu'elle "dessinera les contours" de la future politique en faveur des quartiers prioritaires. "On devrait se mettre d'accord sur trois priorités - emploi, éducation, désenclavement - et une meilleure gouvernance", explique le conseiller spécial de Mme Amara, Mohamed Abdi. Il reviendra ensuite à Nicolas Sarkozy de présenter, a priori le 8 février, sa politique pour les banlieues.
Pas de "plan Marshall"
Derrière les questions de calendrier, commencent à se profiler les contours d'une politique en faveur des banlieues, nouvellement baptisée "Espoir Banlieue". Loin du "plan Marshall" des quartiers auquel le candidat Sarkozy avait promis de "consacrer beaucoup d'argent", les ministres en charge du dossier préfèrent souligner que les quartiers difficiles n'ont pas besoin d'un énième plan banlieue mais plutôt d'une "dynamique globale". "Qui peut croire aujourd'hui qu'il suffit d'un catalogue de mesures pour régler la question des banlieues?", écrivait mercredi Mme Amara dans Le Monde.
Outre la lutte contre le chômage, la réforme de l'école primaire et les mesures contre l'immigration clandestine, le gouvernement semble envisager une augmentation et une réforme de la Dotation de solidarité urbaine (DSU) pour mieux organiser la solidarité entre communes riches et pauvres. "Il faut faire confiance aux élus", a insisté vendredi sur LCI Christine Boutin, ministre du Logement.
Laconique, lors de sa conférence de presse de rentrée, Nicolas Sarkozy avait lâché que "la caractéristique de ce plan, c'est qu'il reposera davantage sur les personnes que sur les territoires". Mme Amara a déclaré au Figaro qu'"un milliard d'euros devait être consacré pour le désenclavement de cinquante quartiers prioritaires". Selon M. Abdi, cette somme serait réservée sur les quatre milliards sur dix ans que le Grenelle de l'environnement s'est engagé à consacrer aux transports.
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