Centres de rétention : la directive qui inquiète

Par , le 02 janvier 2008 à 17h23 , mis à jour le 02 janvier 2008 à 18h19

Les associations d'aide aux sans-papiers se mobilisent à l'approche de la discussion au Parlement européen d'un texte prévoyant d'allonger à 18 mois la durée de rétention.

Centre rétention Mesnil-Amelot sans-papiersManifestation de sans-papiers le 1er janvier 2008 au centre de rétention de Mesnil-Amelot © TF1-LCI

Un calme précaire semblait revenu, mercredi après-midi, dans les deux centres de rétention administrative de Vincennes, près de Paris, et celui du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne où, depuis plusieurs jours des sans-papiers en attente d'expulsion protestent contre leur conditions de rétention. "A Vincennes, où les forces de l'ordre ont procédé jusqu'à 8 comptages au cours des nuits du week-end dernier dans les chambres, réveillant tout le monde au passage, les policiers ne sont passés qu'une seule fois la nuit dernière, ce qui a contribué à apaiser les esprits, explique à LCI.fr Richard Moyon, président du Réseau Education Sans Frontière (RESF). Au Mesnil-Amelot, certains des retenus "auraient recommencé à manger après plusieurs jours de grève de la faim".

Plus d'infos

 
Mission d'enquête parlementaire
 
Pour autant, la mobilisation des associations d'aide aux personnes en situation irrégulière sur le territoire français ne devrait pas fléchir au cours des prochaines semaines. France Terre d'Asile a ainsi "souhaité" mercredi la mise en place d'une mission d'information parlementaire "urgente" pour "faire toute la lumière" sur les conditions de retenue de ces personnes. Pour cette association, "la tentative de massification de la politique d'éloignement des étrangers ignore de fait les situations individuelles, pour les réduire à un objectif chiffré qui relève du plus pur arbitraire". L'Etat s'était fixé un objectif de 27 000 expulsions en 2007. Malgré les pressions exercées par le ministère de l'Immigration sur les préfectures, le résultat officiel ne devrait pas dépasser 21 000. 
 
Pour RESF, "l'expulsion de ces personnes s'apparente à un bannissement. Elle est décidée hors de toute décision de justice, par des préfets qui n'ont qu'une obsession en tête, celle de remplir des quotas. C'est monstrueux, tout comme est monstrueuse la notion même de centre de rétention", tempête Richard Moyon.  

Une directive "monstrueuse" 

Et parce que la question de la gestion des expulsés ne s'arrête pas aux frontières de l'Hexagone, son association appelle à une journée de mobilisation européenne le 19 janvier prochain dans toutes les villes où se trouve un CRA. "La coordination européenne est encore insuffisante mais elle existe", explique Richard Moyon, qui précise que "la protestation devrait se formaliser par la tenue de rassemblements devant les CRA de toutes les villes d'Europe concernées". 

Cette mobilisation visera également à protester contre une directive qui doit être discutée au Parlement européen d'ici la fin du mois et qui prévoit de pouvoir porter la durée de rétention administrative à 18 mois. En France, la durée maximale de rétention est actuellement de 32 jours. "Si cette directive peut ressembler à une avancée dans certains pays comme la Belgique où la durée de rétention est illimitée, en France, elle constitue une monstruosité supplémentaire", tance Richard Moyon.

"Le projet de directive, s'il était adopté, constituerait une nouvelle régression, insiste de son côté la Cimade sur son site internet. "En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il porte en lui une logique inhumaine : la généralisation d'une politique d'enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode normal de gestion des populations migrantes". "Les parlementaires européens ont aujourd'hui une responsabilité historique", poursuit le communiqué de l'association. Une pétition lancée sur son site avait déjà recueilli plus de 21.300 signatures mercredi.

Par Alexandra Guillet le 02 janvier 2008 à 17:23
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11 Commentaires

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  • Yves S, le 03/01/2008 à 19h06

    D'abord, pour répondre à certains, j'héberge personnellement des ressortissants de l'Union européenne pourtant traités comme des zéros par notre pays. Est-ce cela notre "identité nationale ?? Je ne m'y reconnais pas...! Ensuite, le terme "sans papiers" ne devrait jamais être utilisé,mais remplacé par "sans titre de séjour". Car tous ces êtres humains n'ont peut-être pas de "papiers" en France, ils n'en ont pas moins une identité et une existence. Alors un peu d'humanité, s'il vous plait...

  • Sergio, le 03/01/2008 à 18h45

    Essayez voir d'aller (en situation irrégulière) dans l'un de ces pays et vous verrez le résultat:expulsion immédiate!!!

  • Thomas, le 03/01/2008 à 15h20

    Tous ceux qui ont pris la parole me font pitié! Vous proclamez en gros "On ne peut pas accueillr la misère du monde" et vous vous en lavez les mains!

  • Franck, le 03/01/2008 à 15h17

    Il y a trop de possibilités de recours en France. Et notamment pour les sans-papiers qui bénéficient de toute une batterie d'avantage (gratuité juridique, nourriture, logement, billet d'avion retour, etc...). Moi quand je commet une infraction, mon seul recours c'est de payer. Donc un sans papier, ce devrait être une expulsion immédiate et sans équivoque aucune. Point.

  • Lecointre, le 03/01/2008 à 10h03

    Je suis scandalisée par les réactions, ces personnes sont des êtres humains à part entière, fuyant souvent la misère et la répression dans leur pays, elles méritent d'être respectéees comme telles, et je ne parle pas des fautes d'orthographe tout autant scandaleuses de la part de ces françcais au-dessus de tout ..............

  • Lionel, le 02/01/2008 à 19h45

    Bonjour, les associations françaises n'ont rien à craindre pour la France... Si ils faisaient un peu de droit ils comprendraient que cette directive europééenne ne va pas obliger les Etats à allonger la durée de rétention mais bien de le réduire ! La France ne sera jamais condamnée parce que la durée de rétention est inférieure à celle de la directive Européénne... Innutile de faire peur pour rien. Merci de me publier

  • Lutzfreming, le 02/01/2008 à 19h30

    Il et domage que ceu qui son contre ces expultions ne soit pas d acord pour loger et nourir ces perssonne juste du vent du cinema mais rien dans la culote vive sarco

  • François-xavier, le 02/01/2008 à 19h28

    Et si ces braves gens rentraient dans leur pays ? Ils pourraient voir que la FRANCE c'était pas si mal !

  • Bertrand, le 02/01/2008 à 19h23

    C'est le discours de ces associations qui est scandaleux. Normalement, il faudrait appliquer ce qui se fait dans l'immense majorité des pays: EXPULSION IMMEDIATE des personnes sans-papiers, comme ça le problème des centres de détention est résolu.

  • Léa, le 02/01/2008 à 19h16

    Pourquoi garder des sans papiers 18mois enfermés quand on doit les renvoyer dans leurs pays d origine .32 de jours c est suffisant les associations sont des utopistes quand on voit autant de misére en france ou les logements sont hors de prix et que le travail est précaire

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