Le collège Gilles-de-Chin à Berlaimont (Nord) © LCI| La réaction du directeur de cabinet du recteur de Lille |
| Le professeur, auteur de la baffe, revient sur les condistions de sa garde à vue sur Europe 1 |
De la salle de cours à la salle d'audience, il n'y a parfois qu'un pas. Un professeur de technologie au collège Gilles-de-Chin à Berlaimont, près de Maubeuge, dans le Nord vient de l'apprendre à ses dépens. Il est poursuvi pour "violence aggravée sur mineur" après avoir giflé un de ses élèves de 6e.
Les faits remontent à lundi matin. L'enseignant, âgé de 49 ans, aurait poussé par terre les affaires de l'élève âgé de 11 ans après lui avoir demandé de ranger une table en désordre au fond de la classe, a-t-il expliqué à un correspondant de l'AFP. Mais l'élève lui aurait demandé une explication et le professeur l'aurait poussé contre la porte du fond. L'enfant, le regardant dans les yeux, aurait alors soufflé "connard" à l'adresse de l'enseignant qui l'a giflé à ce moment.
Le ministre de l'Education Xavier Darcos a "demandé au recteur" de Lille jeudi de veiller à ce que l'élève soit sanctionné également.
24 heures en garde à vue
En fin de matinée, le père du mineur, lui-même gendarme, est arrivé en uniforme au collège pour demander des explications au professeur avant de déposer plainte. Plus tard, des policiers sont venus chercher l'enseignant chez lui et l'ont placé en garde à vue 24 heures. "En 30 ans de carrière, on ne m'avait jamais parlé comme ça. Mon sang n'a fait qu'un tour, et je l'ai giflé", a expliqué le professeur qui reconnaît avoir un "tempérament autoritaire" et être "un peu maniaque".
"On ne peut pas accepter qu'un professeur gifle un enfant quelles que soient les circonstances", a commenté le rectorat. L'enseignant a été suspendu jusqu'à son jugement le 27 mars devant le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe.
Réactions
"On ne va pas dire que la gifle est une réaction justifiée de la part du collègue. Mais il y a une réaction disproportionnée et trop rapide des autorités. C'est disproportionné par rapport au fait que quelqu'un craque", a réagi le Sgen-CFDT (2e syndicat dans le secondaire). "C'est un geste blâmable, mais aller en justice, c'est un peu disproportionné. Il y a des limites !", a renchéri la Peep, 2e fédération de parents d'élèves du public (classée à droite). "En l'absence d'éléments précis sur les conséquences du coup, je m'interroge sur la plainte déposée", a pour sa part affirmé la FSU (majoritaire).
De son côté, l'Unsa-Education rappelle que "c'est interdit de taper un élève", puis ajoute que "cette réaction, sans doute exagérée, s'inscrit dans un contexte: c'est plutôt un signe de déstabilisation. L'élève a tenu des propos inacceptables", a-t-elle estimé. Tous ont réclamé davantage de "médiation": c'est ce qui "manque à l'Education nationale", a déploré la FCPE, 1re fédération de parents d'élèves (classée à gauche), pour qui "tout aurait certainement pu se régler au sein de l'établissement, avec des discussions entre toutes les parties concernées". Pour les syndicats, cette affaire confirme "les difficultés du métier d'enseignant et la tension nerveuse qu'il suppose sans cesse".
Retour MYTF1

Chargement en cours...




