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Jospin l'avait créée en 1997. Sarkozy s'était empressé de la supprimer en 2002. La police de proximité, ou "polprox" dans le jargon policier, devrait ressusciter en 2008. "Je veux une police qui soit proche des gens", déclare dans un entretien publié lundi dans Le Parisien la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, avant de l'annoncer dans l'après-midi à Saint-Denis.
Elle a annoncé la création d'"unités territoriales de quartiers" au sein de la police, un "dispositif expérimental" qui commencera "dès le mois de mars". Et ce dans le département de Seine-Saint-Denis, théâtre des pires violences urbaines à l'automne 2005 lors de la crise des banlieues, dans trois "des sites les plus sensibles" de ce département, à savoir Clichy-sous-Bois, La Courneuve et Saint-Denis.
La ministre veut faire de ce département un "laboratoire d'excellence de la police moderne". "Mon plan prévoit des équipes localisées sur un secteur, formées à l'activité en milieu difficile, assurant une présence permanente, active, visible et dissuasive", déclare MAM.
"Je ne veux pas d'une fausse proximité"
Pas question pour la ministre d'y voir une résurrection de la police de proximité ou de l'îlotage - solutions demandées de longue date par l'opposition. Pour Michèle Alliot-Marie, "Ce qui compte, ce n'est pas le nom, c'est le contenu. Je ne veux pas d'une fausse proximité ou d'une mission ambiguë, ni une police qui joue le rôle des associations". "Les policiers seront là pour faire leur métier de police, faire respecter la loi, l'autorité de l'Etat, du renseignement et des interpellations, et non pas de l'animation ou de l'encadrement des jeunes", a-t-elle plaidé.
La ministre se réclame davantage de la "police de proximité" qui avait été prévue par Charles Pasqua, alors ministre de l'Intérieur, dans sa loi pour la sécurité (LOPS) de 1995. Plus tard, et notamment "au cours des années précédent 2002", a ajouté la ministre, cette "police de proximité a subi énormément de dérives pour devenir une police qui s'occupait essentiellement de prévention et d'encadrement".
Réactions
Pour attirer les policiers dans ces secteurs difficiles, le plan de Michèle Alliot-Marie prévoit la mise en place d'"un concours régionalisé" pour que ceux qui seront en poste restent au moins "huit ou dix ans". Des "promotions plus rapides" et des" facilités pour leur vie quotidienne" (logement garde d'enfants etc...) sont également prévus. L'expérimentation qui sera menée en Seine-Saint-Denis pourra ensuite être étendue à d'autres départements, précise-t-elle.
Le Snop, premier syndicat d'officiers à réagir, s'est félicité de la "volonté affichée de tendre à fidéliser, mieux encadrer et mieux former les fonctionnaires de police affectés en zones difficiles". Le syndicat "s'interroge" toutefois sur les "effectifs" qui seront déployés. "Seule une réelle fidélisation (primes attractives, logements décents, loisirs) permettra aux effectifs engagés de connaître le terrain et de se rapprocher de cette population", estime-t-il. Trois syndicats de policiers, l'Unsa police, Alliance et SGP-FO, ont pour leur part "pris acte" de l'annonce tout en s'interrogeant sur les moyens et effectifs mis en oeuvre. "C'est une bonne chose, dommage d'avoir perdu cinq ans" a pour sa part regretté la gauche. Le PCF s'est félicité de ce qu'il appelle "un retour à la raison" satisfaisant "la revendication des populations des quartiers populaires qui réclamaient le retour des policiers îlotiers".
(D'après agences)
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