Gros incendie criminel sur un parking à Bourgoin, le 27 mai 2007 © TF1-LCIDans le cadre de la nouvelle loi sur les droits des victimes, les députés se sont prononcés à l'unanimité jeudi soir pour l'indemnisation des véhicules incendiés pour les propriétaires à revenu modeste. Le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI) pourrait désormais rembourser le montant des dégâts jusqu'à 4000 euros, que l'incendiaire soit connu ou pas, lorsque les victimes sont des "gens modestes" au revenu ne dépassant pas 1,5 fois le Smic.
"Nous savons tous, la voiture n'est pas un bien comme les autres. Les personnes victimes d'un incendie de leur véhicule sont souvent plongées dans une situation dramatique", a déclaré la garde des Sceaux Rachida Dati, saluant ce dispositif comme une "réponse juste et efficace". Lors du débat, les orateurs UMP ont apporté leur soutien, tout comme la porte-parole PS sur ce texte, Delphine Batho, pour qui "ce phénomène, dont l'ampleur ne décroît pas, crée pour les personnes concernées des difficultés importantes dans la vie quotidienne". "Depuis les émeutes de novembre 2005, il y a chaque année environ 45.000 véhicules incendiés dans notre pays. C'est un chiffre considérable", a souligné Mme Batho, parlant de "double peine" pour les victimes souvent de conditions modestes.
Bercy craignait des "effets pervers"
Le groupe PS a voté le texte UMP, en dépit du rejet de son amendement qui visait à créer un fonds pour garantir l'indemnisation des préjudices matériels subis par les collectivités locales lors des violences urbaines. Selon le ministère de l'Intérieur, 878 voitures ont été détruites par le feu durant la nuit de la Saint-Sylvestre, et plus d'un millier dans les deux jours qui ont suivi l'élection de Nicolas Sarkozy en mai 2007.
Selon une source parlementaire, Bercy s'est inquiété dans un premier temps des "effets pervers" de cette mesure, qui pourrait être détournée par certains pour se débarrasser d'épaves en fin de vie. L'autre mesure phare du texte - qui reprend certaines des 49 recommandations du rapport de la mission d'information de la commission des Lois, adopté le 13 décembre - stipule qu'une victime à qui un tribunal aura accordé des dommages et intérêts pourra s'adresser gratuitement au Fonds de garantie. Celui-ci pourra lui accorder une avance jusqu'à 3.000 euros. Le texte UMP comprend aussi des "dispositions concrètes" pour "mieux combattre le sentiment d'impunité" et veiller à l'exécution "rapide et effective" des décisions de justice, tels que des "mécanismes" pour "encourager la présence des prévenus à l'audience" et pour "améliorer le recouvrement des amendes".
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