Abdeslam Ouaddou, le 16 février 2007 
Ouaddou tente d'expliquer son geste à l'arbitre
C'est une image rare dans les stades de l'hexagone, mais le contexte lui, n'est pas inédit. A la mi-temps du match entre Metz et Valenciennes, le capitaine de l'équipe valenciennoise, Abdeslam Ouaddou, international marocain, s'est rendu dans les tribunes du stade Saint-Symphorien pour s'expliquer avec un supporter qui aurait proféré des insultes racistes. "Je suis sorti du match dans ma tête, j'ai voulu m'expliquer avec cette personne", a déclaré le joueur. "Tout au long de la première période, il a scandé des insultes racistes", a-t-il précisé.
Redescendu sur le terrain par des stewards, le joueur a reçu un carton jaune avant de regagner les vestiaires, après avoir vainement tenté d'expliquer son geste à l'arbitre de terrain Damien Ledentu, lui demandant d'en informer le 4e arbitre. "L'arbitre n'en a rien fait", a précisé le milieu de terrain. Selon Jacky Ancel, responsable de la sécurité du FC Metz, le spectateur qui aurait proféré ces injures a été remis aux forces de l'ordre. Il était toujours en garde à vue dimanche en fin d'après-midi. Indigné, le joueur a décidé de porter plainte à l'issue du match.
"Une seule réponse : extrême fermeté dans la répression"
Carlo Molinari, président du FC Metz, a annoncé dimanche que son club allait également porter plainte et se constituer partie civile. "On va faire interdire de stade ces individus. On espère que le préfet va les interdire de stade", a-t-il déclaré. La Ligue nationale de Football a aussi annoncé qu'elle porterait plainte lundi. "Face à ce type de comportement déviant, il n'y a qu'une seule réponse : c'est une extrême fermeté dans la répression", a déclaré son président, Frédéric Thiriez. De leur côté, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, et Bernard Laporte, secrétaire d'Etat chargé des Sports, se sont indignés dimanche des propos racistes proférés à l'encontre d'Abdeslam Ouaddou. Ces propos "sont indignes des valeurs de tolérance prônées par notre pays comme par le mouvement sportif", dit un communiqué du ministère.
Dans une affaire similaire survenue l'année dernière durant un match de L2 entre Libourne/Saint-Seurin et Bastia, la Ligue de football professionnel (LFP) avait sanctionné le club corse le 15 octobre en lui retirant un point suite aux insultes racistes de ses supporteurs à l'encontre de Boubacar Kébé. Kébé, attaquant burkinabé de Libourne/Saint-Seurin, avait été exclu à la 85e minute de la rencontre, le 14 septembre, pour un bras d'honneur à l'attention de supporteurs corses. Le joueur avait justifié son geste en expliquant avoir été victime d'insultes racistes de la part du public insulaire. Après la confirmation de la sanction de la LFP par la la commission supérieure d'appel de la Fédération (FFF), Bastia avait saisi le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) en décembre 2007. Le CNOSF devrait rendre "courant février" son avis consultatif.
D'après agence
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