Estrosi relance l'idée d'une réforme du droit du sol

le 22 février 2008 à 16h38 , mis à jour le 22 février 2008 à 21h50

Le secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer a relancé vendredi l'idée de supprimer ce droit qui permet à tout enfant né en France de parents étrangers d'être de nationalité française.

EstrosiChristian Estrosi, secrétaire d'Etat à l'industrie. © TF1-LCI

"Nous pourrions prendre une décision exceptionnelle qui fasse que tout enfant né de parents en situation irrégulière ne puisse plus réclamer son appartenance à la nationalité française", a déclaré Christian Estrosi, secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer, vendredi sur France 2. Il s'exprimait dans le contexte d'un conflit dans l'archipel des Comores, dont fait géographiquement partie Mayotte.
 
Le gouvernement de Moroni a obtenu le soutien militaire de quatre Etats africains jeudi pour un assaut prochain sur l'île séparatiste d'Anjouan, où vivent environ 300.000 personnes. Ce conflit pourrait amener une vague d'immigration à Mayotte, distante de 70 km d'Anjouan, a estimé Christian Estrosi. Cela aggraverait une situation qu'il juge déjà sérieuse, avec, selon ses chiffres, 30% de la population de Mayotte composée d'immigrés en situation irrégulière.
 
"Une expérimentation"
   
La suppression locale du droit du sol serait temporaire, dit-il. "C'est pour l'heure une seule expérimentation avec un inventaire qui sera fait de la loi dans cinq ans. Nous réfléchissons à tout cela pour le proposer au printemps dans une réforme spécifique qui pourrait intervenir", a-t-il dit. Une telle idée avait déjà été envisagée par François Baroin, en 2006, alors détenteur du même portefeuille que Christian Estrosi, avant d'être abandonnée après de vives critiques.
   
Le "droit du sol", composante-clef du droit français de la nationalité depuis la Révolution et symbole aux yeux de certains universitaires de l'histoire du pays, a fait l'objet de nombreux débats. De nombreux textes législatifs l'ont restreint. Aujourd'hui, les enfants de parents étrangers ne deviennent pas automatiquement français. Ils acquièrent la nationalité à l'âge de 18 ans sous diverses conditions. Depuis 1978, Mayotte a un statut de collectivité territoriale française. Elle est la seule des quatre îles principales des Comores à rester dans le giron de Paris, les trois autres, Grande Comore, Anjouan et Mohéli formant un état indépendant et très pauvre. Cette situation amène un flux d'immigration irrégulière à Mayotte, notamment pour les soins médicaux et les accouchements.
 
"Trouver une autre règle"
 
France Terre d'Asile estime que Christian Estrosi "fabrique les conditions d'une polémique nationale sur la question migratoire". Deux élus de gauche, René Dosière et Eliane Assassi ont dénoncé vendredi une "remise en cause droit du sol" tout à la fois "inefficace, irresponsable et dangereuse", après les propos du secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Christian Estrosi sur Mayotte.
 
Pour le président du Modem François Bayrou, il faut trouver "une autre règle" concernant l'attribution de la nationalité française aux enfants nés à Mayotte et en Guyane, affectés par une forte immigration clandestine.

SOS Racisme a demandé vendredi au gouvernement de "renoncer" à cette idée, car cette mesure serait selon l'association antiraciste "un coup de canif dans le Pacte républicain". Le Mrap a de son côté dénoncé l'idée comme étant synonyme de "nationalité à la découpe" et une "remise en cause du principe fondamental du droit du sol" et "la première étape d'une démolition programmée" du Code civil.   

Un aménagement du droit du sol pas contraire à la Constitution

Guy Carcassonne, juriste spécialiste de droit constitutionnel, a jugé vendredi qu'un éventuel aménagement du droit du sol évoqué par le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Christian Estrosi pour Mayotte n'était "pas contraire à la Constitution". Interrogé sur la constitutionnalité d'une réforme du droit du sol, Guy Carcassonne a déclaré à l'AFP que cela "ne posait pas de problème". "Le Conseil Constitutionnel a déjà jugé, le 20 juillet 1993, que ce n'était pas un principe constitutionnel", a-t-il dit.

 
(D'après agence)
le 22 février 2008 à 16:38
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9 Commentaires

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  • Jean Bonnot, le 23/02/2008 à 01h34

    Encore 5 ou 6 ans et nous serons 6 milliards : tout le monde sera français, passé par Mayotte. Les Assedics et la Sécu auront explosé en 2010.

  • Myriam, le 23/02/2008 à 00h03

    Vivement que le droit du sol soit abandonné au profit du droit du sang. Et pas de manière temporaire. Le droit du sol explique énormément de problèmes dans notre société... Les Français 'administratifs' cela fait 30 ans qu'on en soupe. Et pour quel résultat ?

  • Victor, le 22/02/2008 à 21h48

    Facile pour F Bayrou, il faut trouver une autre règle : laquelle alors?

  • Florent, le 22/02/2008 à 18h15

    J'aurais envie de dire enfin... il faut revoir cette histoire de droit du sol depuis bien longtemps.

  • Scorpion, le 22/02/2008 à 18h14

    Enfin une décision de bon sens qui devrait être étendue à tout le territoire national.

  • PATRICK, le 22/02/2008 à 17h43

    J'éspere qu'il ne partira pas avec un avion à 198.000 Euros !

  • Thomas, le 22/02/2008 à 17h36

    Bravo. La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Cela me coûte trop cher à moi et à mes enfants.

  • Marc, le 22/02/2008 à 17h30

    Je suis tout a fait d accord.excellente mesure monsieur ESTROSI.et que ça en déplaise à la gauche.

  • Sophie, le 22/02/2008 à 17h17

    Il n'y a qu'en FRANCE que cette loi existe, je trouve qu'elle devrait être supprimée purement et simplement, loi complètement ridicule, à mon avis.

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