Julien Dray, porte-parole du PS, le 8 février 2008 © TF1-LCIL'accent mis sur la sécurité, le développement des transports en commun et une présence policière accrue. Mais pas d'enveloppe globale. Les réactions ne se sont pas faites attendre vendredi (voir la vidéo), après la présentation par le président du Plan Banlieue (lire notre article).
Amara : un "élan extraordinaire"
La secrétaire d'Etat à la politique de la ville s'est félicité, au micro de LCI, du "discours extraordinaire et volontaire" du président, dans lequel il a promis de "s'occuper de notre jeunesse", a-t-elle souligné. Un Plan "qui va beaucoup plus loin que ce que j'avais proposé" et qui donne un "élan extraordinaire" (voir la vidéo). "En fin d'année", on pourra "commencer à voir les premiers effets de cette nouvelle politique de la ville", a-t-elle assuré sur France 2.
Julien Dray note le Plan "sous la moyenne"
Porte-parole du PS, Julien Dray a estimé qu'"après 9 mois de travail avec une secrétaire d'Etat qui s'est beaucoup bougée, on est au-dessous de la moyenne". Il n'y a "pas de souffle", a-t-il regretté, soulignant que les "engagements financier (sont) très limités". "On attendait beaucoup et on a peu" (voir la vidéo).
François Pupponi "fortement déçu"
Député-maire socialiste de Sarcelles, François Pupponi était vendredi matin à l'Elysée lors de la présentation du Plan. Il a déploré, sur LCI, qu'il n'ait rien annoncé "de très précis, de concret". Il a trouvé déplacé son a discours "moralisateur" (voir la vidéo).
"Profonde déception" du maire de Vaulx-en-Velin
Même discours de la part de Maurice Charrier. Le maire (ex-PCF) de Vaulx-en-Velin, dans le Rhône, zone sensible où Fadela Amara était venue annoncer les grandes lignes de ce Plan, a exprimé vendredi "sa profonde déception" et dénoncé "un discours moralisateur, stigmatisant et élitiste".
Ni putes ni soumises "reste un peu sur sa faim"
La présidente de "Ni putes ni soumises", Sihem Habchi, a "bien entendu la volonté réelle du président Sarkozy de casser" le mécanisme de l'exclusion mais elle "reste un peu sur sa faim parce que la question des moyens n'a pas été abordée", a-t-elle dit. Elle salue "le caractère volontariste de la lutte contre l'exclusion" et estime que "les dispositifs mis en place peuvent réellement peser pour faire évoluer la situation". Mais regrette que le président n'ait pas parlé davantage des femmes, "des moyens de les aider". "Ni putes ni soumises", a-t-elle ajouté, va lancer "une enquête auprès des mamans des quartiers, qui souvent élèvent seules leurs enfants", pour pouvoir proposer des mesures concrètes au président de la République.
Idem chez Stéphane Ouraoui. Pour le président de "Pas de quartier, tous citoyens" : "On reste un peu sur notre faim. Il y avait beaucoup d'attentes autour de ce plan parce qu'il y a eu beaucoup d'effets d'annonce".
Filippetti : "le plan kärcher anti-glandouille a fait pschitt !"
Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a que "le plan kärcher anti-glandouille a fait pschitt !". Elle juge que ce plan est "un non-événement convenu et sans portée", même si elle concède "quelques bonnes propositions disparates, comme l'aide pluri-annuelle aux associations, le busing, la création d'internats scolaires, les contrats d'autonomie" mais elle juge que le "discours du ‘candidat président Lapalisse', n'a été qu'une suite d'incantations exaltées". "Nous attendions du président de la République des mesures concrètes budgétées".
Claude Dilain "mitigé"
Pour le maire PS de Clichy-sous-Bois, "l'enjeu était que le président de la République affirme sa volonté politique d'un redéploiement des moyens de la République. De ce point de vue là, je suis en partie déçu". "Sur la solidarité financière entre villes riches et pauvres, j'aurais aimé une meilleure affirmation politique. Il a renvoyé ça à une espèce de commission. A un mois des municipales, c'était difficile". "Je trouve troublant de dire qu'on va offrir une deuxième chance aux jeunes. Il aurait fallu dire: la première chance d'abord et que fait la société française pour cela?" "Les moyens, on ne les connaît pas".
Le maire UMP de Montfermeil très satisfait
Xavier Lemoine, maire UMP de Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, s'est déclaré très satisfait parce qu'il avait obtenu son "tramway". "Les préalables que j'attendais sont remplis. La philosophie générale de rompre avec l'assistanat me convient parfaitement, comme l'idée d'une gouvernance de la politique de la ville au plus haut niveau de l'Etat, d'un effort mis à appliquer le droit commun pour être à la hauteur des enjeux, et mettre hors d'état de nuire ceux qui doivent l'être".
SOS Racisme : bien mais trop de "il faut"
Dominique Sopo, président de SOS Racisme a estimé que "l'élément positif, c'est la fin du discours de confrontation de Nicolas Sarkozy avec la banlieue. Sur le monde associatif, je suis heureux de l'entendre demander aux administrations de ne pas être dans une lourdeur grotesque, afin de faciliter la vie des associations. Pareil sur la qualité des enseignants qui viennent en banlieue. A côté de ça, il y a beaucoup de "il faut", et il n'a pas pu s'empêcher de faire le "Rambo" en annonçant un renforcement des groupes d'interventions régionaux (GIR)".
UMP : pas un enième plan
Pour Yves Jégo, député UMP de Seine-et-Marne, porte parole de l'UMP, les mesures annoncées "vont incontestablement dans le bon sens (...) Plutôt qu'un énième plan où s'alignent les chiffres et les mesurettes, le chef de l'Etat a porté une vision globale de l'évolution de nos banlieues, en mettant l'accent sur l'éducation et l'accès à l'emploi. Les propositions qu'il fait concernant la mixité scolaire ou encore les internats d'excellence sont au coeur des problématiques que connaissent tous les maires concernés".
Patrick Braouezec : "encore un peu de replâtrage"
Selon Patrick Braouezec, député communiste de Seine-Saint-Denis (sur BFM), "c'est encore un peu de replâtrage et une certaine stigmatisation accrue de ces quartiers". "On revient à une politique purement répressive de remise en ordre" et "je ne vois rien de très novateurs dans un certain nombre de mesures sur l'éducation, l'emploi". "J'ai un peu le sentiment que l'on traite ces quartiers avec le même regard, la même posture que quand on se penche sur un pays en voie de développement".
Présentation "partielle" et "déséquilibrée" pour Delanoë
Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, a estimé que "le discours du chef de l'Etat, censé combattre la logique de ghetto, semble au contraire en renforcer la mise en oeuvre". "Chacun attend que soient précisés les moyens concrets qui seront mobilisés et qu'exige une action réelle pour l'égalité des chances, l'emploi, la lutte contre les discriminations et le désenclavement", a-t-il affirmé.
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