Quand Londres aide la France à fliquer les pédophiles

Par , le 26 février 2008 à 10h28 , mis à jour le 26 février 2008 à 17h13

Enquête - Au moins deux fois par mois, Interpol Londres alerte la police française de l'installation dans l'Hexagone d'ex-délinquants sexuels anglais. En France, d'ici quelques semaines, les criminels les plus dangereux devront "pointer" tous les mois.

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Le message, dont LCI.fr a eu copie, s'intitule "mise en attention d'Interpol Londres". Il date du 19 février dernier et doit faire l'objet "d'une diffusion régionale urgente" par le SRPJ de Montpellier à tous les services locaux de police et de gendarmerie. En substance, le message prévient de l'installation prochaine et "permanente" dans la région Languedoc-Roussillon d'un Anglais, ex-délinquant sexuel qui a purgé une peine de plusieurs années de prison pour viol sur mineur. Sont précisés l'adresse, le nom et la photo de l'individu. Interpol Londres "souhaite prévenir pour protéger les enfants en France", poursuit le communiqué. De quoi frémir. Et susciter des interrogations en plein débat sur le suivi des délinquants sexuels dangereux arrivant en fin de peine. "Cette alerte n'a rien de surprenant", tempère pourtant l'office central pour la répression des violences aux personnes. Créé auprès de la Direction centrale de la police judiciaire en 2006, l'OCRVP est chargé de coordonner sur le plan national la lutte contre les infractions violentes à l'encontre des personnes.

"Londres a des pratiques différentes des nôtres en matière de suivi des délinquants sexuels, explique un responsable de l'OCRVP. Leurs services de police nous envoient ce type d'alerte à chaque fois qu'un individu condamné pour agressions sexuelles chez eux pénètre sur notre territoire, que ce soit pour un court séjour ou une installation permanente". L'OCRVP reçoit en moyenne deux alertes de ce type par mois, un peu plus pendant l'été. "On a pris le parti d'en informer systématiquement nos services locaux à titre préventif, mais il n'est pas question d'aller embêter ces personnes", précise cette source. "Les forces de l'ordre sont justes averties d'une piste potentielle à suivre si des faits d'agressions sexuelles se produisent dans le secteur où est domicilié l'individu".  
 
40 000 délinquants sexuels fichés

Londres fait figure d'exception dans la gestion -très contestée- de ses délinquants sexuels. En France, la législation ne permet pas de transmettre ce type d'alerte aux pays voisins. "Ce qui est regrettable, reconnaît-on à l'OCRVP, car ces personnes représentent des dangers potentiels". Depuis l'été 2005, la France est, en revanche, dotée d'un fichier recensant l'ensemble des délinquants sexuels condamnés par nos juridictions. Le Fijais, pour Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes. 40 000 personnes y sont inscrites, dont une partie est encore en détention.  

Depuis sa création, tous les individus inscrits et qui sont sortis de prison sont tenus de pointer une fois par an au commissariat du coin, voire une fois tous les six mois. Le "pointage" consiste à apporter un justificatif de domicile aux autorités judiciaires. "Lorsqu'un individu ne répond pas à ses obligations de pointage, une alerte est automatiquement envoyée à l'Officier de police judiciaire compétent pour l'adresse de la personne", explique un magistrat de Nantes où sont gérés l'ensemble des fichiers judiciaires. Le délit est punissable de 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende.
 
1000 alertes par mois
 
Chaque mois, 1000 alertes sont ainsi déclenchées ! Mais à Nantes, on relativise l'importance de ce chiffre. "Il ne faut pas oublier que ce système est récent. Dans la quasi-totalité des cas, les personnes ont simplement oublié ou alors n'ont pas envoyé les bons documents", explique un magistrat. Un policier parisien rompu à l'exercice confirme : "ces gens là savent qu'ils ont plus à perdre de ne pas venir que de venir". "Parfois, c'est aussi parce que l'individu est décédé", ajoute-t-il. Ainsi, le 18 février, le cadavre d'un toxicomane a été découvert sur un chantier de la capitale. Son identification a révélé qu'il était inscrit au Fijais et recherché depuis des mois par la police judiciaire pour absence de pointage...
 
Vers un pointage mensuel des délinquants sexuels
 
D'ici quelques semaines, un décret d'application doit entrer en vigueur, prévoyant un pointage non plus semestriel mais mensuel pour les délinquants les plus dangereux. Seront concernés d'office tous les récidivistes et ceux dont l'état de dangerosité est reconnu par les juridictions.

Les conditions d'accès au fijais vont également être élargies. Pour l'heure, seuls sont autorisés les autorités judiciaires et les OPJ habilités. Les préfectures peuvent également demander un accès dans le cadre de l'attribution de postes de travail en lien avec des enfants. Désormais, les maires et les présidents des conseils généraux, pourront solliciter l'accès au fichier auprès de leur préfecture avant l'attribution d'emplois sociaux liés aux enfants. 

Par Alexandra Guillet le 26 février 2008 à 10:28
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10 Commentaires

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  • Jeayn Aymard, le 26/02/2008 à 13h23

    Knigge, Arthur et Philippe, on arrive deja pas a empecher les imbeciles de vivre sur notre territoire, comment voulez vous donc empecher les deviants etrangers d'y venir?

  • Mélanie, le 26/02/2008 à 12h44

    Je trouve très bien qu'il y ait une communication entre la France et l'Angleterre. Mais je suis choquée que l'on dise que c'est à titre préventif au cas où l'un de ces malades désideraient de recommencer!! Mais quand l'Etat français mettra nos enfants à l'abri!!!

  • Storari alberto, le 26/02/2008 à 12h43

    « De quoi frémir » ! L?auteur (trice) de l?article exprime ici son point de vue, et chaque point de vue est respectable, mais je doute fort qu?il soit partagé par les enfants futures victimes (en sachant le nombre de récidivistes dans ce domaine), et par les parents de ces enfants ; mais dans notre société on pratique le garantisme à outrance pour les criminels, beaucoup moins pour les victimes.

  • Aigle, le 26/02/2008 à 12h10

    Très bonne nouvelle ! C'est tout de même plus important que de savoir ce que Sarkozy a dit ou non suite à la réaction qu'il eue face à un mal élevé gauchiste, réaction que tout le monde aurait eue. Pourquoi personne ne montre du doigt le comportement du marxiste ? Pourquoi la gauche fait selblant de l'ignorer ? La réponse est archi évidente. En tout cas les prédateurs n'auront qu'à bien se tenir, désormais, le monde semble avoir pris conscience de sa molesse coupable et des vrais dangers.

  • José, le 26/02/2008 à 12h10

    Vous n' etes tous que des vautours,laissez ces gens tranquilles ils ont payés pour leur crime.normale qu il soit pistés mais laisser les vivre.s il viennent en france c est certainement pour repartir de zero

  • Knigge, le 26/02/2008 à 11h53

    C'est hallucinant! je ne comprends pas pourquoi on n'interdit pas à ces violeurs d'entrer sur notre territoire, cela doit étre possible. on en à déjà trop ici, pas besoin de s'occuper des monstres de toute l'europe!

  • Franck, le 26/02/2008 à 11h49

    Je trouve plutôt logique les autorités locales soient tenues informées du passé criminel des individus les plus dangereux présents sur leur secteur. Bien entendu, tout le monde à le droit de se ré-insérer, sans être systématiquement embêté par les autorités, une fois sa peine purgée. Mais celà ne doit pas non plus empécher la société de rester vigilante. Je trouve domage que la France n'autorise pas la transmission du même type d'alerte que celles autorisées par les britaniques. Par contre, je suis en même temps totalement opposé au fait que ce type d'information soit divulgée aux citoyens !

  • Arthur, le 26/02/2008 à 11h42

    Et pour celà ? reconduite à la frontière ou enfermement à vie ? Que décide notre "Superprésident"... Passera ou passera pas la censure de LCI !

  • Dominique d., le 26/02/2008 à 11h28

    "il n'est pas question d'aller embêter ces personnes" Vaudrait-il mieux que ces nuisibles puissent se contenter de changer de pays pour pouvoir recommencer en toute tranquillité? Premier "dérapage": prison puis flicage à la sortie. Deuxième crime sexuel: hongrage (castration PHYSIQUE) ! Troisième fois: la mort.

  • Philippe, le 26/02/2008 à 11h12

    Comme si on avait pas assez des nôtres, il faut en plus récupérer ceux des pays voisins !

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