Simone Veil et Nicolas Sarkozy, au dîner du Crif, le 13 février 2008 © TF1-LCI![]() |
| Sarkozy: "l'antisémitisme "se combat dès l'école" |
Ils étaient presque tous là. Nicolas Sarkozy a participé mercredi soir avec le Premier ministre, François Fillon, et une vingtaine de membres du gouvernement au pavillon d'Armenonville, à Paris, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).
Pour la première fois, un président de la République était présent à ce dîner annuel dont le Premier ministre est habituellement l'invité d'honneur. L'occasion pour le chef de l'Etat de revenir sur sa notion de la laïcité (lire ci-dessous) et de proposer que chaque élève de CM2 se voit confier la mémoire d'un enfant victime de la Shoah. "J'ai demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah", a-t-il dit.
"Les enfants de CM2 devront connaître le nom et l'existence d'un enfant mort dans la Shoah. Rien n'est plus intime que le nom et le prénom d'une personne. Rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui", a-t-il ajouté.
Morales religieuse et laïque sont "complémentaires"

"Jamais je n'ai dit que la morale laïque était inférieure à la morale religieuse"
Dans son discours, Nicolas Sarkozy a aussi répondu aux critiques qui ont suivi ses discours de Rome et de Ryad, en décembre et janvier derniers, où il semblait faire l'éloge de la religion. "Jamais je n'ai dit que la morale laïque était inférieure à la morale religieuse", a déclaré le président. "Ma conviction est qu'elles sont complémentaires et que, quand il est difficile de discerner le bien et le mal, ce qui somme toute n'est pas si fréquent, il est bon de s'inspirer de l'une comme de l'autre", a-t-il ajouté.
"La première préserve des certitudes toutes faites et apporte sa rationalité. La seconde oblige chaque société, chaque époque à ne pas se penser uniquement comme leur propre fin", a-t-il souligné, assurant que "personne ne veut remettre en cause la laïcité. Personne ne veut abîmer ce trésor trop précieux qu'est la neutralité de l'Etat, le respect de toutes les croyances, comme celui de la non-croyance, la liberté de pratiquer comme celle d'être athée".
En visite en Israël en mai
"C'est vrai, je suis l'ami d'Israël", a-t-il souligné, annonçant au passage qu'il se rendrait "en mai" dans l'Etat hébreu créé il y a 60 ans. "J'attache une grande importance au resserrement des liens d'amitié, politiques et économiques" entre la France et Israël, a-t-il dit. "La France souhaite de toutes ses forces l'entrée d'Israël dans la francophonie", a-t-il ajouté. Le président a aussi affirmé qu'il ne serrerait "pas la main à ceux qui refusent de reconnaître l'Etat d'Israël". Il avait auparavant stigmatisé les "propos insensés du président iranien", Mahmoud Ahmadinejad, ajoutant : "la France condamne ses propos". Mahmoud Ahmadinejad a tenu fin janvier de nouveaux propos contre Israël déclarant que "la sale entité sioniste" tomberait "tôt ou tard".
Un millier de convives ont participé à ce dîner. Parmi eux, des dignitaires religieux comme l'archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Claude Baty, et le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, aux côtés du grand rabbin de France, Joseph Sitruk.
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