Sarkozy veut confier aux CM2 la mémoire d'enfants déportés

Par D.H. (avec agence), le 13 février 2008 à 21h46 , mis à jour le 14 février 2008 à 14h11

Le président et le gouvernement presque au complet ont participé mercredi au dîner annuel du Crif. Une première pour un chef de l'Etat.

Sarkozy VeilSimone Veil et Nicolas Sarkozy, au dîner du Crif, le 13 février 2008 © TF1-LCI

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Sarkozy: "l'antisémitisme "se combat dès l'école"
 

Ils étaient presque tous là. Nicolas Sarkozy a participé mercredi soir avec le Premier ministre, François Fillon, et une vingtaine de membres du gouvernement au pavillon d'Armenonville, à Paris, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).
 
Pour la première fois, un président de la République était présent à ce dîner annuel dont le Premier ministre est habituellement l'invité d'honneur. L'occasion pour le chef de l'Etat de revenir sur sa notion de la laïcité (lire ci-dessous) et de proposer que chaque élève de CM2 se voit confier la mémoire d'un enfant victime de la Shoah. "J'ai demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah", a-t-il dit.

"Les enfants de CM2 devront connaître le nom et l'existence d'un enfant mort dans la Shoah. Rien n'est plus intime que le nom et le prénom d'une personne. Rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui", a-t-il ajouté.

Morales religieuse et laïque sont "complémentaires"

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"Jamais je n'ai dit que la morale laïque était inférieure à la morale religieuse"

Dans son discours, Nicolas Sarkozy a aussi répondu aux critiques qui ont suivi ses discours de Rome et de Ryad, en décembre et janvier derniers, où il semblait faire l'éloge de la religion. "Jamais je n'ai dit que la morale laïque était inférieure à la morale religieuse", a déclaré le président. "Ma conviction est qu'elles sont complémentaires et que, quand il est difficile de discerner le bien et le mal, ce qui somme toute n'est pas si fréquent, il est bon de s'inspirer de l'une comme de l'autre", a-t-il ajouté.

"La première préserve des certitudes toutes faites et apporte sa rationalité. La seconde oblige chaque société, chaque époque à ne pas se penser uniquement comme leur propre fin", a-t-il souligné, assurant que "personne ne veut remettre en cause la laïcité. Personne ne veut abîmer ce trésor trop précieux qu'est la neutralité de l'Etat, le respect de toutes les croyances, comme celui de la non-croyance, la liberté de pratiquer comme celle d'être athée". 
 
En visite en Israël en mai 

"C'est vrai, je suis l'ami d'Israël", a-t-il souligné, annonçant au passage qu'il se rendrait "en mai" dans l'Etat hébreu créé il y a 60 ans. "J'attache une grande importance au resserrement des liens d'amitié, politiques et économiques" entre la France et Israël, a-t-il dit. "La France souhaite de toutes ses forces l'entrée d'Israël dans la francophonie", a-t-il ajouté. Le président a aussi affirmé qu'il ne serrerait "pas la main à ceux qui refusent de reconnaître l'Etat d'Israël". Il avait auparavant stigmatisé les "propos insensés du président iranien", Mahmoud Ahmadinejad, ajoutant : "la France condamne ses propos". Mahmoud Ahmadinejad a tenu fin janvier de nouveaux propos contre Israël déclarant que "la sale entité sioniste" tomberait "tôt ou tard".

Un millier de convives ont participé à ce dîner. Parmi eux, des dignitaires religieux comme l'archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Claude Baty, et le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, aux côtés du grand rabbin de France, Joseph Sitruk.

Les politiques réagissent à l'idée de Sarkoy

Villepin trouve l'idée étrange...
"Je ne crois pas que l'on puisse imposer la mémoire, que l'on puisse la décréter ou légiférer dans ce domaine", a expliqué l'ancien Premier ministre.
 
Mélenchon critique
"Vraiment ce président est incroyable! Un jour, il est prédicateur, il nous fait des prêches sur Dieu, la religion et le reste. Maintenant le voilà transformé en instituteur! C'est lui qui décide de ce qui est bon ou mauvais sur la manière de former les jeunes enfants", s'est-il exclamé le sénateur PS sur LCI.
 
Et Hollande approuve
"Chaque fois qu'on peut faire transmettre les exigences du devoir de mémoire, il faut le faire", a affirmé le numéro 1 du PS à France-Info.

 

Par D.H. (avec agence) le 13 février 2008 à 21:46
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83 Commentaires

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  • Cat34, le 14/02/2008 à 16h00

    Et pour les enfants non-juifs? Qui en perpétuera la mémoire? Faut-il les oublier parce qu'ils étaient moins nombreux? Il n'ya pas de minorité plus importante que les autres. Ils sont tous morts dans les mêmes souffrances, ils doivent tous être honorés de la même façon, ce n'est que justice. Je veux que mes enfants puissent honorer aussi un enfant gitan par exemple.

  • Joy, le 14/02/2008 à 15h37

    Oh quelle trouvaille, encore une betise de notre president et 1er ministre , il devrait plutot apporter de l'aide à nos enfants de cm2 pour que 100% d'entre eux sachent lire à la fin de leurs années scolaire au lieu de les effrayer avec la betise humaine

  • Sylvie, le 14/02/2008 à 15h09

    Je compatis avec les personnes qui ont subi la Shoah, mais il y a eu de nombreux autres génocides sur Terre.. Sans oublier un tel évènement, il faudrait passer à autre chose. Aujourd'hui le Monde n'est pas loin des guerres de religions et ce n'est pas ainsi que nous les éviterons. M. Sarkozy n'a pas à parler religion dans ses discours. La république est laîque et pourvu qu'elle le reste. CINQ ANS C'EST LONG !!!!!!!!!

  • Bruno, le 14/02/2008 à 14h57

    Et pourquoi pas une âme d'esclave Noir arrivé à Bordeaux dans des navires appartenant a qui ? Et une âme de colonisé Noirs ou Arabe, massacré au nom du progres ?

  • Martin, le 14/02/2008 à 14h54

    Les enfants de CM2 n'ont pas un degre de maturite suffisant pour analyser le message qu'on veut leur faire passer... Utiliser le registre emotionnel pour les culpabiliser, je trouve ca vraiment degueulasse. Attention, cette surexposition des themes lies a la shoah est dangereuse, et risque d'avoir l'effet inverse a celui recherche.

  • Audrey, le 14/02/2008 à 14h50

    Je suis contre. C'est très traumatisant comme période de l'histoire, on a pas le droit de faire subir ça à des enfants de 10 ans. Ils ont pas à être les victimes de la bétises humaines. On peut en parler, bien sûr, mais faut pas non plus aller trop loin.

  • Jean Bonnot, le 14/02/2008 à 14h44

    Et voilà un problème de plus dans les pattes des enseignants. Ceux qui accompagnent nos "chères têtes blondes" pour les voyages scolaires en Allemagne vont devoir expliquer à nos amis d'Outre-Rhin qu'ils nous font trimbaler des siècles durant les conséquences de leurs crimes. Nos enseignants sont pris pour des c... Je les comprends et suis solidaire. Mieux vaudrait renforcer les liens d'amitié avec nos voisins les plus proches.

  • Cey, le 14/02/2008 à 14h38

    Non, chacun a en mèmoire un mort de la seconde guerre mondiale qu'il honore. Respectons tous les morts de la déportation et de la guerre mais ne l'imposons pas à un enfant de dix ans. Les parents seuls l'aideront pas un décret.

  • Michel, le 14/02/2008 à 14h33

    C'est abusif de confier l'horeur vecue par des enfants à d'autres enfants!!

  • Pierre, le 14/02/2008 à 14h09

    Dans les documentaires televisés meme les moins violents concernant la shoa n'est t il pas ecrit interdit aux moins de 16 ans?

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