François Hollande invité du Grand Jury le 17 février 2008 © TF1/LCIQuelques jours après l'annonce controversée de Nicolas Sarkozy de "confier la mémoire" des enfants tués durant la Shoah aux écoliers de CM2, François Hollande a appelé dimanche soir au retrait du projet, demandant à Nicolas Sarkozy de soumettre au débat une nouvelle proposition à même de favoriser un consensus. "Je constate qu'il y a aujourd'hui du dissensus, de la polémique là où il devrait y avoir rassemblement", a dit le premier secrétaire du Parti socialiste au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.
"La proposition n'a pas été suffisamment réfléchie, pensée, l'initiative n'a pas été préparée, elle a été improvisée. A partir de là, il faut la retirer et éviter qu'il y ait des risques de troubles", a-t-il ajouté. Selon lui, il faut "que les juifs eux-mêmes, et notamment la Fondation pour la mémoire de la Shoah dont Mme Simone Veil est la présidente d'honneur, puisse exprimer un souhait et une implication. De la même manière, il faut que les enseignants puissent être associés à une telle initiative".
"Ne pas céder"
Auparavant dans la journée, Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, avait déclaré que l'Elysée était déterminé à mener à bien son projet de parrainage d'enfants victimes du nazisme par des élèves de CM2. "Transmettre la Shoah est essentiel, le président de la République a la volonté très nette de ne pas céder sur cet enseignement". Mais face aux vives critiques qui pleuvent sur cette proposition depuis deux jours, la conseillère de Nicolas Sarkozy précisait dans le Journal du Dimanche que si ce projet voit le jour, il sera nécessaire de "soutenir et aider les enseignants dans cet enseignement. Nous sommes au travail pour le faire sans fléchir et d'une manière adaptée à chaque âge".
La directrice de cabinet du chef de l'Etat répondait également aux critiques émises par Simone Veil, qui a estimé samedi qu'on ne pouvait pas "demander à un enfant de s'identifier à un enfant mort", car "cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter". "Elle a raison", déclarait Emmanuelle Mignon dans le JDD. "On va travailler avec la communauté éducative et avec tous ceux qui s'investissent dans la mémoire de ces sujets, pour voir la meilleure manière de faire. Il ne s'agit ni de traumatiser, ni de culpabiliser les enfants, mais il ne faut pas non plus les infantiliser en permanence", ajoute-t-elle. "Il a été suggéré que la mémoire d'un enfant victime de la Shoah puisse être confiée à une classe entière. Nous sommes tout à fait ouverts à ce genre de propositions", affirmait-elle également.
De son côté, le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, a souhaité dimanche un "débat" autour de l'annonce du président de la République. "C'est un débat noble, il mérite d'avoir lieu sans qu'on se jette des invectives. Ayons ce débat dans le respect et la compréhension mutuelle, je crois que c'est ce que nous pourrions faire de plus intelligent", a déclaré Patrick Devedjian sur Canal+. La ministre de la Justice Rachida Dati a elle qualifié d'"idée très belle, très généreuse" l'annonce controversée du président. "A une époque où on dit que les jeunes ont perdu leurs repères, le devoir de mémoire est extrêmement important", et "garder la mémoire des crimes les plus atroces qui aient pu survenir dans notre humanité, et donc pouvoir transmettre cette mémoire, et dès le plus jeune âge, c'est une idée très belle, très généreuse", a-t-elle assuré sur LCI.
D'après agence
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