Xavier Darcos le 14 février 2008 © TF1/LCIQuelle que soit la manière dont elle sera appliquée, la proposition de Nicolas Sarkozy de faire parrainer des enfants juifs victimes de la Shoah par des élèves de CM2 sera en place dès la rentrée de septembre 2008. Xavier Darcos l'a confirmé sur RTL, tout en précisant qu'il n'écartait pas la possibilité que la démarche soit portée par des groupes d'enfants ou des classes entières. "Je ne recule pas, d'ailleurs j'observe que ce qui est critiqué c'est la complexité de l'idée d'une adoption d'un enfant par un enfant, mais personne ne critique le principe qu'il faille évidemment connaître la Shoah et travailler sur cette question".
"Nous allons proposer une démarche pédagogique pour répondre à l'intuition du président de la République", a précisé le ministre de l'Education. "L'objectif de la démarche semble devoir primer sur les modalités de la mise en oeuvre", a-t-il fait valoir face à la polémique suscitée par le projet présidentiel. "Il s'agit que soient honorés, célébrés, rappelés les enfants juifs morts pendant la guerre".
Pour les modalités, une réunion est prévue mercredi au ministère de l'Education avec des responsables du monde de la mémoire et des éducateurs. "Est-ce qu'il faut que ce soit un par un et pour chaque élève? On peut trouver peut-être d'autres solutions, par un groupe, par classe, se fonder sur d'autres démarches pédagogiques. Nous devons construire les choses maintenant que le président de la République a montré la voie", a souligné Xavier Darcos qui trouve inquiétant qu'aujourd'hui, "au lycée, un élève sur deux ne sait pas ce qu'est la Shoah".
Le grand rabbin de France donne son accord à Sarkozy |
Le grand rabbin de France Joseph Sitruk s'est déclaré sur I-télé "parfaitement d'accord avec l'idée de Nicolas Sarkozy" de confier la mémoire d'enfants juifs déportés aux élève de CM2. C'est une idée "belle" et "généreuse, qui permettra aux enfants de notre pays de sentir et de mieux comprendre un phénomène qui les touche de près et qui est un enjeu considérable". Selon le grand rabbin, dont c'est la première prise de position depuis l'annonce présidentielle mercredi dernier au dîner annuel du Crif, "ce n'est pas un problème d'actualité, il n'y a donc aucune urgence à prendre position". "L'idée de fond, c'est tout simplement de réaliser que la Shoah n'est pas le problème des juifs, c'est un problème de société", a-t-il estimé. Pour Joseph Sitruk, "le président a voulu lancer une piste et faire comprendre à notre pays que la transmission de la mémoire était un problème qui était presque 'une affaire d'Etat', l'affaire de tous". "C'est l'éducation qui sauvera notre pays et rien d'autre", a-t-il conclu. |
D'après agence
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