Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy © LCI"Transmettre la Shoah est essentiel, le président de la République a la volonté très nette de ne pas céder sur cet enseignement". Dans le Journal du Dimanche, Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, réaffirme la volonté du chef de l'Etat d'associer, d'une manière ou d'une autre, les élèves de CM2 aux enfants victimes des persécutions nazies. Mais face aux vives critiques qui pleuvent sur cette proposition depuis deux jours, la conseillère de Nicolas Sarkozy précise que si ce projet voit le jour, il sera nécessaire de "soutenir et aider les enseignants dans cet enseignement. Nous sommes au travail pour le faire sans fléchir et d'une manière adaptée à chaque âge".
Selon elle, "certains enseignants ont du mal à aborder la Shoah devant leurs élèves, ne savent pas comment s'y prendre, expriment un désarroi croissant. Des comparaisons avec d'autres conflits surgissent". "Personne ne conteste" qu'il existe d'autres drames "mais ce sont des drames politiques. Les enfants palestiniens, vietnamiens, d'autres encore ont été victimes de conflits politiques, qui doivent et qui sont enseignés, mais avec la Shoah, les enfants ont été victimes du racisme. En enseignant la mémoire de ce génocide, on prémunit toute la société contre ce fléau", estime-t-elle dans le JDD.
"Ouverts" aux propositions
La directrice de cabinet du chef de l'Etat répond également aux critiques émises par Simone Veil, qui a estimé samedi qu'on ne pouvait pas "demander à un enfant de s'identifier à un enfant mort", car "cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter". "Elle a raison", déclare Emmanuelle Mignon dans le JDD. "On va travailler avec la communauté éducative et avec tous ceux qui s'investissent dans la mémoire de ces sujets, pour voir la meilleure manière de faire. Il ne s'agit ni de traumatiser, ni de culpabiliser les enfants, mais il ne faut pas non plus les infantiliser en permanence", ajoute-t-elle. "Il a été suggéré que la mémoire d'un enfant victime de la Shoah puisse être confiée à une classe entière. Nous sommes tout à fait ouverts à ce genre de propositions", affirme-t-elle également.
Cette montée au créneau de la conseillère de Nicolas Sarkozy sera-t-elle suffisante ? Pour l'heure, les critiques n'ont pas cessé. Dernière en date à faire entendre sa voix, l'Association des professeurs d'histoire et de géographie a qualifié dimanche de "fausse bonne idée" la proposition du président de la République. Avant de dénoncer "une fois de plus, une intervention intempestive du pouvoir politique dans l'utilisation de la mémoire et par contrecoup de l'histoire".
Devedjian propose de débattre |
Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, a souhaité dimanche un "débat" autour de l'annonce du président de la République sur la mémoire de la Shoah dans les écoles. "C'est un débat noble, il mérite d'avoir lieu sans qu'on se jette des invectives. Ayons ce débat dans le respect et la compréhension mutuelle, je crois que c'est ce que nous pourrions faire de plus intelligent", a déclaré Patrick Devedjian sur Canal+. "Je ne sais pas comment il faut le faire mais il faut garder la mémoire", a-t-il dit, affirmant "comprendre" les critiques émises par Simone Veil. "Ceux qui ont été déportés, qui ont tant souffert, ont beaucoup de mal à porter cela et encore plus à le transmettre. C'est donc à nous que revient le devoir de le faire", a-t-il dit. |
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