Simone Veil/Image d'archives © TF1/LCI ![]() |
La présidente d'honneur de la fondation pour la mémoire de la Shoah Simone Veil a commenté mercredi soir les premières réflexions de la table ronde organisée par Xavier Darcos autour du projet de Nicolas Sarkozy de faire parrainer des enfants victimes de la Shoah par des élèves de CM2. "Ça a été ce matin un moment assez crucial, assez difficile, assez bouleversant", a-t-elle relaté. "Nous avons tous, sauf peut-être un d'entre nous, mais tous les autres, estimé que le chef de l'Etat avait été mal informé, qu'il s'était un peu fourvoyé", a estimé Simone Veil.
"Je ne pouvais pas imaginer que l'on donne la charge à un enfant de 10 ans, un enfant de CM2, d'avoir à incarner un enfant mort", a expliqué l'ancienne déportée. "Ce n'était pas une bonne solution, et je crois que nous avons oeuvré pour que l'on puisse comprendre qu'il y avait beaucoup d'autres façons", a-t-elle ajouté. Parmi les pistes de réflexion, Simone Veil a plaidé pour "autoriser, inciter à faire des travaux qui permettent aux enfants de se grouper dans une classe non pas vers un enfant en particulier mais vers telle situation dans telle ville". Selon elle, "il n'y a rien de très précis de décidé".
"La proposition de Sarkozy est toujours valable"
Pour autant, Xavier Darcos dément toute reculade. Selon lui, "l'appropriation" de la mémoire d'un enfant se fera bien "dans le cadre de la classe" par "un travail pédagogique" à définir. A l'issue de la première réunion du groupe de travail, aucun des participants n'a pourtant évoqué l'idée de parrainage, ni par un élève ni par une classe, d'un enfant victime de la Shoah.
Un tel projet était "enterré avant même qu'on se réunisse, ce n'était pas praticable car il y a 11.500 enfants juifs de France et 600.000 élèves en CM2", a déclaré l'historien et cinéaste Claude Lanzmann à la sortie de ce groupe de travail. Tout en soulignant que "la proposition de Nicolas Sarkozy (de travailler sur la Shoah, ndlr) est toujours valable, elle va être rendue praticable". De même la présidente de cette mission de réflexion, Hélène Waysbord-Loing avait affirmé qu'il n'avait "pas été question" de ce projet.
D'après agence
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