Un lit et du sexe pour obtenir un toit

Par , le 19 février 2008 à 12h08 , mis à jour le 19 février 2008 à 13h17

Interview - En publiant cette affiche, Jean-Baptiste Prévost, président de l'UNEF, a voulu choquer pour faire réagir les autorités sur la pénurie de logements étudiants en France. Pari réussi ?

logements, étudiants, UNEFAffiche de l'UNEF pour illustrer sa campagne de sensibilisation à la pénurie de logements étudiants © UNEF

Un lit. Papa et maman qui dorment tranquillement en pyjamas. Au milieu, le fiston, nu. A peine visible car recouvert d'une créature féminine au fessier, comment dire... enchanteur ! Pour être choc, c'est choc. L'affiche sert à illustrer la campagne lancée la semaine passée par l'Union nationale des étudiants de France  

UNEF, Prevost, étudiants
Jean-Baptiste Prévost
LCI.fr : Pourquoi cette campagne choc ?
Jean-Baptiste Prévost, président de l'UNEF : Parce que la situation du logement étudiant est choquante ! Seuls 7% des étudiants ont le droit à une chambre dans une cité universitaire. Cela a des conséquences sur l'intimité et la vie privée, et c'est ce que dénonce cette affiche. Par ailleurs, 80% des étudiants qui habitent chez leurs parents le font par contrainte. Plus grave, il y a des étudiants qui renoncent à leurs études parce qu'ils ne peuvent aller dans une ville trop éloignée de celle de leurs parents, faute de pouvoir financer un logement. Dans une société médiatique, le meilleur des discours et la meilleure des revendications a besoin de s'incarner par des campagnes qui interpellent non seulement les étudiants mais aussi le gouvernement. Cette affiche choc a vocation à susciter un débat et des réponses politiques.
 
LCI.fr : N'avez-vous pas été submergés de réactions négatives ?
J-B. P :
Nous avons évidemment reçu quelques mails ou courriers de personnes pas très contentes. Il s'agit essentiellement de personnes religieuses qui sont interloquées. Mais j'ai aussi reçu, par exemple, une lettre de quelqu'un qui se disait très choqué de la représentation très archaïque des parents. Comme quoi la nudité n'est pas forcément ce qui choque le plus. Je crois que notre société n'est plus celle des années 60'. Et s'il faut être provoquant pour obtenir des réponses, je crois que cela vaut le coup.
 
LCI.fr : Des réponses, vous en avez justement obtenues quelques jours après le lancement de votre campagne. Valérie Pécresse a en effet annoncé le déblocage de 620 millions d'euros pour la création de 40 000 logements étudiants d'ici 2014. Satisfaits ?
J-B. P.
: Nous demandions 1 milliard d'euros d'ici 2014, la ministre propose 620 millions d'ici 2012 uniquement pour la construction de logements. C'est une avancée importante. Nous avions peur que les réponses soient uniquement "gadgets" comme la colocation ou le logement intergénérationnel. Or, des moyens importants vont être débloqués. Comme quoi cela vaut le coup de se battre et de demander des changements concrets car on finit toujours par trouver des sous dans les caisses.
 
LCI.fr : Maintenant que vous avez obtenu des réponses de l'Etat, vous allez poursuivre votre campagne ?
J-B.P. :
Oui, car nous demandons aussi des mesures pour faciliter l'accès au logement privé. Cela passe par une revalorisation des aides au logement, une exonération de la taxe d'habitation et une régulation des augmentations des loyers qui explosent aujourd'hui. 
 

Par Alexandra Guillet le 19 février 2008 à 12:08
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3 Commentaires

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  • Romegas, le 19/02/2008 à 13h48

    Choc ? Non. Racoleur certainement. Mais bon, si c'est pour les bien de nos pauvres étudiants très très très malheureux, on peut se permettre de la pub à vil prix ? 'ce pas l'Unef ?

  • Sniper, le 19/02/2008 à 13h37

    Bravo a cette campagne! enfin quelque chose d'utile!! quant a l'affiche soit disant choquante (pas plus que ca pour moi), si il faut ca pour faire réagir alors il ne faut pas hésiter!

  • Audrey, le 19/02/2008 à 13h33

    J'ai la chance d'être boursière et donc d'avoir droit à un logement dans des résidences crous. je n'ai pas le droit de me plaindre. J'ai une amie qui elle doit voler de la bouffe parce qu'elle préfère payer un studio plutôt que d'arrêter ses études. C'est ça la france du 21ème siècle ?

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