Violences familiales : des femmes murées dans leur silence

Par A.Gu. (avec agence), le 21 février 2008 à 06h00 , mis à jour le 20 février 2008 à 19h02

Une enquête de l'Insee, réalisée dans des conditions de confidentialité inédite, montre qu'à peine une femme sur dix ose se rendre à la police lorsqu'elle est victime d'une agression physique ou sexuelle.

TF1 / LCI Image extraite de la campagne contre les violences conjugales (2005)Image extraite de la campagne contre les violences conjugales (2005) © LCI

Une femme victime de violences physiques au sein de sa famille sur cinq n'a pas porté plainte, ni parlé à qui que ce soit (police, ami, médecin, etc.) de ces agressions. Pour les violences sexuelles, la proportion de victimes murées ainsi dans leur silence est même de une sur trois, selon l'étude de l'Institut national de la Statistique et des Etudes économiques (Insee) réalisée entre janvier et mars 2007 auprès de 17.500 personnes.
 
La crainte de se rendre à la police
  
"Et quand la victime se confie, c'est rarement à la police", qui ne reçoit que 12% des victimes (plainte ou main courante) pour les violences physiques, et 8% pour les violences sexuelles, "soit globalement à peine une sur dix". Quand elles se décident à parler de l'agression subie, c'est plus souvent à un proche ou un ami (42%) ou à un professionnel (19%) qu'à la police. "Tout se passe comme si elles cherchaient davantage à être comprises et soignées que vengées, ou comme si elles n'avaient pas confiance dans les chances de voir leur agresseur puni", commentent les auteurs de l'étude.    

Au total, 6% des femmes âgées de 18 à 59 ans disent pourtant avoir été l'objet d'injures sexistes, 2,5% avoir été agressées physiquement et 1,5% avoir subi un viol ou une tentative de viol en 2005 ou 2006, selon les témoignages recueillis par les quelque 300 enquêteurs déployés trois mois durant par l'Insee pour l'enquête. "Une fois sur deux, c'est le conjoint qui est l'auteur des violences envers la femme à l'intérieur du ménage. C'est même le cas trois fois sur quatre quand il s'agit de violences sexuelles". Dans le cas des viols, un sur cinq est perpétré par l'ex-conjoint et la moitié des victimes connaissaient leur agresseur, selon l'étude.
  
Nouveau procédé d'enquête

Comment les enquêteurs de l'Insee parviennent-ils à "faire parler" ces femmes de violences qu'elles n'ont jusqu'ici osé rapporter à personne ? Comment libérer leur parole quand quelqu'un du ménage, peut-être même leur bourreau (mari, ami, fils, père, mère, etc), peut être présent dans la pièce pendant le questionnaire ? Sans doute en grande partie grâce à un procédé jusqu'ici jamais utilisé pour ce type d'enquête : un casque qui isole la personne interrogée de son entourage  et lui permet d'être seule à entendre les questions.
  
Quand on lui demande dans le casque relié à un ordinateur portable "en 2005  ou 2006, est-il arrivé qu'une personne qui vit actuellement avec vous, vous gifle, vous frappe, vous donne des coups ou vous fasse subir toute autre violence physique ?", elle se contente de taper sur une touche correspondant à "oui" ou "non". Le questionnaire devient alors de plus en plus précis : "à quelle fréquence ont lieu ces violences ? Par qui ? etc", sans que personne alentour, pas même l'enquêteur, ne connaisse les questions et réponses qui sont ensuite dépouillées anonymement par un centre informatique à Lille. Jusqu'ici silencieuse, la victime peut ainsi - parfois pour la première fois - exister en tant que telle, une étape symbolique importante quand on sait la culpabilité et la honte souvent ressenties par les femmes battues.

Par A.Gu. (avec agence) le 21 février 2008 à 06:00
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13 Commentaires

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  • Sandrine, le 21/02/2008 à 14h17

    On ne peut pas juger les femmes qui ne parlent pas !! Quand il y a agression est est rarement seulement physique !! L'homme en vient souvent à battre sa femme quand il sait qu'il a une emprise TOTALE sur elle... Je pense qu'il devrait y avoir dans toutes les communes des sections spéciales pour écouter, protéger et aider les personnes victimes de violences. Quant aux policiers, idem, il devrait y avoir un service spécial avec des policiers formés spécialement à ce genre de violence. il faut savoir qu'une femme qui est victime de coups ne se défend peut-être pas... mais elle se protège !! et c'est déjà énorme !... les gens qui disent ne pas comprendre pourquoi les femmes ne se défendent pas, c'est qu'ils n'ont jamais été victimes de ce genre de violence(pas seulement au sein du couple)... et tant mieux pour eux finalement !

  • Steph, le 21/02/2008 à 13h15

    Rani, les femmes ont seulement terriblement peur! j'ai moi même eu un compagnon violent qui m'a complètement détruite psychologiquement et il m'a fallu 3 ans pour réagir! C'est tellement facile de juger quand on a jamais été soi-même victime. Quand à la personne que tu mentionnes, combien de fois s'est elle faite frappée avant de finalement réagir?? j'ai moi même été la police pour porter plainte, les flics ont refusé de prendre ma plainte! Pourquoi? Parce que c'est trop de paperasserie et de temps pour seulement quelques coups. Alors j'ai déposé une énième main courante. Tout à fait d'accord avec Gaelle, les femmes battues ne sont pas soutenues par la police, à moins qu'un des deux ne finissent sur le carreau. Merci de me publier.

  • Domenica, le 21/02/2008 à 13h00

    Nilujettte elle n'est pas aussi répandu que la violence faites aux femmes, cependant elle existe c'est vrai! Gaelle votre histoire est dramatique, et en effet on peut se penser la question qu'auriez vous pu faire de plus? ces personnes n'ont pas fait correctement leur boulot et c'est dramatique !!

  • Anne, le 21/02/2008 à 12h48

    Je suis outrée quand je vois que des personnes réagissent lorsque l'on témoigne de cette violence faite aux femmes par "et les hommes ??". Comment peut-on en son âme et conscience répondre de la sorte. La violence d'un conjoint envers sa femmes qu'elle soit physique et/ou sexuelle est une chose terrible. La victime est encore plus détruite que cela provient d'un être cher qui devrait la protéger et la chérir. Répondre à cela que "les hommes" sont aussi victime de violence est tellement petit et injuste vis à vis de toutes les victimes : homme ou femme.

  • Pourquoi occulter, le 21/02/2008 à 11h40

    Pourquoi ne parlent on jamais de ces femmes soumisses a L'Islam et qui subissent elles aussi des violences sans compter celle qui dans les cités ne sont pas voilés mais qui a force d'etre harcelés se voilent pour etre tranquilles!!

  • Le Fourbe, le 21/02/2008 à 11h37

    A l'heure ou ne cesse de nous parler de discrimination ont accepte sur notre territoire le faite que des femmes soient soumises selon une certaine religion, celle-ci subissent des violences mais la plus personnes pour en parler ca concerne un sujet ultra tabous !!!

  • Carisa, le 21/02/2008 à 10h44

    Violences dans les familles à l'ecole;partout dans la societe;violence verbale en politique;rien de surprenant que ce phenomene qui abaisse l'homme au niveau de l'animal progresse

  • Jean, le 21/02/2008 à 10h44

    Quand je lis cela je suis révolté comme d'habitude : de la poudre aux yeux ! Ma fille qui avait 17 ans à l'époque des faits s'est fait saoulée et drogué par un fils de flic , ensuite il l'a sodomisé , lui faisant croire qu'il lui faisait l'amour . Ma fille qui ne connaissait rien en la matière lui à fait confiance même si après la première nuit où les faits se sont déroulés , elle ne voulait plus retourner dormir chez lui . Mais la menaçant de tout nous révéler car elle nous avait promis d'attendre ses 18 ans avant d'entreprendre quoi que se soit de sexuel . Il a continué sous notre toit dans le canapé lit , pendant des mois , qu'il venait squatter un jour par week-end. Lorsque le père ( qui est , je le rapelle membre des forces de l'ordres ,CRS, mais avec de sérieuses relations dans la haute hiérarchie policière et donc de la justice ) m'a appris lors d'une soirée apéritif que ma fille n'était plus vierge depuis 6 mois et que je ne le savais même pas , la première réaction de son fils a été de téléphoner dès le lendemain à ma fille pour lui dire que c'était terminé entre eux deux ,et la gendarmerie qui à auditionné ma fille a tout fait pour minimiser les faits insinuant qu'elle était d'accord depuis le départ parce " qu'il ne fallait pas que ça se voit !!!" ( rapport à nous )Avant cette histoire il y a eu au moins deux actes similaires de la part de ce jeune homme de 24 ans sur des mineurs :une de 15 ans et sa propre cousine et à chaques fois que ce dernier ou que ses deux autres frères font des actes répréhensibles ( et c'est monnaie courante ) le père via son "ami" haut placé arrive à les faire innocentés !!! tout cela parce qu'ils ont fait l'école de police ensemble .Où est la justice là-dedans ?

  • Anna, le 21/02/2008 à 10h18

    Je rejoins gaelle dans ses dires j'ai été battue pendant 22 ans et aucune structure n'est mis en place pour nos problemes quand vous voulez aller porter plainte a la police les inspecteurs vous mettent bien dans la tete qu 'ils vont venir devant les voisins et nos propres enfants chercher le demon et vous culpabiliser car vis a vis de nos enfants comment expliquer que leur pere est un monstre meme les flics ne sont pas preparer a ce genre de probleme et 99 % des cas les flics nous disent de partir du domicile mais pour aller ou ? dehors avec les s d f

  • Niais, le 21/02/2008 à 09h38

    Et les hommes battus car il y en a aussi ?

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