© AFPUne mort sans trace... Comment et pourquoi Chantal Sébire, ex-professeur des écoles qui souffrait depuis près de huit ans d'une tumeur incurable qui lui déformait le visage, s'est-elle éteinte ? A-t-elle succombé à la maladie ? Sa mort a-t-elle été volontaire ? La justice s'interrogeait jeudi sur les suites à donner à l'enquête. S'il faut en croire le site du Figaro, la décision de pratiquer une autopsie a finalement prévalu. Une décision difficile, prise dans la discrétion au bout de plusieurs heures de réflexion. Le résultat des examens semblerait confirmer l'hypothèse d'une mort naturelle, écrit vendredi matin le site internet du Figaro.
Pourquoi avoir choisi de pratiquer une autopsie ? Cette décision était en fait difficilement évitable au vu de la procédure. "Le médecin qui a constaté le décès a refusé de délivrer un certificat d'inhumer", notait ainsi jeudi soir une source judiciaire anonyme, citée par le site du Figaro. "En conséquence, il est normal que le procureur décide une autopsie afin d'obtenir des éléments scientifiques sur ce qui s'est passé. Imaginons qu'ensuite, quelqu'un revendique un acte d'euthanasie".
"S'ils font l'autopsie, c'est honteux"
Mais les proches de Chantal Sébire s'étaient par avance élevés contre toute autopsie. "Ce corps a suffisamment souffert. Laissez-le enfin en paix", avait plaidé l'avocat de la disparue, Me Gilles Antonowicz. Quelques heures avant la décision de pratiquer les examens sur le corps de la patiente, il déclarait encore : "S'ils font l'autopsie, c'est honteux. Si Mme Sébire s'était jetée dans le canal tout proche de son appartement, il n'y aurait pas eu d'enquête ; et là ils feraient une autopsie comme ils l'ont faite pour le fils de Marie Humbert", qui avait aidé son fils tétraplégique à mourir en 2003. Me Antonowicz est ce même avocat qui avait défendu, la semaine dernière, la requête en justice de sa cliente, qui réclamait le droit à l'euthanasie active devant le tribunal de grande instance de Dijon.
En attendant les résultats de l'autopsie, les causes de la mort de Chantal Sébire demeurent donc inconnues. Le procureur de la République de Dijon, Jean-Pierre Allachi, qui s'était rendu sur les lieux de la découverte du corps, au domicile de la patiente, mercredi soir vers 21h30, n'avait décelé aucune trace susceptible d'aiguiller l'enquête vers une cause de décès plutôt qu'une autre. Interrogé notamment sur les hémorragies dont souffrait Chantal Sébire lors de ses violentes crises, le procureur avait simplement indiqué "qu'à ce stade il n'exist (ait) pas d'éléments patents de signe d'hémorragie". Mais pas davantage de signe d'une mort volontaire.
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