© AFPQuelques heures après la mort de Chantal Sébire, décédée mercredi soir à son domicile, la justice s'interroge sur les suites à donner à l'enquête. Le procureur de la République de Dijon, a déclaré jeudi qu'en l'état actuel des investigations, il n'y avait "pas d'éléments suffisants" pour déterminer les causes de la mort de cette mère de famille atteint d'une tumeur rare, qui souhaitait l'assistance d'un médecin pour mourir.
"L'apparence externe du corps ne présentait pas de particularité et je continue à recueillir" les déclarations "auprès des proches" et des gendarmes "en charge de l'enquête" préliminaire, a ajouté le procureur de Dijon. Selon lui, Chantal Sébire "était très entourée" par sa famille "mais on n'est pas sûr qu'au moment de son décès sa fille ait été présente" alors que c'est elle "qui a découvert le corps".
"S'ils font l'autopsie c'est honteux"
Le procureur de la République se pose désormais "la question de savoir si l'on va faire ou non une autopsie". Une éventualité qui permettrait à la justice de déterminer les causes de la mort, mais à laquelle l'avocat de Chantal Sébire s'est dit totalement opposé. "S'ils font l'autopsie c'est honteux. Si Mme Sébire s'était jetée dans le canal tout proche de son appartement il n'y aurait pas eu d'enquête et là ils feraient une autopsie comme ils l'ont faite pour le fils de Marie Humbert" qui avait aidé son fils tétraplégique à mourir en 2003, a par téléphone Me Antonowicz, qui est également l'avocat de l'association ADMD (association pour le droit de mourir dans la dignité) qui promeut le droit à l'euthanasie active.
Selon l'avocat, Chantal Sébire qu'il a "rencontrée à deux reprises et eue cinq ou six fois au téléphone. Cela restera un souvenir très fort". "Je garde un de ses messages téléphoniques en mémoire et je l'écoute tous les jours", a souligné l'avocat avec beaucoup d'émotion dans la voix. Me Antonowicz avait défendu la semaine dernière la requête en justice de sa cliente, qui réclamait le droit à l'euthanasie active devant le tribunal de grande instance de Dijon. Selon le procureur de la République, cette réquête était "recevable" et a été "examinée" par le tribunal, qui l'a toutefois "rejetée" conformément à la législation en vigueur. "C'est important que cette requête ait été reconnue comme recevable car cela permettra à des dizaines de personnes qui sont dans un cas similaire de saisir la justice et d'aller jusque devant la Cour européenne", a estimé l'avocat de Chantal Sébire.
D'après agence
Leonetti : Sébire "n'a pas demandé à la loi de s'appliquer" |
Jean Leonetti (UMP), chargé d'évaluer sa loi sur le droit au "laisser mourir", a regretté que Chantal Sébire n'ait "pas demandé à la loi de s'appliquer". "On était dans une rupture de dialogue", a-t-il dit à RTL. Selon lui, la loi de 2005, qui prévoit un droit au "laisser mourir", mais pas à l'euthanasie active, "aurait pu soulager ses souffrances, même au prix de raccourcir sa vie". "Ce n'était pas son choix. Son choix était une demande de suicide", a-t-il estimé. Pour Jean Leonetti, la loi qui porte son nom est "mal connue, mal appliquée," malgré "des avancées considérables". Interrogé sur l'éventualité que Mme Sébire ait pu recourir à une aide au suicide, Jean Leonetti a jugé qu'"en admettant que cela se soit produit, en admettant que le juge en soit saisi, il peut, compte tenu des circonstances, ne pas entamer de poursuite". |
Retour MYTF1
Chargement en cours...



