© AFPLes premières conclusions de l'autopsie de Chantal Sébire ont été rendues publiques vendredi à la mi-journée. Selon le procureur de la République de Dijon, Jean-Pierre Alacchi, il n'y a "pas de cause spécifique pouvant expliquer le décès" de cette mère de famille qui souffrait d'une tumeur rare lui déformant le visage, retrouvée morte mercredi. "L'état personnel de cette personne n'a pas entraîné sa mort directe", a affirmé le procureur. "Il n'y a pas de cause évidente à titre d'hémorragie, à titre d'accident vasculaire, qui a pu entraîner la mort immédiate", a-t-il précisé.
Le procureur a ajouté que des analyses toxicologiques de substances retrouvées dans le corps étaient "à l'heure actuelle en cours" et pourraient prendre plusieurs jours, voire "plusieurs semaines". Selon les résultats de l'autopsie, "les analyses toxicologiques ont mis au jour un certain nombre de substances. Ce n'est pas étonnant puisque Mme Sébire prenait un certain nombre de médicaments, même si elle n'a pas accepté d'être sédatée (prendre des sédatifs) comme cela aurait pu se faire", a indiqué le procureur. Il a ensuite justifié l'autopsie en indiquant que "la justice devait savoir si la mort était naturelle ou si quelqu'un l'avait aidée à mettre fin à ses jours".
L'entourage de Chantal Sébire, qui s'était vivement opposé à une autopsie, a exprimé son indignation. Son avocat a affirmé vendredi après-midi que l'autopsie était "grotesque et n'avait pas lieu d'être" car "le délit d'aide au suicide n'existe pas". "Que la mort soit naturelle ou pas, qu'on fiche la paix à Mme Sébire et à ses enfants, et qu'on en reste là", a-t-il ajouté. "Même si l'on trouve que quelqu'un a fait ça", a-t-il ajouté à propos d'une éventuelle aide au décès, "cela finira en non-lieu car il n'y pas de délit d'aide au suicide en France. Cela n'existe pas", a-t-il martelé, rappelant que seule l'incitation au suicide était passible de poursuites. "Or, personne n'a incité Mme Sébire à mettre fin à ses jours. Elle avait dit à la France entière qu'elle voulait le faire elle-même", a-t-il indiqué. Le médecin personnel de Chantal Sébire, le Dr Emmanuel Debost, a déclaré de son côté que l'"autopsie était de l'acharnement judiciaire et que cela n'(apportait) rien de savoir si Mme Sébire s'était suicidée ou pas".
Romero : "laissez Chantal Sébire en paix" |
Le président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) estime que "l'ouverture d'une information judiciaire serait totalement disproportionnée et traumatisante" pour les proches de Chantal Sébire. "Puisque l'hypothèse de la mort naturelle a été écartée par la justice, l'origine de la mort semble donc provenir de substances qu'elle aurait avalées et donc d'un suicide", a-t-il indiqué. Selon Jean-Luc Romero, "il faut désormais laisser Chantal Sébire en paix et ne pas recommencer une procédure inutile comme cela avait été le cas après la mort de Vincent Humbert il y a cinq ans, si l'hypothèse du suicide est retenue". |
D'après agence
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