La difficile équation de Nicolas Sarkozy

le 21 mars 2008 à 13h48 , mis à jour le 21 mars 2008 à 16h48

Pas question de faire baisser le budget de la Défense, a-t-il affirmé vendredi. Mais le "mur financier" oblige à des concessions.

Cherbourg Sarkozy Armée DéfenseNicolas Sarkozy à Cherbourg le 21 mars © LCI

"Le budget de la Défense est le deuxième budget de l'Etat : il le restera, il ne baissera pas". Vendredi, lors de la présentation du sous-marin nucléaire Le Terrible à Cherbourg, Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il excluait "absolument de baisser la garde" et de réduire le budget de la Défense... même si celui-ci est face à un "mur" financier. "J'ai trouvé à mon arrivée une situation financière plus que difficile", a-t-il ainsi souligné. "Pour atteindre le modèle d'armée 2015, il aurait fallu selon les perspectives financières de la Défense, augmenter de six milliards d'euros par an son budget d'équipement, soit une hausse de 40%. Qui peut me dire que cet objectif est seulement crédible ?". Aussi, pour préserver à la fois les ambitions de la Défense française et l'équilibre des finances, "je proposerai des choix trop longtemps occultés propres à concilier la protection des Français, l'indépendance du pays et sa souveraineté financière", a assuré le président.

D'où des arbitrages difficiles. Le chef de l'Etat a ainsi annoncé une réduction "d'un tiers" de la composante aéroportée (avions et missiles) de la force de dissuasion au nom du "principe de la stricte suffisance". Jusqu'à présent la France disposait de 60 Mirage 2000-N, auxquels vont se substituer progressivement à partir de 2009 des Rafale plus performants. Des missiles de nouvelle génération commenceront également à équiper ces appareils l'an prochain. "Après cette réduction, notre arsenal comprendra moins de 300 têtes nucléaires, c'est la moitié du nombre maximum de têtes que nous ayons eu pendant la Guerre froide", a révélé le président, soulignant qu'il voulait faire ainsi acte de "transparence", en rompant le secret qui entourait jusqu'à présent le nombre de têtes nucléaires détenues par la France.

Dissuasion et "avertissement nucléaire"

Mais cet arbitrage ne nuira pas, a affirmé Nicolas Sarkozy, à la politique française de défense. "Chaque année, la dissuasion nucléaire coûte aux Français la moitié du budget de la Justice", a assuré le président. "Ce coût, il doit être maîtrisé tant que possible (...) Mais je suis déterminé à assumer ce coût. Ce n'est ni une affaire de prestige, ni une question de rang. C'est tout simplement l'assurance-vie de la Nation". Nicolas Sarkozy a ainsi affirmé que tous ceux qui menaceraient de s'en prendre aux intérêts vitaux de la France "s'exposeraient à une riposte sévère" entraînant "des dommages inacceptables pour eux" et n'a pas exclu le recours à un "avertissement nucléaire" dans le cadre de l'exercice de la dissuasion : "Ce serait alors en priorité les centres de pouvoir politiques, économiques et militaires qui seraient visés".

Parallèlement, Nicolas Sarkozy a proposé aux partenaires européens de la France un "dialogue ouvert sur le rôle de la dissuasion" nucléaire française pour leur sécurité collective. "S'agissant de l'Europe, c'est un fait, les forces nucléaires françaises par leur seule existence sont un élément clé de sa sécurité", a argumenté le chef de l'Etat. Il a par exemple estimé que l'Iran, en raison de sa volonté de développer "des capacités balistiques" et des "graves soupçons (qui) pèsent sur son programme nucléaire" mettait directement "en jeu" la sécurité de l'Europe.

Le chef de l'Etat a aussi annoncé une initiative de la France sur le désarmement : "Je propose l'ouverture de négociations sur un traité interdisant les missiles sol-sol de portée courte et intermédiaire", a-t-il déclaré. Il a par ailleurs proposé des négociations sur un traité d'interdiction de production de matières fissiles pour les armes nucléaires et un moratoire immédiat sur cette production. Les Etats-Unis avaient déposé en mai 2006 une proposition de traité semblable devant la Conférence du désarmement des Nations unies à Genève auquel Paris avait à l'époque apporté son soutien. Mais ce projet n'a cependant pas trouvé à ce jour de traduction concrète.

D'après agence

le 21 mars 2008 à 13:48
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6 Commentaires

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  • Laurent, le 21/03/2008 à 16h45

    Ce président affirme vraiment tout et son contraire...

  • Degouté, le 21/03/2008 à 16h34

    Quelle lacheté dans le choix de vos titres, le président annonce une réduction d'un tiers des forces armées et tout ce que ovus trouvez comme titre est "la difficile équation". Que n'auriez vous hurlé à la mort si un socialiste avait décidé la même réduction!!!

  • Jacques, le 21/03/2008 à 16h28

    La situation financiere plus difficile à laquelle il fait allusion n'a pas eu l'air de le traumatiser outre mesure . Par ailleurs il etait au gouvernement du précèdent quinquenat et ancien ministre du budget il est donc très étonnant que cette information sur l'etat des finances ait pu lui échapper . Une nouvelle fois devant l'incompétance de nos dirigeants il nous fait le coup de l'amnésie...

  • Eric, le 21/03/2008 à 15h34

    De Qui à peur notre Président De LA république ??? Aurai-t'il eu des infos sur une attaque imminente contre la France ??? Les Français doivent savoir.

  • Jean Bonnot, le 21/03/2008 à 14h55

    Voilà l'alternative : moins de profs ou moins de képis ! Pas simple, quand on est fauché, de choisir entre la fraise et la chantilly.

  • Bruno, le 21/03/2008 à 14h44

    Pauvre pépére, il a toruvé une situation financiere difficile ! Il n'etait pas au courant ? Et dire qu'il y a 2 jour il disait pas de plan de rigueur... Je me Marre !

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