© sxc.huAlors que l'on apprenait mercredi soir la mort de Chantal Sébire, cette patiente atteinte d'un mal incurable, et qui avait demandé le droit à mourir à la justice, Paris Match publie ce jeudi l'interview d'un médecin généraliste, Bernard Senet, qui aborde ouvertement les sujets jusqu'alors tabous de l'euthanasie et du suicide assisté. Membre de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), il s'était déjà dit prêt à aider la patiente à mourir.
Bernard Senet, installé dans le Vaucluse, affirme qu'il lui arrive "environ une fois par an d'aider quelqu'un à partir avant l'heure naturelle". Et d'ajouter aussitôt : "J'exerce depuis trente-deux ans, faites le calcul... J'ai été hors-la-loi une trentaine de fois". Il précise qu'il utilise "plutôt des anesthésiants", comme la morphine ou le pentothal.
"Je suis susceptible d'être poursuivi "
"Il faut que les médecins aient le courage de reconnaître ces pratiques pour que la loi évolue", estime-t-il. "Je suis susceptible d'être poursuivi pour tous les patients que j'ai aidés à mourir", reconnaît le Dr Senet. "Mais il n'y a que deux possibilités pour que cela advienne, que la famille d'un patient porte plainte - mais vous vous doutez bien que je me suis entouré de toutes les précautions nécessaires - ou bien qu'un procureur soit saisi", poursuit-il. "Or personne ne souhaite relancer le débat sur l'euthanasie".
Ce débat sur l'euthanasie, ou plutôt sur le suicide assisté, est pourtant de fait relancé à la fois par la mort de Chantal Sébire et par la mission d'évaluation de la loi de 2005 confiée au député-maire d'Antibes, Jean Leonetti.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




