"J'ai été hors-la-loi une trentaine de fois"

le 19 mars 2008 à 23h43 , mis à jour le 19 mars 2008 à 23h55

Dossier : Euthanasie: le débat

Bernard Senet, médecin du Vaucluse, affirme qu'il lui arrive "environ une fois par an d'aider quelqu'un à partir avant l'heure naturelle".

[Expiré] couloir hopital santé © sxc.hu

Alors que l'on apprenait mercredi soir la mort de Chantal Sébire, cette patiente atteinte d'un mal incurable, et qui avait demandé le droit à mourir à la justice, Paris Match publie ce jeudi l'interview d'un médecin généraliste, Bernard Senet, qui aborde ouvertement les sujets jusqu'alors tabous de l'euthanasie et du suicide assisté. Membre de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), il s'était déjà dit prêt à aider la patiente à mourir.

Bernard Senet, installé dans le Vaucluse, affirme qu'il lui arrive "environ une fois par an d'aider quelqu'un à partir avant l'heure naturelle". Et d'ajouter aussitôt : "J'exerce depuis trente-deux ans, faites le calcul... J'ai été hors-la-loi une trentaine de fois". Il précise qu'il utilise "plutôt des anesthésiants", comme la morphine ou le pentothal.

"Je suis susceptible d'être poursuivi "

"Il faut que les médecins aient le courage de reconnaître ces pratiques pour que la loi évolue", estime-t-il. "Je suis susceptible d'être poursuivi pour tous les patients que j'ai aidés à mourir", reconnaît le Dr Senet. "Mais il n'y a que deux possibilités pour que cela advienne, que la famille d'un patient porte plainte - mais vous vous doutez bien que je me suis entouré de toutes les précautions nécessaires - ou bien qu'un procureur soit saisi", poursuit-il. "Or personne ne souhaite relancer le débat sur l'euthanasie".

Ce débat sur l'euthanasie, ou plutôt sur le suicide assisté, est pourtant de fait relancé à la fois par la mort de Chantal Sébire et par la mission d'évaluation de la loi de 2005 confiée au député-maire d'Antibes, Jean Leonetti.

D'après agence

le 19 mars 2008 à 23:43
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7 Commentaires

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  • Nicolas, le 20/03/2008 à 08h06

    Ma mère infirmière ma dit que quand elle travaillait à l'hôpital à domicile il arrivait parfois que le patient et la famille demande d'abréger les souffrances et cela passait par un "cocktail" de 3 médicaments par intraveineuse permettant de ne plus souffrir et partir très rapidement. Ca a toujours existé ...

  • Grelier, le 20/03/2008 à 07h55

    Drôle de pays que le notre... tous les sondages sont unanimes pour dire qu'une ECRASANTE MAJORITE de Français sont favorables à l'euthanasie active, et pourtant... CHAQUE FOIS qu'un cas médiatisé comme celui de Vincent Humbert ou de Chantal Sébire se présente, il se passe TOUJOURS la même chose: Les politiques, de quelque bord qu'ils soient, sont effrayés et refusent de faire avancer les choses, restant frileusement cachés derrière des soi-disants législations et "principes éthiques" qui, en l'occurence, n'expriment pas la volonté générale, c'est le moins qu'on puisse dire. Comme s'il y avait une sorte de "force invisible" qui bloquait irrémédiablement toute action à leur niveau. Bref, on a donc d'un côté une nation toute entière (ou presque) qui est pour, et de l'autre côté, des politiques qui, pour une raison étrange, se sentent OBLIGES de refuser systématiquement de faire avancer les choses à chaque fois que l'occasion se présente... "Il ne faut pas légiférer sous le coup de l'émotion" "la médecine n'est pas là pour donner la mort" "le président n'a pas ce pouvoir" et autres sornettes horripilantes et exaspérantes d'hypocrisie, on connait la musique, et on sait déjà ce qu'ils diront la prochaine fois. Oui, décidément, M. Senet a probablement raison, il serait tant que tous les médecins qui, comme lui, ont eu l'occasion de pratiquer à plusieurs reprises (et malheureusement en secret et au péril de leur carrière) l'euthanasie active, aient le courage de sortir de l'ombre et de tout déballer à la presse. Là, peut-être les choses évolueront-elles enfin... (il ne faut jamais désespérer). Au passage, chapeau, M. Senet, pour cette initiative formidablement audacieuse.

  • Chris, le 20/03/2008 à 07h52

    Bonjour, voilà un médecin honnête qui lui le pratique de temps en temps avec l'accord des familles..si tous les médecins avaient l'intelligence de se réunir et de dire que pour chacun ils l'ont pratiqué au moins une fois dans leur carrière(euthanasie), le débat serait relancé; soyons honnête et disons la vérité....mais en France c'est le pays ou tout est fait mais caché ,ne jamais rien dévoiler, que ce soit sur ce sujet ou un autre ,je salue la franchise de ce médecin....

  • Jean Bonnot, le 20/03/2008 à 07h40

    "Il faut que les médecins aient le courage de reconnaître ces pratiques pour que la loi évolue". Les médecins prétendraient-ils "faire la loi" à la place des représentants du peuple ?

  • Sireau Didier, le 20/03/2008 à 03h01

    Je suis d'accord avec ce médecin. Permettez-moi de faire ce commentaire en forme d'humour noir (ça n'a jamais tué personne) : Si elle avait dû attendre une loi française pour mourir dignement, il y a longtemps qu'elle serait morte ! Didier

  • Maurice, le 20/03/2008 à 03h00

    Désolé monsieur le Médecin vous n'êtes pas hors la loi vous êtes hors une loi et ça c'est pas grave

  • Pellerin, le 20/03/2008 à 01h04

    Comment peut on laisser vivre une personne qui souffre et que la médecine ne peut plus intervenir sachant que l'issue sera une mort atroce.Pour moi le meurtre est de laisser la patiente sans l'aider à exaucer son souhait le plus cher (l'aider à mourir)l'euthanasier le médecin a eu raison vu l'état de cette pauvre femme et je pense que sa famille lui donnera raison également.

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