Euthanasie : faut-il une loi ?

le 20 mars 2008 à 17h35 , mis à jour le 20 mars 2008 à 18h21

Vous avez dit - Témoignages de proches de grands malades, soignants : nos internautes s'impliquent dans le débat sur l'euthanasie.

Lit d'hôpitalImage d'archives © TF1/LCI

Le tragique cas de Chantal Sébire, son combat pour une fin digne et sa mort pour l'heure toujours inexpliquée ont suscité de très nombreuses réactions de la part de nos internautes. Au-delà de l'émotion liée à la souffrance de la patiente, beaucoup s'interrogent sur le devenir de la législation française concernant les malades en fin de vie.

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Plus d'infos

Une internaute de Bourges fait part de sa propre expérience : "J'ai un ami qui est décédé en janvier de la même maladie que Mme Sébire", affirme-t-elle ; et malgré les efforts pour le soigner, "je n'ai jamais vu quelqu'un souffrir autant. Je l'ai accompagné avec une amie et sa famille jusqu'au bout, dans de terribles souffrances". Une expérience qui pousse cette internaute à prendre le contrepied des arguments de Christine Boutin : "même si je suis de droite, je lui demande de se rendre au chevet [des malades] et d'accompagner des familles pendant plusieurs jours". Elle n'en espère pas moins "que les députés pourront travailler sereinement" car "il ne faut jamais légiférer à chaud".

"Nous ne pouvons pas tuer les patients que nous avons soignés hier !"

Une infirmière de Dijon soulève un autre problème : "Les ministres et les secrétaires d'Etat ne répondent pas tous à la même question", souligne-t-elle. "Certains essaient de trancher sur : oui ou non à l'euthanasie ? D'autres répondent déjà à la question suivante : qui doit donner cette mort si on légalise effectivement l'euthanasie ?" Dans l'hypothèse où le geste serait assumé par des professionnels de la santé, cette internaute, qui se dit  "infirmière en milieu rural depuis 15 ans" et qui assure "accompagner fréquemment des patients et leurs familles dans ces terribles moments à leur domicile", "si la loi autorise l'euthanasie, elle doit également créer la profession spécialisée dans ce geste  létal". Car, souligne-t-elle, "nous ne pouvons pas aujourd'hui tuer les patients que nous avons soignés hier !"

Plus prosaïque, un internaute de Vaux, prenant acte des divisions gouvernementales, constate néanmoins le décalage entre la loi française et les législations des pays voisins : "Qu'ils soient divisés est une chose, mais que nous soyons à la traîne de l'Europe en est une autre. En effet, de quoi aurons nous l'air quand plusieurs centaines de personnes par an iront se faire assister en Suisse, comme au beau temps de la pénalisation de l'avortement ?" Un autre, du Limousin, s'interroge pour sa part : "Le droit au suicide est un droit irréfragable de la liberté individuelle, mais certains malades ou personnes âgées sont dans l'incapacité physique de se donner la mort. Quelle est leur solution ?"

Un témoignage venu de Macau appelle enfin à envisager les conséquences dans plusieurs années d'un éventuel texte de loi. "Aujourd'hui, tout le monde est plein de compassion et voudrait que le gouvernement mette en place une loi pour le droit à mourir dignement. Qu'en sera-t-il dans 5, 10 ans ou plus? Où se situera la juste frontière/limite entre la réelle volonté du malade, et celle de l'entourage ? Je crois qu'il est nécessaire de créer davantage de centres d'accompagnement spécialisés qui pourraient abréger les souffrances en laissant le malade partir. Mais il me paraît très dangereux de légaliser".

le 20 mars 2008 à 17:35
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11 Commentaires

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  • Lolo, le 20/03/2008 à 22h04

    Je pense effectivement qu'il faut légaliser. Je trouve que le sujet doit être traité rapidement. On ne peut pas laisser les personnes ainsi, souffrir juste parce qu'une loi n'existe pas chez nous, en france. S'il faut aller en suisse ou même en Belgique, ou l'euthanasie est devenue légale pour pouvoir mourir dignement.. ça n'a pas de sens. Et ca rime à quoi !! Si on ne légalise pas, on va laisser se suicider des personnes qui n'en peuvent plus.. et pour certaines d'entre elles même, se suicider relève de l'impossible. Et pour ceux qui peuvent se suicider, l'acte est d'autant plus horrible qu'il demande réflexion.. Avec quoi se suicider, comment.. c'est horrible de devoir imposer cela à des personnes qui souffrent déjà assez. Un des gros problèmes en France, est qu'il faut toujours qu'il arrive "quelque chose" pour que les politiciens se bougent... en encore.. D'après ce que j'ai lu, l'euthanasie n'est pas encore gagné en France

  • MOREAU, le 20/03/2008 à 22h02

    Le 29 février dernier mon mari a mis fin à ses jours car il n'en pouvait plus de souffrir : un cancer de la gorge il y a deux ans (opéré) puis radiothéraphie par laquelle il a été irradié, puis en janvier ablation d'un poumon puis fin janvier pose d'une sonde gastrique parce qu'il ne pouvait même plus avalé une goutte d'eau par la bouche.... Lors de sa dernière hospitalisation soi disant que les médecins savaient qu'il n'en avait plus pour longtemps 6/8 semaines... mais ils ne me l'ont pas gardé pour l'aider dans ses souffrances car tous les jours il pleurait dans mes bras tellement il souffrait... Il a quitté cette vie tout seul.... TRES CONSCIENT DE SON GESTE..... MOI je reste avec ma douleur et la rancoeur auprès des médecins.... Je suis profondément de tout coeur avec la famille de Mme Chantal.... Quelle repose aussi en paix

  • Yvon Chartrand, le 20/03/2008 à 21h56

    Quelle cruauté de lui avoir refusé l'euthanasie. En tant que chirurgien retraité, j'ai toujours pensé que les médecins se devaient de soulager la souffrance et non de la prolonger. Oui, je suis pour l'euthanasie des malades qui n'en peuvent plus de souffrir. Une double dose de morphine ...

  • Laurence, le 20/03/2008 à 21h42

    Je tiens à m'excuser auparavant de la comparaison qui suit mais indubitablement elle représente la réalité humaine : n''abrège t-on pas les souffrances d'un animal lorsque l'on sait pertinemment que la médecine ne peut plus rien faire. L'homme connait ses limites ; ne cherchons pas à aller plus loin par pitié. Une personne consciente qui demande à partir dignement n'est ce pas normale. Allons un peu de bon sens ; agissons et arrêtons l'acharnement thérapeutique de certains médecins sans état d'âme.

  • Esperedansles, le 20/03/2008 à 21h37

    Coome dit une internaute, le même métier ne peut pas soigner et tuer, ou bien on devient vétérinaire et pas médeçin ou infirmière. Si une loi permet d'achever les humains, ce sera l'horreur, il faudra remettre en vigueur le métier de bourreau supprimé avec l'abolition de la peine de mort.

  • Caillére jérome, le 20/03/2008 à 21h15

    Nous avons le droit à la vie. Mais pourquoi n'aurions nous pas le droit à une mort digne ? Le droit de vivre, le droit de mourir dignement.

  • Cepe48, le 20/03/2008 à 21h07

    Il faudrait que l'hypocrisie cesse,quelle différence lorsqu'on "débranche "un malade et lorsqu'on donne un produit qui assurément sera mortel, n'est ce pas le même acte, pour la même finalité ?il faudrait que certains pontes ne se cache pas derrière les mots

  • Desmaries, le 20/03/2008 à 20h58

    Très délicat de trancher sur cette question. Il est évident qu'il y aura toujours des avis partagés, des problèmes d'éthique, de religion, etc. Il n'est même pas certain qu'une loi résoudrait le problème.

  • Vivier, le 20/03/2008 à 20h33

    La loi première ,celle qui conditionne la possibilité de la parole humaine ,c'est "tu ne tueras point" .Hors de cela il n'y a plus d'humain ,plus de confiance ,plus de médecin .En faisant une loi autorisant la mise à mort nous nous rabaisserions à notre pure animalité . A moins que cela soit notre destin collectif !!? notre destin d'espèce ? pure destruction de notre existence même.

  • Colin jean paul, le 20/03/2008 à 19h40

    Pourquoi la france ferais ne pas de reféremdum sur ce sujet

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