L'arrivée du Tour de France 2007, le 29 juillet, sur les Champs-Elsyées © France 2Retrouvez toute l'information sportive sur Eurosport.fr
Les coureurs se sentent pris entre le marteau et l'enclume. Le groupement des équipes du ProTour a saisi, "dans un contexte d'extrême urgence", le Tribunal arbitral du sport dans le conflit qui touche Paris-Nice, organisé à partir de dimanche prochain. C'est cette instance qui va devoir décider si les équipes (et leurs coureurs) "sont en droit de participer à Paris-Nice sans s'exposer à des risques de sanctions". La décision sera annoncée ce vendredi.
L'Union cycliste internationale menace en effet les participants à la course, organisée par ASO (Amaury Sport Organisation) qui l'a placée sous l'égide de la fédération française. En jeu : un conflit de pouvoir entre grandes institutions du cyclisme concernant le ProTour et l'organisation des grandes épreuves cyclistes. Les menaces de l'UCI concernent directement 160 coureurs, et ce sont potentiellement tous les coureurs français de toutes disciplines cyclistes (route, piste, VTT, BMX) qui pourraient être privés de participation aux Championnats du monde, voire aux JO de Pékin.
La menace de suspension formulée par l'UCI à l'encontre des coureurs qui participeraient à Paris-Nice est inadmissible, a estimé mercredi Marc Madiot, le directeur sportif de l'équipe Française des Jeux. "J'ai dit aux coureurs : restez tranquilles, faites du vélo", a déclaré l'ancien vainqueur de Paris-Roubaix, qui veut s'en tenir à un rappel de base : les coureurs sont là pour courir. Quant à Jean Pitallier, président de la Fédération française de cyclisme, mis en demeure par l'UCI de retirer l'autorisation accordée à Paris-Nice, il a rappelé sa position : "J'ai suivi les instructions ministérielles et je n'ai fait que respecter les articles de la loi. Nous, fédération française et ensuite les coureurs, sommes victimes d'une situation intolérable."
Assouplissement sur la participation automatique au Tour de France
L'hypothèse de l'utilisation de pareilles armes, a priori les plus lourdes que possède la fédération internationale dans son conflit avec ASO, le principal organisateur du cyclisme, a suscité une levée de boucliers. Les six fédérations nationales européennes en désaccord avec elle à propos du ProTour ont marqué leur indignation. Devant le tollé, Pat McQuaid, président de l'UCI, a d'ailleurs mis de l'eau dans son vin mercredi soir, à la demande des équipes, et s'est dit disposé à revoir la règle de participation automatique des équipes du ProTour au Tour de France - un des principaux points de litige.
Pat McQuaid a écrit en ce sens à Patrick Lefevere, président du groupement des équipes, qui a lancé un appel aux deux parties et proposé un terrain d'entente. Le compromis du groupement suggère que ASO accepte de mettre ses courses au calendrier international et que l'UCI renonce à imposer la qualification automatique de toutes les équipes ProTour au Tour de France. Mais la proposition de médiation a été reçue avec réserves par Amaury Sport Organisation. Son président d'ASO dit se méfier des changements d'attitude de l'UCI et évoque le refus de Pat McQuaid de rencontrer les autorités françaises, 48 heures après que pareille entrevue eut été demandée par les fédérations européennes.
D'après agence
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