Des milliers d'handicapés défilent le 29 mars à Paris pour obtenir un revenu "décent" © TF1/LCIIls demandent un revenu d'existence "décent", c'est-à-dire au niveau du Smic brut. Plusieurs milliers de personnes, malades, handicapés, invalides, venues de toute la France, ont ainsi défilé samedi à Paris à l'appel du collectif "Ni pauvre, ni soumis". Selon les organisateurs, ils étaient "près de 30.000 personnes" à défiler, 16.500 selon la police. "C'est la révolte des handicapés, c'est la révolte de millions de personnes pour dire qu'il y en a assez de toucher 628 euros par mois (montant de l'allocation adultes handicapés), qu'avec ça, on ne peut pas vivre", a déclaré Arnaud de Broca, président de la FNATH, une des associations organisatrices du mouvement.
Privé de réveillon à cause de son handicap ?
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Publié le 30/12/2010
Pour cette manifestation "historique", rebaptisé "Marche sur l'Elysée", le collectif, qui regroupe une centaine d'associations, avait affrété 13 trains, 5 avions et 700 autocars et minibus. Certains manifestants se déplaçaient à fauteuils roulants, d'autres arboraient des cannes blanches, beaucoup avaient revêtu les couleurs du mouvement "Ni pauvre ni soumis", à savoir le jaune et noir, avec des panneaux portant les slogans : "628 euros par mois, pouvoir d'achat, pouvoir de rien !", ou encore "handicap, maladie = pauvreté".
Parmi les manifestants figuraient notamment le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, et le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire, Olivier Besancenot. "Ces allocations permettent aux handicapés d'acquérir une autonomie", a souligné Jean-Claude Mailly. "Il faut aussi pouvoir montrer qu'un travailleur handicapé peut être productif dans un milieu ordinaire de travail". Une délégation d'une dizaine de personnes, adhérents d'associations, a été reçue à l'Elysée pour remettre une pétition.
"Une activité de survie"
La question des ressources des personnes handicapées a été insuffisamment traitée par la loi handicap de février 2005, estiment les associations. Elle a certes créé une "prestation de compensation" destinée aux aides matérielles et humaines, mais n'a pas amélioré les revenus d'existence, déplorent-elles. "On peut avoir une aide 24H/24 mais être réduit à une activité de survie", explique-t-elles. Quelque 810.000 handicapés, qui ne peuvent pas ou plus travailler, vivent avec les 628,10 euros de leur allocation adulte handicapé (AAH).
La confirmation par Nicolas Sarkozy mardi, quatre jours avant la manifestation, de revaloriser l'AAH de 5% en 2008, conformément à sa promesse électorale, "n'a fait que mobiliser les gens", souligne Arnaud de Broca. "On rend d'un côté ce qu'on prend de l'autre", dit-il, rappelant que les bénéficiaires de l'AAH ne sont pas exonérés des franchises médicales créées par le gouvernement. Les associations craignent aussi que l'accent mis par le gouvernement et le chef de l'Etat sur l'emploi des handicapés, avec une conférence nationale le 10 juin centrée sur ce thème, n'ait pour effet de "culpabiliser" ceux qui ne peuvent travailler. Vendredi, le ministre du Travail Xavier Bertrand a déclaré que la manifestation était le "signe d'une attente légitime" et qu'il allait recevoir les associations mardi, avec Valérie Létard.
D'après agence
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