Lazare Ponticelli, le dernier "poilu" de la Premier guerre mondiale, peu avant sa mort en mars 2008 © TF1/LCIUn hommage national sera rendu lundi matin aux Invalides à Lazare Ponticelli, le dernier "poilu" de la Grande guerre mort mercredi à l'âge de 110 ans, a annoncé Alain Marleix, secrétaire d'Etat chargé des Anciens combattants, au Kremlin-Bicêtre. Cette cérémonie nationale, en présence notamment du président de la République Nicolas Sarkozy, répondra au souhait du défunt, qui voulait "qu'au-delà de sa personne, on rende hommage à toutes le victimes civiles et militaires de la Grande guerre, en particulier les femmes qui ont joué un rôle majeur", a précisé Alain Marleix, venu se recueillir sur la dépouille du dernier grand témoin français combattant de la Grande guerre.
Le secrétaire d'Etat s'exprimait lors d'un point de presse organisé au CHU du Kremlin-Bicêtre, où le corps du dernier poilu avait été transféré en milieu d'après-midi dans un corbillard escorté par des motards. Il avait auparavant transmis à la famille du défunt une lettre de Nicolas Sarkozy, dans laquelle il leur transmettait "les condoléances de la Nation". Dans cette lettre, le chef de l'Etat avait écrit que Lazare Ponticelli était "le dernier représentant de ces millions de jeunes Français qui répondirent, avec un courage quotidien admirable, à l'appel de la Patrie envahie". Selon ses dernières volontés, le "der de la Der des der" sera ensuite inhumé, lundi dans l'intimité, dans le caveau familial du cimetière d'Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne.
"D'accord si c'est dans la dignité"
Outre le communiqué de Nicolas Sarkozy à la mémoire du dernier des "poilus", le ministre de la Défense, Hervé Morin, a salué mercredi en Lazare Ponticelli "un semeur d'espoir qui refusait la fatalité". Le Premier ministre François Fillon a de son côté appelé à ne "jamais oublier le courage inouï et le message si grave des poilus". Quant à Jean-Luc Laurent, maire MRC de la ville du Kremlin-Bicêtre où vivait le dernier "poilu", et dont il était citoyen d'honneur, il a indiqué que Lazare Ponticelli n'était "pas parti dans la souffrance".
Après avoir longtemps refusé tout hommage national, Lazare Ponticelli s'était résolu à accepter le projet du gouvernement en janvier dernier, peu après la mort de Louis de Cazenave, le dernier autre "poilu" encore vivant. Mais il posait ses conditions. "D'accord si c'est dans la dignité. Pas de tapage important ni de défilé", déclarait-il dans une interview au Parisien.
Il souhaitait également une messe aux Invalides pour rendre hommage à ses camarades de combat "morts dans cette horreur de la guerre". "Je ne pense qu'à tous mes frères d'armes qui sont tombés. C'est à eux que les honneurs reviennent. Je ne suis que leur humble représentant ayant eu la chance de survivre. Moi je suis passé au travers de la guerre injuste et horrible", disait-il. "J'espère que la jeunesse d'aujourd'hui n'oubliera pas les combattants des deux guerres qui ont sacrifié leur vie afin qu'elle puisse vivre dans une France libre", ajoutait-il à l'adresse des jeunes générations.
D'après agence
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