Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy assistent à l'hommage à Lazare Ponticelli, dernier poilu décédé le 12 mars 2008 à 110 ans © TF1-LCISuivez la cérémonie en mémoire du dernier "poilu"
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| Lazare Ponticelli |
Porté par 11 légionnaires, le cercueil de Lazare Ponticelli a pénétré lundi à 11 heures en l'église Saint-Louis des Invalides à Paris pour les obsèques religieuses du dernier des poilus, décédé mercredi à l'âge de 110 ans. Au même moment, une minute de silence était observée dans les administrations alors que les drapeaux étaient mis en berne pour la journée sur les bâtiments publics. Cette messe a marqué le début de l'hommage solennel rendu ce lundi au dernier soldat de la Grande guerre et à ses 8,5 millions de camarades mobilisés, lors de deux cérémonies distinctes aux Invalides.
Nicolas Sarkozy, son prédécesseur, Jacques Chirac, et une grande partie du gouvernement ont
assisté à la messe. "La France aujourd'hui, et l'Italie avec nous, rendent hommage à tous les combattants de la Grande guerre, à l'occasion de l'entrée au Ciel du dernier d'entre eux", a déclaré dans son homélie Mgr Patrick Le Gal, évêque aux Armées. En début de cérémonie, le général Bruno Dary, gouverneur militaire de Paris, avait salué "la modestie du soldat" qui, comme tous ses compagnons d'armes, "n'a cherché qu'à simplement faire son devoir, rien que son devoir mais tout son devoir". "C'est grâce à vous, à tous les poilus que nous vivons aujourd'hui dans un pays libre. Merci", a dit Guillaume, un élève de cinquième, dans un poème lu en fin de cérémonie.
Nicolas Sarkozy était assis seul au premier rang, non loin du cercueil de l'ancien légionnaire d'origine italienne, enveloppé dans un drapeau français. Derrière lui, le Premier ministre, François Fillon, des membres du gouvernement et les présidents des deux assemblées, Christian Poncelet et Bernard Accoyer. L'ancien président Jacques Chirac a échangé quelques mots avec Nicolas Sarkozy avant et après la messe.
Une plaque en mémoire de tous les combattants
Le chef de l'Etat a quitté l'église main dans la main avec l'une des filles de Lazare Ponticelli en direction de la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides, où le dernier "poilu" a eu droit aux honneurs militaires. L'historien et académicien Max Gallo a prononcé l'éloge funèbre, rappelant dans ses grandes lignes la vie du "rital" disparu, de l'homme "modeste et fraternel" qui a témoigné toute sa vie des horreurs de la "Grande Guerre". A l'issue de la cérémonie et des honneurs militaires, le cercueil de Lazare Ponticelli devait quitter les Invalides pour rejoindre le caveau familial d'Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, où il sera inhumé dans l'intimité, conformément à ses dernières volontés.
A 15h30, une seconde cérémonie se déroulera, cette fois-ci dans la cour du Dôme de l'Hôtel national des Invalides. Nicolas Sarkozy se rendra d'abord sous le Dôme qui abrite le tombeau de Napoléon et celui du maréchal Ferdinand Foch, généralissime des armées alliées à la fin de la Grande guerre. Près du tombeau du maréchal de France, de Grande-Bretagne et de Pologne, le chef de l'Etat déposera une gerbe devant une plaque en hommage aux 8,5 millions de "poilus". Le chef de l'Etat prononcera ensuite une allocution à l'extérieur de l'édifice avant de quitter les Invalides. A 18 heures, la municipalité du Kremlin-Bicêtre, où vivait Lazare Ponticelli, lui rendra un dernier hommage ainsi qu'à tous ses camarades "morts pour la France", lors d'une cérémonie identique à celles auxquelles le dernier poilu tenait à participer chaque année le 11 Novembre.
En 1914, Lazare Ponticelli avait triché sur son âge pour s'engager à 16 ans dans la Légion étrangère et défendre sa patrie d'adoption sur le front de l'Argonne, avant de combattre en Italie. Il s'était établi définitivement en France en 1921. Il demanda et obtint la nationalité française en 1939, lors du déclenchement du second conflit mondial, au cours duquel il sera actif dans la Résistance. Lazare Ponticelli avait longtemps refusé l'idée d'obsèques nationales, dans lesquelles il voyait une injure aux victimes de la "der des der" qui n'ont pas eu cet honneur. Il avait changé d'avis après le décès le 20 janvier de l'avant-dernier poilu français, Louis de Cazenave. Dans une interview au Parisien, il disait accepter des obsèques nationales "sans tapage, ni grand défilé (...) au nom de tous ceux qui sont morts" dans la Grande guerre mais à condition que ce soit "dans la dignité, sans tapage important ni grand défilé".
D'après agences
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