Chantal Sébire avec ses proches (mars 2008) © TF1/LCIChantal Sébire est morte, mais le débat qu'elle a initié lui survit. Le député UMP Jean Leonetti a annoncé mercredi avoir été chargé par le Premier ministre d'une mission d'évaluation de la loi de 2005 relative au droit des malades et à l'accompagnement en fin de vie, dont il fut le rapporteur.
Aux journalistes, Chantal Sébire disait en effet vouloir affronter la mort en toute conscience et en toute lucidité. "Je veux partir en faisant la fête entourée de mes enfants, amis et médecins, avant de m'endormir définitivement à l'aube", avait-elle déclaré. Elle soulignait que la loi actuelle ne lui laissait que la possibilité d'être plongée dans un coma par sédation, ce qui lui permettait au mieux de mourir, sans alimentation et sans hydratation, après dix à quinze jours d'agonie.
Alors que le gouvernement excluait la semaine dernière toute réforme sur la question de l'euthanasie, Matignon a donc décidé mercredi une réflexion. La mission confiée par François Fillon au député maire d'Antibes vise officiellemet à "évaluer la mise en oeuvre concrète de la loi et à faire des propositions, pour remédier à la méconnaissance ou la mauvaise application des textes et éventuellement à l'insuffisance de la législation". Elle s'effectuera, a précisé Jean Leonetti, "avec le concours du ministère de la Santé, et un débat pourrait s'ouvrir sur ce sujet à l'occasion du vote des lois de bioéthique".
Divisions au sein du gouvernement
Signe que le débat n'est pas près de s'éteindre, le groupe PS à l'Assemblée nationale a annoncé mercredi la constitution d'un groupe de travail sur la fin de la vie, en vue de déposer "dans les mois à venir" un texte de loi améliorant la législation dans ce domaine. Et, prenant le contrepied des précédentes déclarations gouvernementales, Bernard Kouchner, qui fut lui-même ministre de la Santé, sest exprimé mercredi sur le cas Chantal Sébire, quelques heures avant la découverte du corps de la patiente, en laissant entendre qu'il était favorable à sa demande. Médecin de formation, ancien responsable de Médecins sans Frontières et Médecins du Monde, il jugeait alors qu'il fallait "lui permettre de ne pas avoir besoin de se suicider dans une espèce de clandestinité dont tout le monde souffrirait, surtout ses proches". Nadine Morano, nommée mardi secrétaire d'Etat à la famille, s'était dite elle aussi favorable à l'euthanasie.
Des propos qui ont déclenché l'ire de Jean Leonetti. Il a répliqué à Bernard Kouchner en se disant "très irrité par (sa) réponse simpliste". "Il ne peut pas ignorer que la demande de Chantal Sébire, compréhensible sur le plan humain, est irrecevable", a déclaré l'élu UMP au quotidien La Provence. Le président de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, Jean-Luc Romero, a estimé pour sa part que le cas de Chantal Sébire faisait "clairement avancer les choses" mais que c'était "encore bien trop lent". Selon lui, "il faut aller plus loin" que la loi Leonetti, "en s'inspirant des législations des pays avoisinants".
D'après agence
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