Nicolas Sarkozy dévoile une plaque en mémoire des 8,5 millions de poilus au Invalides, le 17 mars 2008, après le décès du dernier d'entre eux, Lazare Ponticelli © TF1-LCI
Après la mort du der des ders Lazare Ponticelli, la Nation a rendu hommage lundi aux 8,5 millions de poilus qui ont combattu pour la France.
A 15h30, Nicolas Sarkozy s'est rendu sous le Dôme de l'Hôtel national des Invalides où il a dévoilé une plaque en mémoire des combattants de la Grande Guerre sur laquelle est notamment inscrit que "La France conserve précieusement le souvenir de ceux restés dans l'Histoire comme les poilus de la Grande guerre". Après qu'aient résonné la sonnerie aux morts et la Marseillaise, le chef de l'Etat est ressorti dans la cour du Dôme afin d'assister à la présentation des drapeaux et de prononcer son discours.
"Un devoir humain"
Après avoir rendu un long et vibrant hommage à Lazare Ponticelli et aux poilus en général, le président de la République s'est adressé à la jeunesse du pays : "L'hommage solennel rendu à Lazare Ponticelli est un hommage à tous ses camarades de combat, qui ne se connaissaient pas pour la plupart, mais qui sont devenus frères dans la souffrance.(...) Le souvenir est fragile quand la mort est passée (...) Jeunesse de France, souvenez-vous toujours de ces hommes et ces femmes qui furent si grands dans l'épreuve et dans le malheur".
"Il est de notre devoir que, par-delà l'Histoire, la mémoire demeure malgré tout vivante. C'est un devoir national, c'est un devoir humain. On ne construit pas son avenir en oubliant son passé, mais en l'assumant et en le surmontant", a déclaré le chef de l'Etat.
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Dernière étape de cette journée : plus de 300 personnes ont rendu un dernier hommage lundi soir au Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne, à Lazare Ponticelli. La cérémonie, semblable à celle du 11 novembre à laquelle le dernier combattant de la Grande guerre avait encore assisté en novembre 2007, a réuni la famille du défunt, les associations d'anciens combattants, une délégation de la Légion étrangère, où il servit entre 1914 et 1915, le maire de Bettola (Italie), sa ville natale, mais aussi des collégiens et des habitants de la ville.
Obsèques religieuses aux Invalides pour Lazare Ponticelli
Lundi matin, un hommage particulier avait été rendu à Lazare Ponticelli, le dernier poilu décédé mercredi dernier à l'âge de 110 ans, en l'église Saint-Louis des Invalides, déjà en présence du président de la République, mais aussi de son prédécesseur Jacques Chirac. En même temps que le cercueil du der des ders, porté par onze légionnaires, pénétré dans l'Eglise, une minute de silence était observée dans les administrations alors que les drapeaux étaient mis en berne pour la journée sur les bâtiments publics. "La France aujourd'hui, et l'Italie avec nous, rendent hommage à tous les combattants de la Grande guerre, à l'occasion de l'entrée au Ciel du dernier d'entre eux", a déclaré dans son homélie Mgr Patrick Le Gal, évêque aux Armées. En début de cérémonie, le général Bruno Dary, gouverneur militaire de Paris, avait salué "la modestie du soldat" qui, comme tous ses compagnons d'armes, "n'a cherché qu'à simplement faire son devoir, rien que son devoir mais tout son devoir". "C'est à grâce à vous, à tous les poilus que nous vivons aujourd'hui dans un pays libre. Merci", a dit Guillaume, un élève de cinquième, dans un poème lu en fin de cérémonie.
Nicolas Sarkozy était assis seul au premier rang, non loin du cercueil de l'ancien légionnaire d'origine italienne, enveloppé dans un drapeau français. On reconnaissait derrière lui le Premier ministre, François Fillon, Des membres du gouvernement et les présidents des deux assemblées, Christian Poncelet et Bernard Accoyer. L'ancien président Jacques Chirac a échangé quelques mots avec Nicolas Sarkozy avant et après la messe. Le chef de l'Etat a quitté l'église main dans la main avec l'une des filles de Lazare Ponticelli en direction de la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides, où le dernier "poilu" a eu droit aux honneurs militaires.
Après avoir refusé à plusieurs reprises toute cérémonie officielle, Lazare Ponticelli en avait finalement accepté le principe, le 24 janvier. Il avait donné son accord à des "obsèques nationales sans tapage, ni grand défilé" et accepté "une messe aux Invalides en hommage à (ses) camarades morts dans cette horreur de la guerre et auxquels (il a) promis de ne jamais les oublier". Lazare Ponticelli a ensuite été inhumé en toute intimité dans le caveau familial au cimetière d'Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne.
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