Les lycéens manifestent à Nantes le 20 novembre © TF1/LCI«Rendez nous nos profs». Les lycéens ont ressorti leurs banderoles mardi. A paris, il étaient au moins 8000 à manifester à 14h pour protester contre les 8830 suppressions de postes prévues dans l'Education nationale à la rentrée 2008. «Nos conditions d'études se dégradent de plus en plus. Dans certaines classes de l'Académie de Créteil, ils sont 42 élèves. Bientôt il nous faudra des amphithéâtres dans les lycées» raconte à LCI.fr Florian Lecoultre, président de L'UNL (Union nationale des lycéens).
Depuis la rentrée des vacances de février, des contestations isolées ont agité certains établissements de la région parisienne. La semaine dernière, le mouvement a tenté de s'unir et les syndicats lycéens appellent désormais à des journées d'action nationale.
Jeudi dernier entre 4000 et 6000 personnes avaient manifesté à Paris. Mais l'appel avait été beaucoup moins bien suivi en Province. «C'est normal. Le mouvement a bien pris à Paris, maintenant, il faut que ça prenne progressivement en Province. Et je pense que c'est très bien parti», explique à LCI.fr Alix Nicolet, présidente de la Fidl (Fédération indépendante et démocratique lycéenne).
"Aucun contact avec le ministère"
Pour le ministère de l'Education nationale, les suppressions de postes correspondent surtout à l'évolution démographique. Il y aurait moins d'élèves donc moins besoin d'enseignants. Xavier Darcos, le ministre de l'Education nationale a déclaré qu'il recevrait les représentants des lycéens à l'issue de la manifestation de mardi. Ce dont doute Florian Lecoultre : «Nous n'avons encore eu aucun contact avec le ministère. Il y a un énorme décalage entre ce que l'on demande au ministre et ce qu'il nous propose. Il dit qu'il ne va pas réduire les moyens, alors que nous on lui en demande plus».
Par ailleurs, les lycéens ont renforcé leur service d'ordre afin d'éviter les bousculades et les agressions qui avaient terni certaines manifestations contre le CPE. «Nous avons essayé de sélectionner dans les établissements des personnes capables de calmer le jeu. On va faire en sorte qu'ils soient repérables avec par exemple des brassards ou des vêtements noirs» explique Alix Nicolet.
"Halte au feu !"
La contestation des lycéens sera suivie par certains de leurs enseignants. Les trois syndicats d'enseignants du secondaire de la FSU ont appelé leurs troupes à "participer aux manifestations" mardi aux côtés de leurs élèves. Selon les syndicats lycéens, le mouvement pourrait être reconduit dès jeudi s'ils n'obtiennent pas de réponse satisfaisante de la part du ministère.
Et la seule réponse qui leur soit faite pour l'instant risque de ne pas leur plaire. Dans un entretien à 20 minutes, Xavier Darcos a assuré qu'il ne reviendrait pas sur les suppressions de postes. "Elles ont été largement discutées depuis août, et votées par le parlement en novembre. Même si je voulais revenir en arrière, je ne peux pas", a déclaré le ministre de l'Education. "Ces défilés reviennent tous les ans ! il ne faut pas être dupe du discours alarmiste et mensonger de certains syndicats. Et n'exagérons pas la mobilisation des lycéens. Jeudi ils étaient 4.000 à défiler sur les 450.000 lycéens que compte l'Ile-de-France. Halte au feu !".
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