© AFPLes premières réactions sont tombées quelques minutes seulement après la mort de Chantal Sébire, cette femme atteinte d'une maladie incurable retrouvée morte chez elle mercredi soir. Jean-Luc Romero, le président de l'association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) a salué une "femme d'exception". "Même si c'était le souhait de Chantal, j'ai beaucoup de tristesse. Elle avait un caractère exceptionnel, une grande force, une volonté et une voix pour un combat formidable : celui de la fin de vie dans la dignité", a-t-il déclaré.
Le professeur Jean-Claude Ameisen, membre du Comité national d'éthique, a lui enjoint le législateur à envisager, "dans des situations exceptionnelles, une formule d'exception" pour permettre l'euthanasie dans certains cas. Pour Jean-Claude Ameisen, cette formule d'exception, autorisant le suicide médicalement assisté ne pourrait intervenir que "comme un constat d'échec à tout ce qui a été tenté", comme "une sorte de transgression" de la loi. Le professeur a rappelé que le Comité national d'éthique dans un avis en 2000 envisageait "l'exception de l'assistance au suicide, sans demander de l'inscrire dans la loi".
Marie Humbert : "Je suis persuadée qu'elle s'est suicidée"
Cette "exception" ne pourrait être "considérée qu'au cas par cas", par une commission multidisciplinaire, et "ne serait possible que si l'accès au soin palliatif est devenu universel", a précisé le professeur Ameisen sur LCP. En effet, selon lui, la loi de 2005 sur la fin de vie "qui a été un grand progrès" est encore très loin d'être parfaitement appliquée et "la moitié des personnes qui meurent à l'hôpital ou en institution n'ont pas accès à un accompagnement et à des soins palliatifs". Chantal Sébire, une mère de 3 enfants de 52 ans, souffrait d'une tumeur incurable et avait sollicité en vain de la justice le droit de recourir à l'euthanasie.
Marie Humbert, très émue, a elle décrit sur LCI Chantal Sébire comme une femme gentille et généreuse. "Elle n'a pas voulu me dire quand, mais je suis persuadée qu'elle s'est suicidée. Ça me met en colère vraiment, car elle espérait vraiment que le juge lui accorderait le droit de mourir". Jeudi matin sur LCI, le nouveau porte-parole du gouvernement Luc Chatel a estimé qu'il fallait "laisser le temps d'analyser les comptes-rendus de la loi de 2005", avant de d'enclencher toute modification de la loi. "Il faut prendre le temps d'écouter les grandes consciences, pour légiférer comme il se doit", a-t-il estimé. La nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, a elle réaffirmé jeudi sur France Info être "à titre personnel", favorable à la création d'une "commission nationale d'euthanasie à qui reviendrait le soin d'examiner les cas exceptionnels graves".
D'après agence
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