Le sous-préfet de Saintes, Bruno Guigue, limogé pour avoir enfreint son devoir de réserve (mars 2008) © TF1/LCILe ministère de l'Intérieur a limogé samedi soir le sous-préfet de Saintes, en Charente-Maritime. Bruno Guigue n'exerce plus sa fonction après avoir publié une tribune "violemment anti-israélienne" sur le site internet Oumma.com, explique le ministère. Dans cette tribune publié le 13 mars, Bruno Guigue estime notamment qu'Israël est "le seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles". Il ironise également sur les "geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s'interrompt de torturer pendant Shabbat".
Jacques Reiller, préfet de Charente-Maritime a précisé que son surbordonné "s'est mis lui-même en dehors des conditions d'exercice de sa fonction". Car, explique-t-il "c'est le principe même du respect du devoir de réserve qui était enfreint. Toute la fonction publique repose sur une obligation de neutralité, qui correspond à l'égalité de traitement de tous les citoyens, quelle que soit leur sensibilité ou leur préférence", a-t-il rappelé. "Même s'il voulait publier un ouvrage sur les vases Ming, il devrait en référer, c'est la seule règle", a-t-il continué, estimant que "plus on occupe des responsabilités élevées, plus on doit appliquer rigoureusement ce principe". Enarque, normalien, l'ex-sous-préfet a publié plusieurs ouvrages, dont Proche-Orient: la guerre des mots, et des tribunes sur la situation proche-orientale. Il est considéré comme un bon connaisseur de la situation au Moyen-Orient. Ce qui, estime le ministère de l'Intérieur, ne lui permet pas pour autant de s'exprimer au mépris de son devoir de réserve.
"Rare que des représentants du corps préfectoral prennent position"
La ministre, Michèle Alliot-Marie, a "été mise au courant mercredi du contenu de cette tribune et a immédiatement décidé de mettre fin aux fonctions" de Bruno Guigue. Interrogé dimanche à la mi-journée sur France Info, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Gérard Gachet, a souligné que cette sanction portait avant tout sur l'expression des opinions de Bruno Guigue, et non pas sur le fond, sur lequel il a refusé de se prononcer. "C'est une décision rare, a reconnu Gérard Gachet, mais il est rare aussi de voir des représentants du corps préfectoral prendre des positions aussi tranchées dans le débat public", a-t-il souligné un peu plus tard sur LCI.
Prenant l'exemple de Philippe de Villiers, qui avait lui-même été sous-préfet de Vendôme, dans le Loir-et-Cher, avant de demander une mise en disponibilité au lendemain de la victoire de François Mitterrand à la présidentielle et de se lancer lui-même en politique, Gérard Gachet a encore souligné sur France Info : "Monsieur de Villiers avait alors choisi de démissionner de ses fonctions".
D'après agence
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