sans-papiers grévistes réclamant leur régularisation (16 avril 2008) © TF1/LCILa CGT et l'association Droits devant ! réclament une négociation avec le ministère du Travail pour des régularisations dans 150 métiers manquant de main d'oeuvre, principalement la restauration et le bâtiment, comme le prévoit une circulaire depuis janvier dernier. Pour faire pression sur les autorités et faire connaître leur cas, des centaines de sans-papiers se sont mis en grève la semaine dernière, en majorité à Paris et en Ile-de-France. Et alors qu'une délégation de la CGT a reçu lundi soir l'assurance du ministère de l'immigration que les cinq préfectures concernées par la grève "allaient étudier positivement" les dossiers de ces salariés, le mouvement a reçu lundi le soutien implicite du président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), pourtant généralement à l'opposé des thèses de la CGT.
Dans les cafés-restaurants, André Daguin a ainsi évoqué 50.000 régularisations qu'il juge nécessaires, et "100.000 au total" en France. "Quels sont les inconvénients à le faire ?", s'est-il interrogé sur RTL. "Si on ne les régularise pas, il faut les licencier, donc dans Paris des tas de restaurants seront totalement désorganisés, on va tuer une partie du tourisme".
"On ne pourra pas faire autrement"
Depuis le 1er juillet 2007, les employeurs doivent vérifier auprès des préfets l'authenticité des papiers des travailleurs étrangers. Pour André Daguin, on doit "régulariser ceux d'avant le 1er juillet (...) on ne pourra pas faire autrement". Il a toutefois prévenu qu'il ne veut pas pour autant régulariser "n'importe qui, n'importe comment". Il a évoqué "les gens qui travaillent chez nous, qui sont déclarés par leur patron, qui paient leurs impôts, leurs cotisations à la sécurité sociale (...) Ceux qui donnent satisfaction dans leur boulot, qui n'ont jamais agressé qui que ce soit, ceux qui mènent une vie normale" : tous les étrangers correspondant à ces critères, selon lui, "il faut les régulariser".
Avant lui, la FSU avait apporté son soutien au mouvement et dénoncé "la totale hypocrisie d'une réglementation de l'immigration" maintenant "encore plus sous la dépendance de leur patron les travailleurs sans-papiers sans régler aucun problème de recrutement dans les secteurs en tension". Didier Chenet, président du Synhorcat, 2e syndicat du secteur, s'est également déclaré en faveur d'une "régularisation massive" dans le cadre de la loi Hortefeux, comme en Espagne ou en Italie, selon les besoins du marché. "Si on régularise au cas par cas et qu'on traîne cela trop longtemps cela veut dire que les chefs d'entreprises vont devoir licencier, pour nous cela sera un non sens et un perte économique", a-t-il estimé.
Selon le ministre du Travail, Xavier Bertrand, interrogé sur Canal+ dimanche, "les préfets ont un rôle clé à jouer, un rôle de régularisation au cas par cas en faisant du sur-mesure". Il faut regarder "quels sont les métiers en tension, les métiers dans lesquels on ne trouve pas du personnel à embaucher et de voir quelle est la situation des travailleurs. Ça c'est quelque chose qui est en route", a-t-il expliqué. "Il faut sortir d'un système où on donne de l'espérance avec du travail (...) et en parallèle on n'a pas les papiers", a déclaré pour sa part Nathalie Kosciusko-Morizet lundi sur RMC et BFM TV. Le ministre de l'Intégration, Brice Hortefeux, procède actuellement à la "mise en ordre de tous nos systèmes d'intégration. Il faut qu'ils soient plus humains", a fait valoir la secrétaire d'Etat à l'Ecologie.
Un magasin asiatique occupé à Choisy-le-Roi |
Une vingtaine de travailleurs sans papiers ont entamé lundi à Choisy-le-Roi l'occupation d'un magasin asiatique, Paris Store, dont une filiale a été condamnée pour avoir embauché des étrangers en situation irrégulière. Soutenus par la CGT, ces travailleurs, anciens salariés de Metal Couleur et de Paris Store licenciés après des contrôles sur leur lieu de travail, réclament leur régularisation et leur réintégration dans leur entreprise respective. "La régularisation de tous les travailleurs sans papiers, c'est une question de droit et de dignité", a déclaré Hamidou, ancien salarié de Paris Store, qui s'est dit prêt à occuper le magasin "jour et nuit jusqu'à avoir gain de cause". "On cotise à la Sécu, on paie des impôts et aujourd'hui, on a droit à rien", a-t-il ajouté. |
D'après agence
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