Xavier Darcos dans une salle de classe © LCI |
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Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos a présenté mardi la version finalisée de ses nouveaux programmes de l'école primaire, déjà critiqués par une large part de la communauté éducative pour qui ils traduisent une vision "passéiste" de l'Ecole. Affirmant sa "bonne foi", le ministre a défendu son texte centré sur un retour aux fondamentaux, français et mathématiques, acceptant toutefois un assouplissement du calendrier d'apprentissage.
Il a ainsi détaillé les modifications apportées au texte initial, qui réduit de quatre à trois le nombre d'heure de sport hebdomadaire, qui abandonne l'apprentissage de la lecture dès la grande section de maternelle, qui renvoie au collège l'apprentissage du passé antérieur et qui réintroduit la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen. "A la rentrée prochaine, une nouvelle école primaire sera là, sans révolution, sans brutaliser qui que ce soit, sans chercher à tout prix à monter des querelles inutiles", a soutenu le ministre.
Une conception mécaniste des apprentissages
Le premier projet, présenté le 20 février, avait été vivement contesté : appel à la grève le 15 mai de trois syndicats, pétition hostile de 31.000 noms, condamnation commune de deux anciens ministres, Luc Ferry et Jack Lang, "réserves" de la commission des Affaires culturelles du Sénat. Mardi, les syndicats n'ont toutefois rien perdu de leur mordant. "La philosophie générale du texte est restée la même, passéiste, mettant au premier plan des méthodes qui privilégient les apprentissages mécanistes et font l'impasse sur l'expérimentation", a expliqué Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU. "Manque de rigueur scientifique, approches mécaniques des apprentissages, alourdissement des programmes (...), déconnexion avec le développement psycho-affectif des enfants", a commenté le SE-Unsa, dénonçant des "retouches cosmétiques".
Soucieux de se placer au-delà des "clivages idéologiques", le ministre a réitéré de son côté que "l'acquisition d'automatismes conduit à l'acquisition de l'autonomie" comme facteur de "confiance en soi" et "bonheur d'apprendre". Les syndicats ont également exprimé leur "déception" devant le ton polémique du ministre. Xavier Darcos n'a en effet rien cédé à ses détracteurs accusés de postures "conservatrices" et "réactionnaires". Comme Nicolas Sarkozy en février à Périgueux, il a revendiqué que les programmes soient "l'affaire de la Nation, de ceux qui la représentent parce qu'elle les a élus" et non "l'affaire des experts". C'est donc "en responsable politique" qu'il a dit "assumer" ses "choix", demandant d'arrêter "de considérer qu'il y aurait d'un côté des gens qui sont bornés, réactionnaires, butés, obsédés de blouses grises et de sabots, enfermés dans une espèce de nostalgie d'une école brutale (...) et de l'autre côté, les bons, les gentils, ceux qui aiment les enfants et qui s'occupent d'eux".
Signe du trouble profond qui agite l'éducation, un appel à la grève le 15 mai a été lancé par trois syndicats, le SNUipp-FSU, le SE-Unsa et le Sgen-CFDT.
D'après agence
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