© AFP/Eric FeferbergIl est hospitalisé depuis mercredi après-midi à Fort-de-France, en Martinique, et depuis les Martiniquais sont partagés entre inquiétude et résignation. L'état de santé du poète martiniquais Aimé Césaire, 94 ans, est "stable" mais "demeure toujours préoccupant", a indiqué samedi le CHU de Fort-de-France. Il "continue de bénéficier d'une surveillance médicale attentive", indique le communiqué.
"Monsieur Aimé Césaire a été admis admis au CHU de Fort-de-France pour des raisons de santé, notamment de nature cardiologique", avait précisé un précédent communiqué. Annonçant son hospitalisation jeudi, son successeur à la mairie de Fort-de-France, Serge Letchimy, avait indiqué que "Monsieur Aimé Césaire, maire honoraire de Fort-de-France, a dû être hospitalisé, son état de santé nécessitant un certain nombre d'explorations". L'annonce de son hospitalisation était intervenue sur fond de rumeurs alarmistes sur son état de santé.
Poésie et politique
Chantre, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas du célèbre concept de "négritude" - la conscience d'être noir - Aimé Césaire a consacré sa vie à la poésie et à la politique. C'est en 1939, dans son célèbre recueil "Cahier d'un retour au pays natal" qu'il fait une entrée fracassante en poésie, employant pour la première fois le terme de "négritude". Senghor a assuré que c'était Césaire qui a inventé ce mot mais ce dernier préférait parler de "création collective". Infatigable promoteur de l'automonie, et non de l'indépendance, de la Martinique, Aimé Césaire a été de tous les combats contre le colonialisme et le racisme.
Maire de Fort-de-France de 1945 (il n'avait que 32 ans) à 2001, député de 1946 à 1993, président du Conseil régional de Martinique, il avait quitté la présidence du Parti progressiste martiniquais (PPM) en 2005. Entré en politique avec le soutien du Parti communiste, il le quittera en 1956. Un an plus tard, il est le rapporteur de la célèbre loi qui transforme en "départements" les vieilles colonies sucrières et bananières ultramarines (Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion). Certains l'accusent alors de reniement car ce processus peut conduire à l'assimilation.
"Discours sur le colonialisme"
En 1957, il fonde le Parti progressiste martiniquais (PPM) qui revendique l'existence d'une communauté historique martiniquaise et veut jouer le jeu de la décentralisation. Il le présidera jusqu'en 2005. Fidèle à sa doctrine, Aimé Césaire avait prévenu fin 2005, qu'il ne recevrait pas Nicolas Sarkozy, qui devait se rendre aux Antilles comme ministre de l'Intérieur. "Je ne saurais paraître me rallier à l'esprit et à la lettre de la loi du 23 février 2005", expliquait-il, en référence à l'article 4 "reconnaissant le rôle positif de la présence française outre mer". Il l'avait finalement reçu en mars 2006, lui offrant son célèbre "Discours sur le colonialisme".
(D'après agence)
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