La flamme olympique des JO de Pékin 2008 © LCI |
| Le parcours de la flamme en 3D |
Alors que la flamme olympique sera ce lundi à Paris, la question du boycott ou non de la cérémonie d'ouverture continue à attiser la polémique. Après la controverse née autour de l'interview de Rama Yade publiée par Le Monde, qu'a tenté d'éteindre Bernard Kouchner en affirmant samedi soir sur France 2 qu'il n'y avait "pas de conditions à la position de la France", Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement, s'est à son tour chargé dimanche de clarifier le discours français, tandis que l'Elysée ne faisait aucun commentaire. "J'observe que Rama Yade a démenti avoir indiqué qu'il s'agissait de conditions. La position n'a pas changé", a-t-il dit sur Radio J. "Le temps n'est pas venu de se prononcer, car la France a souhaité faire offre de services pour renouer le dialogue entre les autorités chinoises et le dalaï-lama. Nous sommes dans cette configuration".
Le Parti socialiste, par la voix de Pierre Moscovici, a déploré sur France 5 "un problème Rama Yade", qui avait déjà marqué sa singularité en protestant publiquement contre la visite du dirigeant libyen Mouammar Kadhadi en décembre à Paris. "Ce n'est pas un excellent style de gouvernement", a-t-il estimé, dénonçant en l'ex-socialiste Bernard Kouchner l'incarnation de "la voix de son maître". Pour Ségolène Royal, la France, qui présidera l'Union européenne à compter du 1er juillet, doit montrer l'exemple en boycottant les Jeux Olympiques. "Il est encore temps de menacer de boycotter les JO", a déclaré l'ex-candidate socialiste à la présidentielle dans Le Journal du Dimanche. "Les brassards, les drapeaux, les banderoles, c'est mieux que rien, mais c'est se donner bonne conscience à peu de frais", estime-t-elle.
"Si on se met à genoux à Paris, on fera quoi à Pékin ?"
Daniel Cohn-Bendit, député Vert européen, relève l'existence "de plusieurs lignes à l'intérieur du gouvernement" français. "Il y a visiblement une ligne Rama Yade-Bernard Kouchner et une autre qui est celle de Sarkozy. Compte tenu de la hiérarchie politique en France, si Sarkozy a décidé de rester fidèle aux Chinois, le gouvernement restera fidèle aux Chinois, quoi qu'il arrive", a-t-il souligné dans le JDD. Et de lancer : "Si on se met à genoux à Paris, on fera quoi à Pékin ?". Mais pour l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, la position de Nicolas Sarkozy est "une position claire". Et d'analyser sur Canal+ : "nous avons un problème qui est de savoir quelle est la meilleure attitude à avoir lors de cette cérémonie d'ouverture, mais les Chinois ont aussi un problème. Il faut s'en sortir par le mouvement, par le dialogue".
François Bayrou considère que l'initiative d'un boycott "serait un geste extrêmement fort". "Je souhaite qu'il (Nicolas Sarkozy) en parle avec ses homologues européens", a-t-il dit dans le cadre du Grand Rendez-Vous Europe 1-TV5 Monde-Le Parisien-Aujourd'hui. Le président du MoDem soutient le rassemblement prévu par Reporters sans frontières lundi à partir de midi au pied de la tour Eiffel, point de départ de la flamme olympique à 12h30. Un rassemblement est également prévu à 11 heures sur le parvis des Droits de l'Homme, au Trocadéro, à l'appel notamment de France Tibet et Solidarité Tibet. Une délégation de parlementaires, membres du groupe d'études sur le Tibet, se joindra à la manifestation. Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée, avait demandé à ce qu'un drapeau tibétain soit déployé sur le fronton du Palais-Bourbon, requête refusée par le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer.
D'après agence
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