Alix Nicolet, présidente de la Fidl, le 11 avril 2008 © LCILCI.fr: Les manifestations de mardi ont été marquées par des interpellations et des blessures. Comment réagissez-vous à ces violences?
Alix Nicolet, présidente de la fédération indépendante lycéenne (Fidl): Nous condamnons l'attitude des casseurs, et leur insertion dans le cortège. Mais nous nous posons des questions sur l'attitude des CRS. Mardi, ils ont fait usage de leur gaz lacrymogène contre les lycéens qui faisaient le service d'ordre à l'avant du cortège. Ensuite, ils ont même chargé et ça a créé la panique. C'est dommage car à ce moment là notre service d'ordre était justement en train d'évincer les casseurs qui tentaient de s'insérer et de voler des portables.
LCI.fr: Pensez-vous que ces violences peuvent nuire à vos revendications?
A.N: Non, je pense que les gens font bien la différence entre les casseurs et les lycéens qui manifestent pour défendre leurs idées. Les casseurs apprennent qu'il y a une manif, ils se disent qu'ils vont venir casser et ils sont contents. Mais comparé à tous les lycéens, ils restent une minorité.
LCI.fr: Vous vous apprêtez à manifester à nouveau jeudi. Comment organiserez-vous votre sécurité?
A.N: Nous prévoyons près de 30 000 lycéens à Paris, donc mercredi, nous avons beaucoup parlé de la sécurité. Nous allons la renforcer. Environ 200 lycéens qui assureront le service d'ordre et formeront une chaîne. Son rôle est de protéger tous les lycéens qui sont à l'intérieur. A l'avant, derrière la banderole, nous mettrons des professeurs. Dans les réunions, on explique à ceux qui font le service d'ordre qu'ils ne doivent en aucun cas quitter leur poste. La chaîne c'est le plus important, c'est elle qui nous protège.
LCI.fr: La plupart des incidents ont lieu au moment de la dispersion. Comment allez-vous gérer ce moment délicat?
A.N: Le problème c'est qu'à la fin de la manifestation, les CRS bloquent les rues autours et que tout le monde veut entrer dans le métro. Le cortège se disperse mais les étudiants sont comme pris dans un cul de sac et là s'il y a des casseurs ça peut-être tendu. En plus, il y a beaucoup d'étudiants qui continuent d'avancer qui n'ont pas entendu l'appel à la dispersion et c'est la pagaille. Donc nous allons faire le maximum pour prévenir tout le monde avec les haut-parleurs et nous allons essayer d'organiser au mieux l'évacuation vers les bouches de métro.
LCI.fr: Le gouvernement justifie les suppressions de postes dans l'enseignement par le fait que le secondaire a perdu 145 000 élèves en 3 ans. Il espère dégager 1 million d'euros qui seraient entre autre consacrés au pouvoir d'achat des enseignants. Que pensez-vous de ces affirmations?
A.N: On nous avait déjà dit moins de profs mais mieux payés. Augmenter le pouvoir d'achat de nos enseignants c'est bien, c'est même une promesse de notre président. Mais un prof sur trois en moins d'ici 2012, ça ne correspond pas à l'évolution démographique. En plus pour 2012, on prévoit une augmentation des élèves en primaires, donc au collège...Nos professeurs ne sont pas des lingettes jetables, qu'on utilise au gré des évolutions démographiques.
LCI.fr: Le gouvernement dit que vous êtes manipulés...
Xavier Darcos dit beaucoup de choses. Mais ce que l'on voit aux assemblées générales, c'e sont des lycéens très au courant qui connaissent les chiffres de leur lycée, de leur académie.
| Prison ferme pour un lycéen |
Quatre lycéens ont été condamnés mercredi soir par le tribunal correctionnel de Créteil à des peines de prison de quatre mois avec sursis à huit mois fermes pour l'incendie de deux poubelles devant les grilles de leur établissement à Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne. Lundi matin, voulant bloquer le lycée Camille-Claudel où ils sont scolarisés, dans le cadre des mouvements lycéens contre les suppressions de postes, ils avaient incendié à l'aide d'essence deux containeurs devant leur établissement. La peine la plus lourde a été prononcée à l'encontre d'un lycéen de 21 ans, déjà condamné à deux reprises pour des vols aggravés. Ses trois coprévenus, au casier judiciaire vierge, ont été condamnés à des peines de quatre mois à 12 mois avec sursis. Selon le parquet de Créteil, du 3 au 8 avril, 47 jeunes, dont 35 mineurs, ont été placés en garde à vue dans le Val-de-Marne dans le cadre d'incidents liés au mouvement lycéen ou en marge de celui-ci. |
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