En grève pour obtenir des papiers

le 15 avril 2008 à 15h27 , mis à jour le 15 avril 2008 à 15h41

Une vingtaine d'entreprises d'Ile-de-France sont touchées par une grève, lancée avec l'appui de la CGT, d'employés sans papiers réclamant leur régularisation.

TF1/LCI : L'évacuation des sans-papiers de Massy (5 octobre 2007)L'évacuation des sans-papiers de Massy (5 octobre 2007) © TF1/LCI

Pour obtenir leur régularisation, ils ont décidé de sortir du silence. Avec le soutien de la CGT, plus de 200 salariés sans-papiers de nombreuses entreprises franciliennes des secteurs du nettoyage, des transports, de la restauration, des services à domicile, se sont mis en grève mardi. "Ce matin, il y a 243 salariés qui se sont mis en grève", a indiqué Francine Blanche, secrétaire nationale de la CGT chargée des droits des salariés et des migrants. "Nous demandons de pouvoir parler avec les pouvoirs publics de la régularisation de tous les salariés sans-papiers des métiers en tension permise par une circulaire du 7 janvier, et qui n'est pas mise en oeuvre par les préfets".

Un communiqué de la CGT appelle pour sa part à "arrêter l'hypocrisie et mettre un terme à cet esclavage moderne", et demande à ce que "le gouvernement et le patronat prennent leurs responsabilités". La CGT espère notamment que ce mouvement de grève concertée, lancée sur toute l'Ile-de-France, soutenu par des mouvements de sans papiers comme l'association Droits Devant !, va permettre d'obtenir l'ouverture de discussions notamment avec le ministère du Travail.

"Les préfets ont le stylo suspendu depuis le 7 janvier"

Selon le décompte du syndicat, la grève touche une vingtaine d'entreprises d'Ile-de-France, comme Veolia à Wissous (Essonne), la chaîne de restaurants Chez papa à Paris Xe, la Cogedim à Paris XIIIe, ISS (nettoyage) à Roissy (Val-de-Marne), BBF (jardinage) à Ormoy (Essonne), les magasins Casanova à Pavillons-sous-Bois (Seine Saint-Denis).

"Les préfets ont le stylo suspendu depuis le 7 janvier, date de la circulaire permettant de régulariser des sans papiers dans certaines branches, ils n'osent pas y aller car ils font face à des discours contradictoires de l'Etat", a souligné Francine Blanche. "D'une part, il y a un renforcement de la répression à l'égard des sans papiers et d'autre part, il y a des demandes et des besoins dans les entreprises", a-t-elle ajouté. "La situation devient intenable, les patrons eux-mêmes ne savent pas quoi faire, car, même lorsqu'ils engagent toutes les démarches avec promesse d'embauche et paiement des cotisations, ils n'obtiennent aucune réponse des préfectures".

Pour la secrétaire nationale de la CGT chargée des droits des salariés et des migrants, "ce qui est en train de se passer est inhumain et abject. Dans l'entreprise, les sans-papiers se demandent s'ils vont être payés, hors de l'entreprise, ils se demandent s'ils vont être arrêtés, ce n'est pas possible dans la France des droits de l'homme. Le gouvernement s'est fait élire sur un discours de chasse à l'étranger, mais même dans le rapport Attali, on dit qu'il faut de l'immigration pour l'économie. Il faut satisfaire l'électeur, mais il y a aussi la vraie vie, l'économie".

D'après agence

le 15 avril 2008 à 15:27
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