L'hommage unanime des politiques à Aimé Césaire

le 17 avril 2008 à 13h46 , mis à jour le 17 avril 2008 à 17h54

La classe politique française a rendu jeudi hommage à l'écrivain Aimé Césaire, mort à 94 ans à Fort-de-France.

Aimé CésaireAimé Césaire, en 1990 © TF1-LCI

 

  • La Nation rend hommage à Césaire au Panthéon

    Un hommage national est rendu mercredi à Aimé Césaire et, à travers lui, aux cultures d'outre-mer. Nicolas Sarkozy assistera à la cérémonie ainsi que la famille du poète et un millier d'invités.

    Publié le 05/04/2011 La Nation rend hommage à Césaire au Panthéon
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Sarkozy salue "un homme universel"

Le président Nicolas Sarkozy a salué jeudi la mémoire du poète Aimé Césaire, "symbole d'espoir pour tous les peuples opprimés" à travers son combat "pour la reconnaissance de son identité et la richesse de ses racines africaines". "J'apprends avec une très grande tristesse le décès d'Aimé Césaire. J'imagine le chagrin immense de toute la population martiniquaise, antillaise et ultramarine qui perd, aujourd'hui, l'un de ses pères spirituels. Mais, en vérité, c'est toute la nation française qui est en deuil", écrit Nicolas Sarkozy dans un communiqué rendu public par l'Elysée. En fin de son discours sur les hôpitaux à Neufchâteau, le président a également rendu hommage à "un homme universel", "éminemment respectable", "qui a fait honneur à la communauté internationale".
 
Le Premier ministre François Fillon a pour sa part salué dans un communiqué la mémoire d'un "représentant exceptionnel de l'engagement poétique et politique", qui a "jusqu'à son dernier jour tourné son regard vers les combats de demain". "Proche d'André Breton, le poète Césaire ne craignait ni la force des images, ni leurs ruptures. Il laissait naître de sa colère des chants puissants et durs", écrit-il. "Il mettait ses mots au service de la lutte pour la dignité humaine, en particulier celle des peuples colonisés et humiliés." La ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des collectivités territoriales, Michèle Alliot-Marie, a estimé que la "voix d'un sage" s'éteignait et qu'une "part de l'âme antillaise" disparaissait avec Aimé Césaire. Il "a pétri la langue française de sa liberté et de sa révolte", selon la ministre de la Culture, Christine Albanel. Avec la disparition d'Aimé Césaire, "la France perd l'une de ses voix les plus respectées", a pour sa part dit le ministre de l'Education Xavier Darcos.
    
Un "sage" 
 
Le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a rappelé qu'Aimé Césaire était un homme de gauche. "Tout au long de ses mandats de maire et de député de Fort-de-France, il a agi aux côtés de ceux qui se battent pour la reconnaissance de leurs droits et de l'égalité sociale", écrit-il. Le dirigeant socialiste exprime sa "solidarité à l'égard de tous les Martiniquais profondément meurtris par cette disparition mais fiers d'avoir été représentés par un homme aussi exceptionnel". Ségolène Royal a pour sa part salué en Aimé Césaire un "éclaireur de notre temps" et "un éveilleur de conscience" et demandé son entrée au Panthéon (lire notre article). L'ancien Premier ministre socialiste, Lionel Jospin, a rendu hommage à "un alliage rare", "un être fier de sa singularité d'homme noir et un humaniste attaché à l'universel", un "homme de gauche et un ennemi du sectarisme".

Jacques Chirac a salué un "homme de lumière" et "un sage". L'ancien président de la République,qui entretenait, selon son entourage, des relations soutenues avec l'écrivain et homme politique défunt, estime que "la France et le monde perdent un immense poète et un homme de lumière". Le président du Mouvement démocrate (MoDem), François Bayrou, a salué en Aimé Césaire le "sage que l'on visitait et qui, de ses yeux devenus fragiles, voyait souvent au-delà de l'horizon". "Je pense au poète et à cette langue si rare, maîtrisée, animant le pamphlet comme la poésie", dit-il, se souvenant l'avoir "longuement rencontré en 2006". Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a rendu hommage à Aimé Césaire, "l'homme de toutes les révolutions politiques et poétiques" et Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, a déploré une "grande perte pour l'histoire de l'humanité progressiste". Le secrétaire général de la Francophonie, le Sénégalais Abdou Diouf, a exprimé la "très grande émotion" de toute la "famille francophone".

Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a fait savoir que les députés observeraient une minute de silence au début de leur prochaine séance solennelle, le mardi 29 avril, et qu'un "hommage particulier" serait rendu à leur ancien collègue. La disparition d'Aimé Césaire marque la perte d'un "grand poète amoureux de la langue française, un défenseur acharné de la francophonie", a déclaré le maire de Bordeaux et ancien Premier ministre Alain Juppé. "J'ai eu le plaisir de le rencontrer à plusieurs reprises et j'ai pu apprécier sa faculté à concilier intransigeance et élévation d'esprit. Il avait une conception très généreuse de l'humanisme", a-t-il affirmé.

(D'après agence)

le 17 avril 2008 à 13:46
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