MAM suspend le logiciel Ardoise

le 22 avril 2008 à 18h30 , mis à jour le 22 avril 2008 à 21h06

Les associations criaient à la discrimination, la ministre de l'Intérieur a décidé de "suspendre" l'expérimentation du logiciel controversé.

police commissariat garde a vue © TF1/LCI

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a décidé de "suspendre" l'expérimentation du logiciel de police "Ardoise" jugé discriminatoire par des associations. Ce logiciel, destiné à alimenter un futur fichier commun police-gendarmerie, devait mettre en évidence un certain nombre de données et de profils, classés par rubriques et destinés, selon ses concepteurs, à "cerner" la victime ou le présumé auteur des faits. Ce sont ces rubriques qui ont suscité un tollé : le policier est invité à cliquer par exemple sur "mineur en fugue", "sans domicile fixe", "personne âgée", "permanent syndical", "membre d'une secte", "transsexuel" ou "homosexuel".

Selon le cabinet de la ministre, celle-ci "a entendu les craintes qui se sont manifestées en raison de (ces) critères". Des associations avaient en effet craint des "dérives" avec l'utilisation de données personnelles, un syndicat de policiers, Alliance, évoquant même un "usage discriminatoire". Le Collectif contre l'homophobie, qui avait annoncé avoir saisi la Haute autorité de lutte contre les discriminations et la Commission nationale de l'informatique et des libertés, a jugé mardi la décision de Michèle Alliot-Marie "empreinte de sagesse et de raison" et a demandé la mise en place d'un groupe de travail.

La Cnil voulait des précisions

Michel Navion, avocat de SOS homophobie, avait déclaré, la semaine dernière, "ne pouvoir s'empêcher de rapprocher (ce fichier) avec une tendance que l'on voit aujourd'hui proche des intégristes religieux, des sectaires de tous poils, qui font partie plus ou moins de l'entourage du président de la République". Alliance, réputé à droite, avait de son côté "exigé" que le nouveau logiciel police "soit amélioré". Le syndicat Synergie avait lui indiqué "ne pas être choqué" mais avait jugé que le logiciel n'était "pas adapté à la procédure policière et judiciaire". La Cnil avait pour sa part annoncé avoir demandé des "précisions" et des "éclaircissements" au ministère de l'Intérieur et son président, Alex Türk, avait écrit à ce sujet à Michèle Alliot-Marie.

Dans le même temps, la ministre de l'Intérieur a souhaité prendre en compte "les besoins opérationnels" des services de police et de gendarmerie. Dans ce but, elle a entamé "une réflexion, avec l'expertise de la direction centrale de la police judiciaire, pour réétudier ces points et leur éventuelle pertinence réelle avec les besoins des enquêtes", a-t-on ajouté Place Beauvau. Il doit s'agir de "corréler les besoins de la police et de la gendarmerie avec le respect des libertés individuelles".

(D'après agence)

le 22 avril 2008 à 18:30
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6 Commentaires

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  • Florent, le 22/04/2008 à 21h33

    Comment voulez-vous aider les "mineurs en fugue" si ces mots (nullement injurieux !) ne peuvent même pas figurer dans le dossier ! A chaque "fugue" d'un gamin, la police devra reprendre les investigations à zéro, l'info capitale manquant à chaque fois dans le dossier ! Un faux débat, comme tant d'autres en France.

  • Debain, le 22/04/2008 à 20h19

    Dans quel pays les associations...font la loi?en france.

  • Julien, le 22/04/2008 à 19h33

    J'ai été formé à ce logiciel, il devait entré petit à petit en fonction à partir de mai 2008....pourquoi le retirer si dans la théorie il a été validé avant par la CNIL, pourquoi percuter maintenant??? soit les grandes tetes pensantes à 10 000 euros par mois sont des incapables soit à la première "réaction" de l'opinion et du peuple ont fait marche arrière par peur...en fait ce logiciel a pour but de centralisé immédiatement toute les informations sur les crimes et délits (véhicule volé, rapprochement entre affaire) des services de police, gendarmerie (il faut plusieurs semaines actuellement et cela utilise des moyens humains qui ne sont donc pas sur le terrain...), ce qui est une réelle avancé pour le boulot maintenant les critères précisés dans l'article et décriés par les associations sont si mes souvenirs sont bons facultatifs et diffèrent suivant la procédure, donc personnellement étant déjà en sous effectifs et manquant constamment de temps, je m'en tape de savoir la préférence sexuelle d'une victime et encore moins d'un auteur...qu'ont suppriment alors ces options et continuons à nous moderniser

  • Jo, le 22/04/2008 à 19h29

    Belle hypocrisie ! Il existe me semble-t-il le fichier canonge avec photographies ou les elements de recherches multictitéres sont basés sur des synonymes tels que peuvent les exprimer un temoin, du type black crepu frisé etc .... j"'en passe et des meilleures chacun en prend pour son grade.

  • Laurent, le 22/04/2008 à 19h15

    C'est pas suspendu que ce programme de fichage de simples citoyens devrait être, c'est totalement jeté à la poubelle... manque plus que: "orientation politique", "a voté pour tel ou telle", "a 3 crédits en cours" , etc...

  • Viviane, le 22/04/2008 à 18h56

    Et encore un "couac", décidément maintenant c'est plusieurs fois par jour, on a du mal à suivre...

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