On assiste à un défilé de banderoles. Ici les étudiants demandent une meilleure éducation © SUYKER Jérémy| Les photos des manifestations lycéennes |
Démonstration de force réussie mardi pour la fronde lycéenne, avec un mouvement qui, loin de faiblir, tend à se renforcer légèrement - et surtout à se structurer. Voilà le ministre de l'Education confronté à une grogne qui dure. Alors que les vacances débutent vendredi en région parisienne, terrain principal de la contestation depuis plus de trois semaines, les syndicats lycéens se disent confiants dans la poursuite du mouvement. "La Fidl a un très gros comité parisien : il va aller aider la province à amplifier la mobilisation" lorsque la zone B rentrera de vacances, selon Alix Nicolet, présidente de la Fidl. De son côté, Florian Lecoultre (UNL) cite l'exemple du mouvement anti-CPE qui a survécu en 2006 à un long mois de vacances tournantes. Pour le ministre, le dossier des lycées s'avère difficile à traiter, d'où une double attitude.
Côté pile, refus affiché de céder : Xavier Darcos a répété mardi, dans la presse puis devant les députés, qu'il resterait "ferme" sur les suppressions de postes (11.200 à la rentrée 2008, dont 8830 dans les collèges et lycées publics, compensés pour 3500 d'entre eux par des heures supplémentaires). Pour lui, il s'agit de "l'épaisseur d'un trait". Quant aux programmes du primaire, Xavier Darcos a assuré que "plus de la moitié des enseignants sur deux les approuvaient". Côté face, on lâche un peu de lest en espérant une pause du mouvement : les deux organisations lycéennes ont été reçues ce mercredi par le ministre de l'Education. A la Fidl, le ministre a laissé espérer un assouplissement sur la question du bac professionnel en 3 ans (contre 4 aujourd'hui). Il avait déjà suggéré un travail avec elles sur une réforme du lycée passant entre autres par l'accroissement de l'autonomie des élèves et la création d'un réel statut lycéen, des revendications traditionnelles de l'UNL et de la Fidl.
"Tout cela peut finir par un incident"
Parallèlement, le ministre appelle à "la raison". Il a lancé mercredi, sur France Inter, un appel : "Méfions-nous, il faut que tout ceci s'arrête, il faut que l'on parle au fond", a déclaré le ministre de l'Education nationale. "J'invite chacun à prendre ses responsabilités, à ne pas trop pousser l'angoisse de la jeunesse, que je comprends, à des fins qui sont autres que pédagogiques". Xavier Darcos a souligné "le danger qu'il y a à ce que 15.000 ou 20.000 élèves circulent dans les rues deux fois par semaine" comme ils le font depuis près d'un mois. "Tout cela peut finir par un incident", a-t-il insisté.
Mais les syndicats appellent d'ores et déjà à une nouvelle manifestation à Paris jeudi et deux autres journées d'actions sont prévues en mai avec les syndicats d'enseignants. "On est en train de creuser le rapport de force avec le ministre", estime Alix Nicolet, en tablant, contrairement au ministre, sur un renforcement du mouvement. Nouveauté de mardi, de nombreux professeurs des écoles ont grossi les rangs du front anti-Darcos lycéens-étudiants-enseignants-parents, constitué la veille avec un appel de 18 organisations à deux nouvelles journées de mobilisation les 15 et 24 mai. Très hostiles aux nouveaux programmes de l'école primaire présentés le 20 février par Xavier Darcos, les professeurs des écoles souhaitent que "le ministre prenne la mesure du mécontentement" qu'il suscite et "s'appuie sur leur expérience professionnelle", selon Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU.
D'après agence
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