Les lycéens manifestant le 15 avril 2008 à Paris contre la suppression de postes dans les collèges et les lycées © TF1/LCI"Suppression de postes, les lycéens mobilisés (...) pour l'avenir de nos métiers, pour l'avenir de tous les jeunes, le ministre doit répondre, il faut un collectif budgétaire", pouvait-on lire sur la banderole de tête du cortège. Celui-ci, encadré par un important service d'ordre, s'est dirigé vers Nation par le boulevard Voltaire, où les commerçants avaient baissé leur rideau. Des responsables syndicaux du Snes-FSU, de la CGT et du Sgen-CFDT étaient présents en tête de manifestation.
La manifestation s'est dispersée dans le calme, mais, auparavant, des incidents ont émaillé le défilé. Au total, 37 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue jeudi en marge de la manifestation lycéenne à Paris. Parmi eux, six jeunes qui ont dégradé un restaurant à proximité de la place de la République, point de départ du cortège. Des groupes de jeunes venus de Seine-Saint-Denis et des Yvelines se sont aussi affrontés place Voltaire. Les vitres de deux voitures ont été endommagées à coups de pied.
Le bras de fer continue
Quant à la mobilisation, il est difficile de dire : si l'Union nationale lycéenne (UNL) a compté 40.000 manifestants et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) entre 40.000 et 50.000, la préfecture de police a dénombré 13.000 manifestants.
Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, reste en tous cas inflexible et juge que les problèmes du lycée n'ont rien à voir avec le nombre d'enseignants. Dans un entretien à paraître vendredi dans le quotidien France Soir, il dit vouloir réformer le lycée pour qu'il développe "l'autonomie intellectuelle" et qu'il se recentre sur les enseignements principaux. De nouvelles manifestations lycéennes sont prévues mardi prochain. FO a proposé jeudi une "mobilisation interprofessionnelle la plus large possible", le 15 mai, date à laquelle est déjà prévue une journée d'action nationale dans l'éducation à l'appel de 18 organisations d'enseignants, lycéens et parents d'élèves.
Le mois de mai sera "chaud"
Il s'agissait de la septième journée de manifestations, après trois semaines de mobilisation, avant la pause des vacances de printemps pour la zone C (Paris, Créteil, Versailles, Bordeaux). "La province va prendre le relais (des manifestations, ndlr), Paris a poussé la dynamique mais la province va montrer que les lycéens resteront mobilisés", a déclaré Florian Lecoultre, président de l'UNL (premier syndicat lycéen). "Sur le bac pro, le ministre (de l'Education Xavier Darcos) a avancé un peu, mais sur la revendication principale - les suppressions de poste - il n'a pas bougé", a-t-il ajouté. "Si on est pas entendus, ce sera chaud au mois de mai", a-t-il prévenu.
"La mobilisation continue et est encore plus forte", a assuré de son côté Alix Nicolet, présidente de la Fidl (deuxième). "On veut mettre la pression pour avancer dans les discussions, car le gouvernement minimise le mouvement. Sur les suppressions il faut continuer".
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