Manifestations contre une "politique qui tue"

le 05 avril 2008 à 10h02 , mis à jour le 05 avril 2008 à 17h52

Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi à Paris et en province contre la politique d'immigration, alors qu'un sans-papiers de 29 ans est mort vendredi.

Arlette Laguiller présente à une manifestation contre la politique d'immigration (5 avril 2008)Arlette Laguiller présente à une manifestation contre la politique d'immigration (5 avril 2008) © TF1/LCI

Plusieurs milliers de personnes ont défilé  samedi après-midi à Paris, mais aussi à Lyon et à Marseille, contre la politique d'immigration du gouvernement. L'appel à manifester avait été lancé bien avant la mort d'un sans papiers malien de 29 ans, survenue ce vendredi à Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne. Mais cette mort d'un homme qui fuyait un contrôle de police, et dont la situation irrégulière a été confirmée samedi par la préfecture du Val-de-Marne, a indéniablement pesé sur le rassemblement auquel ont participé le collectif Ucij (Unie-e-s contre une immigration jetable), RESF (Réseau éducation sans frontières) et plusieurs autres collectifs de sans-papiers.

Parti de la place d'Italie, le cortège parisien avait pour destination finale la rue de Grenelle où est situé le ministère de l'Immigration. A la tête de la manifestation notamment, Pierre Cordelier, un des porte-parole de RESF, Arlette Laguiller (Lutte ouvrière), la sénatrice PCF Nicole Borvo et Jean-Pierre Dubois (Ligue des droits de l'Homme). "L'actualité montre malheureusement que la politique du gouvernement tue et nous voulons faire cette démonstration alors que dans trois mois la France va vouloir imprimer sa politique à toute l'UE" lors de la présidence tournante de l'Union européenne, a fait valoir Nathalie Serré, porte-parole du Gisti, membre du collectif Ucij.

"Cinq lois sur l'immigration depuis 5 ans"

En appelant à manifester, Pierre Cordelier, un des porte-paroles de RESF qui a initié la lutte pour la défense des parents sans-papiers d'enfants scolarisés, avait dénoncé notamment "le climat de peur généralisé autour des familles sans-papiers et leur entourage". "Insidieusement, on s'habitue à vivre dans une société où des gens peuvent être interpellés et expulsés à tout moment", affirmait-il, évoquant "les rafles" à proximité des gares ou des préfectures et soulignant qu'en 2007, simplement sur la région parisienne, une trentaine de parents sans-papiers ont été placés en centres de rétention.

Rappelant que "cinq lois sur l'immigration ont été adoptées depuis 5 ans", Jean-Pierre Alaux, au nom du Gisti, avait évoqué pour sa part "les conséquences multiples d'une telle politique : déni du droit d'asile, attaques contre l'aide médicale d'Etat, restriction du droit d'entrée et de séjour des étrangers notamment par la limitation du regroupement familial". Les différentes associations ont dénoncé également "la politique du chiffre" qui fixe, chaque année, à 25.000 le nombre de reconductions aux frontières, les conditions d'accueil dans les Centres de rétention administratives ainsi que le projet de directive européenne qui prévoit d'allonger la rétention à 18 mois et l'interdiction du territoire de 5 ans pour les expulsés. A Marseille, entre 500 et 1500 personnes ont défilé. Ils étaient entre 1550 à 2000 à Lyon.

D'après agence

le 05 avril 2008 à 10:02
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