Les lycéens manifestent à Nantes le 20 novembre © TF1/LCI"Non, non, non aux suppressions de postes! Oui, oui, oui à notre éducation!». Les lycéens ont ressorti leurs banderoles mardi. A Paris, ils étaient entre 11 000 et 13 000 selon les organisateurs, et 4.500 selon la police, à battre le pavé pour protester contre les 8830 suppressions de postes prévues dans l'Education nationale à la rentrée 2008. «Nous sommes très heureux, nous avons doublé le nombre de manifestants par rapport à jeudi dernier. Maintenant on appelle à de nouvelles manifestations tant que nous n'aurons pas obtenu de réponses claires» explique à LCI.fr Florian Lecoultre, président de L'UNL (Union nationale des lycéens). Des manifestations plus modestes ont également eu lieu en province. Et partout des enseignants s'étaient mêlés aux cortèges de leurs élèves
Dans le cortège parisien, l'ambiance était plutôt bon enfant, selon les manifestants. Le défilé est parti du Luxembourg à 14h en direction du ministère de l'Education. «C'était un peu désorganisé, avec des lycéens qui arrivent en groupe de partout, mais il y a avait beaucoup de solidarité» a constaté pour LCI.fr Pierre Claustre, le secrétaire général su Snes, présent à l'avant du cortège. Comme beaucoup d'autres manifestants, il est passé à côté d'une voiture qui avait été retournée sur le boulevard Raspail, mais «c'est le seul incident dont j'ai entendu parler» affirme-t-il.
Cependant, des évènements autrement plus graves ont terni les manifestations lycéennes de Créteil où la protestation a tourné court. En milieu d'après-midi, 100 à 150 lycéens ont été dispersés à l'aide de gaz lacrymogène par la police. Cette dernière affirme que les lycéens s'étaient livrés à des dégradations dans deux établissements et sur des véhicules. Selon le rectorat, une conseillère principale d'éducation (CPE) a été molestée à l'occasion de cette intrusion. Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, qui indique avoir téléphoné à la CPE, a rappelé "à leurs responsabilités les professeurs et les parents" et a dénoncé "les actes de violence perpétrés dans les manifestations ou aux alentours des établissements scolaires".
«Halte au feu»
A l'issue des protestations, les étudiants pensaient être reçus par Xavier Darcos en personne, c'est finalement un collaborateur qui les a reçus. «On nous a dit qu'il avait un emploi du temps de ministre ! Les gens qui nous ont reçus ont simplement pris en note nos revendications. On attend toujours que le ministre nous reçoive » explique à LCI.fr Léo Moraud, vice président de l'UNL.
Plus tôt dans la journée, Xavier Darcos avait déjà suscité la colère des lycéens en affirmant dans un entretien accordé à 20 minutes qu'il ne reviendrait pas sur les suppressions de postes. "Ces défilés reviennent tous les ans ! Il ne faut pas être dupe du discours alarmiste et mensonger de certains syndicats. Et n'exagérons pas la mobilisation des lycéens. Jeudi ils étaient 4.000 à défiler sur les 450.000 lycéens que compte l'Ile-de-France. Halte au feu !".
En ce début de printemps, la tentation est grande pour les lycéens de pronostiquer à leur mouvement un avenir digne de celui qui avait fait reculer le gouvernement sur le CPE (Contrat première embauche). «Mais pour l'instant, on ne veut pas aller trop loin. raconte à LCI.fr Alix Nicolet, présidente de la Fidl (Fédération indépendante et démocratique lycéenne). Pour nous le CPE ça reste quelque chose de mythique»
(D'après agences)
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