Mobilisation lycéenne à la hausse

Par Anne-Louise SAUTREUIL , le 01 avril 2008 à 19h11 , mis à jour le 02 avril 2008 à 18h40

Jeudi dernier, ils annonçaient 4500 manifestants à Paris. Mardi, ils ont doublé leurs effectifs. Mais à Créteil, une conseillère d'éducation a été molesté et les lycéens ont été rapidement dispersés.

Les lycéens manifestent à Nantes le 20 novembreLes lycéens manifestent à Nantes le 20 novembre © TF1/LCI

"Non, non, non aux suppressions de postes! Oui, oui, oui à notre  éducation!». Les lycéens ont ressorti leurs banderoles mardi. A Paris, ils étaient entre 11 000 et 13 000 selon les organisateurs, et 4.500 selon la police, à battre le pavé pour protester contre les 8830 suppressions de postes prévues dans l'Education nationale à la rentrée 2008.  «Nous sommes très heureux, nous avons doublé le nombre de manifestants par rapport à jeudi dernier. Maintenant on appelle à de nouvelles manifestations tant que nous n'aurons pas obtenu de réponses claires» explique à LCI.fr Florian Lecoultre, président de L'UNL (Union nationale des lycéens). Des manifestations plus modestes ont également eu lieu en province. Et partout des enseignants s'étaient mêlés aux cortèges de leurs élèves
 
Dans le cortège parisien, l'ambiance était plutôt bon enfant, selon les manifestants.  Le défilé est parti du Luxembourg à 14h en direction du ministère de l'Education. «C'était un peu désorganisé, avec des lycéens qui arrivent en groupe de partout, mais il y a avait beaucoup de solidarité» a constaté pour LCI.fr Pierre Claustre, le secrétaire général su Snes, présent à l'avant du cortège. Comme beaucoup d'autres manifestants, il est passé à côté d'une voiture qui avait été retournée sur le boulevard Raspail, mais «c'est le seul incident dont  j'ai entendu parler» affirme-t-il.
 
Cependant, des évènements autrement plus graves ont terni les manifestations lycéennes de Créteil où la protestation a tourné court. En milieu d'après-midi, 100 à 150 lycéens ont été dispersés à l'aide de gaz  lacrymogène par la police. Cette dernière affirme que les lycéens s'étaient livrés à des dégradations dans deux établissements et sur des véhicules. Selon le rectorat, une conseillère principale d'éducation (CPE) a été molestée à l'occasion de cette intrusion. Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, qui indique avoir téléphoné à la CPE, a rappelé "à leurs  responsabilités les professeurs et les parents" et a dénoncé "les actes de  violence perpétrés dans les manifestations ou aux alentours des établissements scolaires".
 
«Halte au feu»
 
A l'issue des protestations, les étudiants pensaient être reçus par Xavier Darcos en personne, c'est finalement un collaborateur qui les a reçus. «On nous a dit qu'il avait un emploi du temps de ministre !  Les gens qui nous ont reçus ont simplement pris en note nos revendications. On attend toujours que le ministre nous reçoive » explique à LCI.fr Léo Moraud, vice président de l'UNL.

Plus tôt dans la journée, Xavier Darcos avait déjà suscité la colère des lycéens en affirmant dans un entretien accordé à 20 minutes qu'il ne reviendrait pas sur les suppressions de postes. "Ces défilés reviennent tous les ans ! Il ne faut pas être dupe du  discours alarmiste et mensonger de certains syndicats. Et n'exagérons pas la  mobilisation des lycéens. Jeudi ils étaient 4.000 à défiler sur les 450.000  lycéens que compte l'Ile-de-France. Halte au feu !".

En ce début de printemps, la tentation est grande pour les lycéens de pronostiquer à leur mouvement un avenir digne de celui qui avait fait reculer le gouvernement sur le CPE (Contrat première embauche). «Mais pour l'instant, on ne veut pas aller trop loin. raconte à LCI.fr Alix Nicolet, présidente de la Fidl (Fédération indépendante et démocratique lycéenne). Pour nous le CPE ça reste quelque chose de mythique»  
 
 

 (D'après agences)
 

Par Anne-Louise SAUTREUIL le 01 avril 2008 à 19:11
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11 Commentaires

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  • Marie, le 02/04/2008 à 10h40

    Encore des jeunes manipulés par des professeurs, faut il vraiment les écouter quand on sait que pour beaucoup c' est une journée de moins à l'école et rien d'autres.

  • Marie, le 02/04/2008 à 01h01

    C'est dingue ces manipulations de l'extrême gauche, tout le monde sait que le nombre de postes administratifs (bidons) dans l'Education Nationale est scandaleux ! que les profs gèrent mieux leur classe merci pour les contribuables ...

  • Benjamin, le 01/04/2008 à 22h43

    Au lieu d'aller faire grêve, il ferait mieux d'aller en cours ! Faire grêve à 16-18 ans, qu'est-ce-que ce sera dans quelques années ! Des vrais grévistes !

  • Caroline.S, le 01/04/2008 à 22h35

    MERCI beaucoup à tous les lycéens pour leur mobilisation contre les suppressions de postes!!!! Signé, une candidate au capes de Lettres Modernes 2007/2008

  • Jerome, le 01/04/2008 à 21h36

    "Pour nous, le CPE ça reste quelque chose de mythique". Priver quelques dizaines de milliers d'entre vous du emploi qu'ils auraient pu avoir, c'est mythique ? Je vois...

  • GJM, le 01/04/2008 à 21h11

    Si pour les lycéens l'affaire du CPE reste mythique, on se dit qu'après 1968 on a les mythes qu'on peut! En fait, derrière tout cela, on voit bien que les profs qui ne peuvent plus manifester aussi librement (leurs heures de grève sont décomptées maintenant) manipulent les lycéens pour qu'ils manifestent à leur place et tant pis pour la préparation aux examens! Place à la politique! D'ailleurs certains profs affirment que c'est, pour les élèves, la meilleure façon d'apprendre la citoyenneté!!!

  • Rachida, le 01/04/2008 à 20h49

    C'est sympa pour la personne qui s'est fait retourner sa voiture, toujours aussi respectueux des affaires d'autrui ces lycéens manifestants.

  • Bernard, le 01/04/2008 à 20h48

    Comme tout les ans on fait greve un peu avant les vacances (il y a 20 ans c etait la meme chose )

  • Mélanie, le 01/04/2008 à 20h45

    Il faut vraiment commencer à prendre au sérieux ce que les lycéens ont à dire !! Ce ne sont plus des enfants !! D'ailleurs, beaucoup de gens les soutiennent. Il est intolérable que ces réformes passent. Rendez vous compte: sureffectif dans les classes (jusqu'à 40 !!), des postes supprimés, des options rares aussi... C'est vraiment n'importe quoi ! Cela nous concerne tous, REAGISSEZ !!

  • Dan, le 01/04/2008 à 20h22

    Que Xavier Darcos ne change rien.

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