Mort de l'ethnologue et résistante Germaine Tillion

le 19 avril 2008 à 17h07 , mis à jour le 20 avril 2008 à 15h38

Elle était l'une des françaises les plus décorées et partageait avec cinq autres femmes le privilège d'être grand'Croix de la Légion d'honneur. Elle s'est éteinte samedi à l'âge de 101 ans.

[Expiré] [Expiré] Germaine Tillion © AFP/S.Sakutin

C'est une grande dame qui s'est éteint samedi. Germaine Tillion, ethnologue et résistante, est décédée samedi dans sa 101e année à son domicile de Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne. Nicolas Sarkozy a aussitôt salué "une femme d'exception dont le courage, l'engagement et l'humanisme ont été les guides de toute une vie", rendant "hommage à la résistante de la première heure". François Fillon a pour sa part révoqué une "femme au parcours lumineux et courageux qui n'a jamais renoncé à aucune de ses valeurs", "une des cinq femmes élevées à la dignité de Grand-Croix de la Légion d'honneur".

Ethnologue en Algérie dans les années 30, Germaine Tillion avait été déportée à Ravensbrück en 1943. Elle était l'une des françaises les plus décorées et partageait avec cinq autres femmes le privilège d'être grand'Croix de la Légion d'honneur. Elle était aussi Croix de guerre 1939-1945, médaillée de la Résistance avec rosette et médaillée de la déportation pour faits de résistance. Au printemps 2007, à l'occasion de son centième anniversaire, elle avait été faite citoyenne d'honneur de la ville de Saint-Mandé où elle résidait depuis 1945.

Enquête sur les camps soviétiques
  
Née le 30 mai 1907 à Allegre, en Haute-Loire, Germaine Tillion, élève de l'ethnologue Marcel Mauss, effectue avant la guerre quatre missions ethnographiques dans les Aurès (sud-est algérien) de 1934 à 1940. A son retour, elle co-fonde dès juin 1940 le réseau de résistance du Musée de l'Homme. Dénoncée, elle est arrêtée en 1942, détenue à Fresnes, puis déportée au camp de Ravensbrück. Rescapée, l'ethnologue publie un des premiers témoignages sur le système concentrationnaire : "A la recherche de la vérité" (1946) et "Ravensbrück" (prix Voltaire, 1973).

Elle mène aussi plusieurs enquêtes sur les crimes de guerre allemands, les camps soviétiques (1951), et les lieux de détention en Algérie (1957), où elle crée le service des Centres sociaux (1955). De son expérience elle tirera deux ouvrages : "L'Algérie en 1957" et "Les Ennemis complémentaires" (1958). Germaine Tillion reprend ensuite ses travaux d'ethnographie, notamment au CNRS, et comme directeur d'études à l'Ecole pratique des Hautes études (chaire du Maghreb), où elle est nommée en 1957. En 1975, elle est chargée de présider la commission sur l'amélioration de la situation des femmes immigrées.
  
Germaine Tillion, prix Cino Del Duca (1971) pour l'ensemble de son oeuvre, avait publié deux livres autobiographiques : "La Traversée du mal" (1997) et "Il était une fois l'ethnographie" (2000).

(D'après agence)

le 19 avril 2008 à 17:07
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