Les ex-otages du Ponant, accueillis à l'aéroport d'Orly par le président Nicolas Sarkozy le 14 avril 2008 © TF1/LCI |
| La réaction des ex-otages après leur arrivée |
Soulagement général et retrouvailles heureuses avec les parents et amis. Trois jours après leur libération, les ex-otages du Ponant, le voilier français retenu une semaine par des pirates somaliens, ont regagné Paris lundi en début de soirée. Parti de Djibouti lundi matin, l'Airbus A310 de la "République française" s'est rangé à 19h35 au bout du tapis rouge tendu devant le pavillon d'honneur de l'aéroport d'Orly. Au pied de la passerelle, ils ont été accueillis, sous les applaudissements des familles, par le président Nicolas Sarkozy et le ministre de la défense, Hervé Morin. Très vite, les uns et les autres se sont dirigés dans un joyeux désordre empreint d'émotion au devant des proches.
Le capitaine du voilier, Patrick Marchesseau, a expliqué le premier : "On était complètement coupés du reste du monde. On ne savait pas que nos familles étaient reçues à l'Elysée. On a tous eu une pensée pour Ingrid Betancourt. Il n'y a eu aucun signe d'agression ni physique ni verbale de la part des preneurs d'otages". Le père de Céline, responsable de l'animation à bord du navire, a confié : "C'est que du bonheur, [les otages] ont apparemment bien vécu ça et elle semble prête à repartir".
Après avoir été héliportés lundi dans la matinée du porte-hélicoptères La Jeanne d'Arc vers l'aéroport de Djibouti, l'équipage du Ponant, composé de 22 Français, six Philippins, une Ukrainienne et un Camerounais, avait été reçu à l'aéroport par des responsables djiboutiens et l'ambassadeur de France, Dominique Decherf. "Ils sont en pleine forme. Ils n'ont pas l'impression pour l'instant d'avoir subi un traumatisme mais ils étaient sous une pression très forte et doivent se remettre", a indiqué le contre amiral Marin Gillier, chef des forces spéciales de la marine qui a dirigé l'opération.
Une rançon de 2 millions de dollars
Les trente membres d'équipage avaient été libérés vendredi par les pirates armés qui les détenaient à bord du voilier depuis le 4 avril après avoir arraisonné leur bâtiment au large de la Somalie. Leur libération avait été obtenue par la négociation et en échange d'une rançon d'environ 2 millions de dollars. Une heure après leur libération, six preneurs d'otages présumés avaient été arrêtés lors d'une opération armée menée par les forces spéciales françaises. Cette opération s'était déroulée à une dizaine de kilomètres à l'ouest de la localité de Garaad, au sud de la région autonome autoproclamée du Puntland, où le Ponant mouillait depuis dimanche. Pour féliciter les militaires français qui ont participé à la libération des otages, le ministre de la Défense, Hervé Morin, doit se rendre mercredi à Djibouti .
Par ailleurs, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert lundi une enquête préliminaire pour détournement de navire, arrestation et séquestration en bande organisée. L'enquête a été confiée à la section de recherche de la gendarmerie de Paris. Les investigations devraient "débuter par les auditions" des otages libérés, précise le parquet dans un communiqué. Les six pirates interpellés vendredi en territoire somaliens "encourent la réclusion criminelle à perpétuité", affirme le parquet. "Nous sommes pas encore tres sûrs de l'accord de la Somalie. Nous travaillons sur cette affaire d'un point de vue juridique avec la ministre de la justice, et nous avons, bien sûr, tenu au courant nos amis somaliens", a déclaré de son côté Bernard Kouchner, qui a précisé que pour le moment les pirates sont à bord d'un bateau francais, mais "il ne vogue pas vers la France".
(D'après agence)
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