Manifestations des lycéens à Paris le 10 avril 2008Pour la cinquième fois en deux semaines, les lycéens se sont mobilisés jeudi, à Paris et dans plusieurs villes de province, contre les 11.200 suppressions de postes prévues à la rentrée prochaine dans l'Education nationale. Au total, selon la Fidl, plus de 80.000 lycéens se sont mobilisés dans toute la France.
Dans la capitale, "au moins 35.000 manifestants", selon l'Union nationale lycéenne (UNL), et "19.000 personnes" selon la police, ont défilé dans l'après-midi entre le jardin du Luxembourg et le ministère de l'Education.
En province, des défilés ont également eu lieu. A Lyon, un millier de lycéens ont défilé, soit le double de la manifestation de mardi. A Toulouse, ils étaient 3000 selon les organisateurs et 1700 d'après la police.
Dans la matinée, entre 5500 et 9000 personnes, selon la police, ont battu le pavé à Grenoble. Et quelque 2000 lycéens ont aussi manifesté en région parisienne, à Melun, Fontainebleau, Provins, avant qu'une partie d'entre eux ne se rende à Paris pour manifester.
"C'est une journée très réussie, le mouvement se développe bien et on continuera tant que nous n'aurons pas de signal clair du ministre", explique à LCI.fr le président de l'UNL, Florian Lecoultre, qui envisage d'appeler à une nouvelle manifestation mardi prochain. Il a également souligné que son organisation n'était pas certaine de se rendre à la rencontre prévue vendredi avec le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos. "Le ministre doit faire des gestes et c'est loin d'être le cas".
Incidents
Des incidents sont survenus dans certains cortèges ou aux abords des lycées. A Paris, quatorze personnes soupçonnées de s'être livrées à des violences - deux vitrines brisées, un véhicule endommagé, des vols avec violences - en marge de la manifestation ont été interpellées, a déclaré la préfecture de police de Paris. En outre, quatre personnes ont été appréhendées après la dislocation du cortège, dont une en possession d'un marteau brise-vitre.
Dans la matinée, à Grenoble, une poignée de manifestants a jeté des pierres sur les forces de l'ordre, a indiqué la police qui a interpellé deux personnes. Deux lycéens, incommodés par les gaz lacrymogènes, ont été pris en charge par les pompiers.
En Seine et Marne, plusieurs jeunes, lycéens ou casseurs, ont tenté d'enfoncer la grille du lycée Blaise-Pascal de Brie-Comte-Robert à l'aide d'une voiture. Aucun n'a été interpellé, selon la police.
Dans le Val d'Oise, à Enghien, 50 casseurs ont tenté de pénétrer dans les locaux d'un lycée. D'autres jeunes ont bloqué dans la matinée la route nationale N19, avant d'être repoussés par les forces de l'ordre. Des policiers ont été la cible de jets de projectiles. "Nous condamnons ces violences qui, je le rappelle, ne sont pas commises par des lycéens", explique Florian Lecoultre.
Profs en grève
Dans certains établissements, les élèves n'ont pu accéder aux locaux de leur établissement. A Paris, plus d'une vingtaine de lycées étaient touchés par le mouvement, selon le rectorat. 14 lycées étaient "bloqués", 6 lycées, dont le lycée Voltaire et un collège étaient "fermés", et 6 autres étaient "perturbés", selon le rectorat.
Jeudi, les lycéens n'étaient pas seuls à manifester, l'intersyndicale des enseignants a également lancé un appel à la grève. En Ile de France, entre 8 et 24% d'enseignants, majoritairement du second degré, étaient en grève, selon le rectorat. "Nous sommes très heureux d'avoir leur soutien, pour nous c'est très important, au fond nous menons le même combat", raconte Florian Lecoultre à LCI.fr.
Par ailleurs, trois syndicats enseignants et la fédération des parents d'élèves FCPE du Val-de-Marne étaient montés au créneau, avant la manifestation, pour dénoncer "des provocations policières" à l'encontre des lycéens. Ils avaient également brocardé l'utilisation de flash-ball par les forces de l'ordre.
| Xavier Darcos maintien son cap |
Face à la montée des protestations, le ministre de l'Education, Xavier Darcos, ne faiblit pas. "Nous entendons les lycéens et ils ont raison de s'inquiéter de leur avenir mais c'est un mensonge de leur faire croire que la question du lycée est une question quantitative", a-t-il déclaré. "Il faut réformer le lycée ce n'est pas parce que l'on sera 100 de plus ou 100 de moins que les choses changeront". Il a ensuite invité les jeunes à ne pas "reprendre les slogans syndicaux" mais à accepter la discussion. Il a proposé de recevoir les lycéens vendredi après-midi. |
(D'après agences)
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