© AFP / C. SimonLa France a dépêché mercredi, pour l'heure sans succès apparent, une mission humanitaire, avec la Suisse et l'Espagne, afin de tenter d'entrer en contact avec la guérilla colombienne qui détient Ingrid Betancourt depuis plus de six ans. Depuis, les nouvelles sur l'état de santé de l'otage franco-colombienne se font plus alarmantes. Selon un médecin des Farc arrêté il y a deux semaines par les autorités colombiennes, elle souffrirait notamment d'une inflammation du foie (symptôme probablement dû à l'hépatite), de gastrite chronique, d'une inflammation de l'oesophage, de douleurs d'estomac, de deux types de paludisme dont celui appelé communément le psalmodium falciparum (malaria cérébrale), de dénutrition et d'une irritation du colon.
Les enfants d'Ingrid Betancourt sont de plus en plus convaincus de la nécessité d'agir au plus vite. Alors que des milliers de colombiens ont manifesté vendredi pour la libération des otages, une "marche blanche" est organisée ce dimanche à Paris et dans plusieurs villes de France. La secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, se joindra à cette marche dont les participants sont appelés à porter des vêtements blancs en signe de paix pour la Colombie.
Astrid Betancourt pessimiste sur les chances de la mission
"Soit on arrive à convaincre les FARC et le monde entier, soit j'enterre ma mère", a affirmé vendredi Lorenzo Delloye, 19 ans, fils d'Ingrid Betancourt, qui a multiplié cette semaine les appels à la mobilisation en son nom et celui de sa soeur Mélanie, 22 ans, qui étudie à New York. "Il y a une urgence. Urgence pour la vie. Urgence pour la liberté. Ma mère va très mal. Ce n'est qu'une question de semaines. Alors, s'il vous plaît, venez nombreux", a-t-il demandé dans une vidéo pour la marche.
A Paris, la marche partira à 14h30 de la place de l'Opéra pour se rendre à l'Assemblée nationale. Le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë, le centriste François Bayrou, et des personnalités du monde culturel comme l'écrivain Marek Halter sont attendus, ainsi que l'ancien otage Florence Aubenas. D'autres marches ou rassemblement sont prévus dans quinze villes dont Marseille, Nice, Avignon, Bordeaux, Montpellier, Toulouse, Clermont-Ferrand et Strasbourg. A Toulouse, deux banderoles avec les portraits de l'otage ont été installées mercredi sur la façade du Conseil général de Haute-Garonne appelant à la marche.
Nicolas Sarkozy, qui a fait d'Ingrid Betancourt une cause nationale, a appelé mardi solennellement le chef des FARC, Manuel Marulanda, à la libérer, à la veille de l'envoi de la mission d'urgence. Mais la soeur de l'otage franco-colombienne s'est dite samedi pessimiste sur le succès de cette mission : "Telle que la mission humanitaire est présentée, il est peu probable, que la guérilla donne une réponse favorable" tant qu'elle n'aura pas de "garanties sur les contreparties proposées" à la libération de l'otage, a affirmé Astrid Betancourt.
La mission humanitaire "va rester sur place" |
La mission humanitaire lancée par la France pour secourir l'otage franco-colombienne "va rester sur place", a déclaré samedi à France 2 le chef de la diplomatie Bernard Kouchner, soulignant que Paris était "déterminé". "Il fallait agir. Nous sommes sur place. Maintenant, nous attendons des nouvelles des Farc", a-t-il poursuivi. "Ce n'est pas fini, et nous espérons que ce ne sera pas fini, et que nous réussirons, et nous nous obstinons, c'est ça qu'il faut faire", a-t-il encore dit. |
D'après agence
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