Robert Ménard, président de RSF, lors d'une conférence de presse, devant des drapeaux "Pékin 2008" appelant à la mobilisation (5 avril 2008) © TF1/LCIUn parcours de 28 kilomètres ce lundi à travers Paris, des personnalités prestigieuses pour tenir le flambeau de la torche olympique : Stéphane Diagana, David Douillet, Mary Pierce, Fabrice Santoro, Christophe Dominici, Christine Caron... Mais également, un contexte politique alourdi par la répression chinoise au Tibet : le passage dans la capitale de la flamme des JO 2008 s'annonce à la fois spectaculaire et riche de tensions possibles. Aussi la préfecture de police de Paris a-t-elle prévu un dispositif de protection particulièrement serré.
Près de 3000 policiers et gendarmes seront ainsi mobilisés lundi à Paris. Quant à la torche olympique elle-même, elle bénéficiera d'une sécurité rapprochée particulièrement conséquente : une "bulle" d'environ 200 mètres sera constituée autour des porteurs de la flamme. Son périmètre sera sécurisé par un cordon de motards (65), un cordon de pompiers joggeurs (100), un cordon de policiers à rollers (100), des véhicules de CRS (32 pour 160 hommes) et de compagnies de sécurisation (16 véhicules). Plusieurs centaines de policiers seront par ailleurs répartis tout le long du trajet, qui ira du premier étage de la Tour Eiffel jusqu'au Stade Charléty. A cela s'ajouteront trois vedettes de la brigade fluviale, un hélicoptère et la garde républicaine à cheval.
"La Préfecture de police a perdu la tête"
Toutes ces mesures ont été annoncées samedi par la préfecture de police de Paris, qui n'a toutefois pas fait état de menaces particulières et précises et a simplement commenté : "Ce dispositif est prévisionnel". Les Renseignements généraux s'attendent toutefois, dès dimanche, "à des manifestations diverses" lors du Marathon de Paris. L'organisation de défense de la presse, Reporters sans frontières (RSF), a proposé jeudi aux participants de porter ce jour-là le tee-shirt qu'elle a mis en vente pour dénoncer les violations des droits de l'Homme en Chine.
Mais compte tenu de ce dispositif de sécurité, Reporters sans frontière a réduit l'ampleur de ses manifestations prévues lundi. "Nous sommes abasourdis par les mesures de sécurité prises pour le déplacement de la flamme. Nous avions imaginé beaucoup de scénarios mais pas celui-là", a déclaré samedi Robert Ménard, président de RSF. "Même un chef d'Etat n'a pas le droit à ça. La Préfecture de police a perdu la tête ou alors ils sont terrorisés par les autorités chinoises. Ils ont même annoncé vouloir surveiller 'd'éventuels agitateurs' dès la veille". Face à ce dispositif, RSF a donc décidé de changer ses plans, rappelant au passage qu'elle avait toujours dit ne pas vouloir s'en prendre aux porteurs de flamme ou empêcher le passage de la flamme.
"Nous ne ferons pas de surenchère. On n'est pas des trublions ou des agitateurs. On ne va pas prêter le flanc à de possibles violences dont nous ne voulons pas. Nous ne sommes manipulés par personne et nous ferons rien qui puisse donner lieu à des images de violence", a expliqué Ménard. "On va faire deux choses. Un, demander aux Parisiens de venir massivevement autour de la Tour Eiffel pour dire que certes, il y a la flamme olympique mais aussi la situation en Chine. Deux, nous ferons une ou plusieurs actions symboliques, respectueuses de l'Olympisme et des porteurs".
D'après agence
La flamme olympique à Londres |
La flamme olympique est arrivée samedi soir en Grande-Bretagne. Elle doit être présentée ce dimanche dans les rues de Londres, et sera accompagnée d'un important dispositif de sécurité pour empêcher la perturbation du relais par des militants des droits de l'Homme. Des dizaines de milliers de spectateurs sont attendus malgré des conditions climatiques annoncées difficiles. Plusieurs sportifs de renom doivent porter la flamme, notamment la marathonienne Paula Radcliffe, le rameur Steven Redgrave, l'athlète Kelly Holmes, le footballeur Theo Walcott et la navigatrice Ellen MacArthur. |
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