Un sans-papiers gréviste portant un badge de la CGT (21 avril 2008) © TF1/LCI
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La mobilisation semble payer pour les sans-papiers grévistes. Plusieurs centaines d'entre eux, pourvus d'un emploi, mais en situation irrégulière, ont cessé le travail la semaine dernière pour réclamer l'application d'une circulaire permettant les régularisation dans les métiers dits "en tension", où la main d'oeuvre manque. Le texte existe, mais sa mise en oeuvre tarde souvent... Cependant, l'association Droits devant ! et la CGT, qui soutiennent le mouvement des sans-papiers, ont annoncé des avancées. Elles ont été obtenues lors d'une rencontre lundi soir entre des responsables de la CGT et le cabinet du ministère de l'Immigration. Selon Droits devant ! et le syndicat, les préfectures de Paris, de l'Essonne, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont promis d'ouvrir "des guichets afin d'engager concrètement ce processus de régularisation".
Mais en attendant ces premiers gestes concrets, pas question pour les sans-papiers de relâcher la pression : Francine Blanche, secrétaire nationale de la CGT, et Jean-Claude Amara, le porte-parole de Droits devant ! , ont tous deux assuré que "l'ensemble des piquets de grève resteront en place jusqu'à ce qu'on ait la certitude que l'examen des dossiers avance bien dans les préfectures". Une autre porte-parole de la CGT reçue lundi soir, Caroline Aubry, a affirmé pour sa part : "Depuis le début du mouvement, nous recevons de nombreux appels de salariés qui nous disent : moi aussi, je travaille pour telle entreprise et je veux ma régularisation. Je peux vous dire que j'ai sous la main un gros dossier qui concerne le site d'Eurodisney".
"Nous avons pas mal avancé"
Selon Droits devant ! , le processus de régularisation qui doit être lancé dans les préfectures d'Ile-de-France sera engagé "sur la base des documents relatifs à la qualité de travailleur des grévistes (contrat de travail, fiche de paie, promesse d'embauche)". Et il "concerne également des femmes travaillant dans l'aide à la personne, à partir principalement de la promesse d'embauche". Droits devant ! assure par ailleurs que "des travailleurs non déclarés, sans fiche de paie ni contrat de travail, pourront également entrer dans le processus en produisant des pièces attestant de leur relation avec un employeur (badge de travail, planning, chèques de l'employeur, témoignages)".
Au final, estime Francine Blanche, "nous avons pas mal avancé, on a peut-être devant nous une sortie de crise". Des responsables patronaux ont par ailleurs relayé ces demandes de régularisations, à l'image du président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UIMH), André Daguin, qui a réclamé la régularisation de 50.000 travailleurs dans le seul secteur des hôtels et restaurants, et jusqu'à 100.000 pour tous les secteurs économiques dans toute la France. Mais le mouvement tourne au bras de fer dans certaines entreprises. Ainsi, la Fédération des entreprises de propreté, dont les locaux à Villejuif sont occupés par une centaine de travailleurs sans papiers, a demandé mardi devant le tribunal des référés de Créteil l'expulsion des occupants. Le tribunal des référés devrait rendre sa décision vendredi.
D'après agence
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