Le Mosquito émet des ultra-sons audibles seulement par les adolescents © TF1-LCIEntendez-vous le son "anti-jeunes" ? Cliquez pour tester
Cette une première judiciaire. Le tribunal des référés de Saint-Brieuc examinera le 24 avril prochain une plainte déposée par une association de commerçants contre l'installation par un résident secondaire de Pléneuf-Val-André, d'un émetteur d'ultrasons. Surnommé "boîtier anti-jeunes", cet appareil émet des sons audibles uniquement par les jeunes.
"Ces derniers temps, quand je travaillais dans la boutique de mes parents, j'entendais un bruit strident, et le soir, j'avais de forts maux de tête. C'est en lisant un article de presse que j'ai fait le rapprochement entre mes problèmes et un boîtier installé récemment sur une maison située à une cinquantaine de mètres du magasin", a expliqué jeudi Chloé Giroud, une jeune femme de 22 ans. Plusieurs témoignages en ce sens, y compris de mères de famille se promenant avec de jeunes enfants, ont été rassemblés par Val-Tonic, l'association de commerçants qui a porté l'affaire en justice. "Il est intolérable de voir l'utilisation d'un tel appareil à l'encontre d'une population ciblée", dénonce Yves Gauthier, président de Val-Tonic. L'association réclame 3000 euros de dommages et intérêts pour préjudice commercial et atteinte à l'image de la commune.
L'avocat des plaignants, Me Jacky Voisin, compte d'ailleurs mettre en avant "la discrimination fondée sur l'âge", interdite par de nombreux textes tant français qu'européens. "Il y a un vide juridique et un débat auquel on n'échappera pas", affirme l'avocat, rappelant que, dans le département, même le simple usage d'"un haut parleur sur la voie publique est soumis à autorisation".
Polémique
Le particulier a débranché son émetteur dans l'attente de la décision de justice. De son côté, la mairie devait publier jeudi soir un arrêté d'interdiction de ce type d'appareil sur la commune. En l'absence du propriétaire de la résidence secondaire, son avocat, Me Jacques Duval, évoque les "nuisances de bars et de boîtes de nuit". Mais il n'écarte pas "une erreur de programmation" de l'appareil pour expliquer le fait que l'émetteur ait fonctionné en pleine journée, y compris en l'absence du propriétaire, résident en région parisienne.
.
Commercialisé en France depuis 2006 et vendu 950 euros l'unité, hors installation et éventuel programmateur, cet émetteur, dénommé "Mosquito" en Grande-Bretagne et rebaptisé "Beethoven" pour le marché français, est vendu avec le slogan "Un son qui adoucit les moeurs". "Conçu pour disperser les groupes d'adolescents qui agissent de manière anti-sociale" et "perceptible uniquement par les moins de 25 ans", l'émetteur peut atteindre un volume sonore de 95 décibels, précise le distributeur sur son site internet. Plusieurs membres du gouvernement, ainsi que le PS, ont réclamé début avril le retrait de ce genre d'émetteurs. (lire notre précédent article, avec notamment la réaction d'un ORL sur les risques éventuels pour la santé de ce type d'appareils).
Retour MYTF1
Chargement en cours...




